0 Shares 2046 Views

Prix d’art urbain Pébéo-Fluctuart 2022 : à la rencontre de Agrume

21 juin 2022
2046 Vues

En attendant la pluie, le visage jaune cerclé de blanc, comme une marguerite de plus, Agrume, 2021 - Acrylique sur mur

À l’occasion de la 6e édition du concours international d’art urbain Pébéo-Fluctuart, dédié aux artistes émergent.e.s de la scène du street art, nous avons rencontré l’artiste Agrume, l’un des 25 finalistes qui sera exposé sur Fluctuart du 24 juin au 20 août.

Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre pratique artistique ?

Je suis Alban Rotival dit Agrume, né en France en 1993, je suis artiste peintre et artiste urbain.

J’ai commencé la pratique artistique par l’illustration sur feuille puis l’ai assez vite fait évoluer vers d’autres techniques. Mon travail est en évolution permanente, il évolue conjointement de mon apprentissage qu’il soit technique ou intellectuel. Le travail dans la rue a commencé par le collage de peintures originales et fut un moyen de faire évoluer mon travail parfois limité par l’atelier. Il inscrit en outre mon travail imagé, dans le réel.

Que souhaitez-vous exprimer à travers votre travail ?

Mon travail s’articule autours de thèmes à la fois onirique, mélancolique et parfois fantasmé, liés dans la plupart des cas au vivant qu’il soit humain, animal végétal ou autre. J’observe et relève le caractère éphémère des choses et la beauté qu’il s’en dégage, compose la relation entre plusieurs éléments et souligne une émotion. Ainsi, j’aime interroger la nature profonde de l’homme, en résonance avec l’écosystème dans lequel
 il évolue.

Murmures, murmuration, Agrume, 2021 – Huile aérosol sur toile de lin, 114 x 146 cm

Quelles sont vos sources d’inspiration en tant qu’artiste ?

Depuis quelques années, je suis retourné habiter d’où je viens, en Drôme provençale. J’apprends d’une balade dans la montagne et observe le vivant à la campagne ou faune et flore demeurent plus accessibles. À travers l’apprentissage du nom de ce qui y vit, des habitudes des plantes et des oiseaux, du rythme et des traces des saisons sur les arbres et les fleurs, de l’influence de la météo ou du comportement d’un chevreuil.

Je synthétise ce tissu de vie pour tenter de le croiser avec l’humain, et propose un nouveau récit imaginé et, engagé, qui s’attache à une rencontre apaisée. Entre, d’une part, l’être humain seul, débarrassé de ses fracas, parfois touchant de maladresse et d’autre part le vivant, dans son panache, dans sa grâce et sa fragilité.

Il est ainsi intéressant de croiser ces thèmes avec ma pratique urbaine, ces observations me font prendre conscience du sens d’intervenir dans un cadre urbain, et peut-être de créer des passerelles entre ces deux environnements parfois éloignés.

Y a-t-il un échange ou une rencontre qui vous a particulièrement marqué au cours de votre carrière ?

Il n’y a pas un échange ou une rencontre en particulier mais une multitude.

Mon début de carrière artistique est fait de personnes qui m’ont guidé, encouragé et transmis des choses.

Qu’est-ce qui vous a poussé à candidater à ce Prix d’art urbain ?

Je travail la peinture à l’huile depuis quelques mois et je trouvais intéressant de la soumettre à un jury. Le fait d’avoir un jugement d’acteurs de la discipline sur son travail est souvent constructif et permet des ajustements personnels, chose que l’on a rarement en dehors des expositions.

Le soleil déposant le jour, Agrume, 2022 – Huile, sur toile de lin, 80 x 100 cm

Pouvez-vous nous parler de la pièce présentée dans le cadre du Prix ?

Cette peinture à l’huile sur lin, est construite sur l’intention de représenter l’être humain sous un autre prisme, il résulte d’une tentative de dépasser le dualisme de culture/nature  sur laquelle notre société contemporaine s’est développée.

Le maquillage comme le témoin d’une volonté de faire partie d’un environnement, les deux personnages rejouent une scène à la fois immémoriale et quotidienne de l’histoire de la planète Terre.

Ils romancent un matin, imaginent et symbolisent le passage de la nuit au jour en un baiser, comme le témoin d’une transmission.

Dans cette scène l’égalité est un point important, la femme par le soleil incarne la raison, la conscience et la volonté et l’homme par la lune, la sensibilité, les émotions, et la subjectivité.

Ils éclipsent alors leur genre et ce qui est associé habituellement.

Leur égalité s’exprime alors dans une volonté mutuelle, dans un geste d’amour. Et finalement penser le monde autrement.

Découvrez l’univers de Agrume et suivez son travail sur son compte Instagram.

Vous pourrez découvrir les œuvres des 25 artistes finalistes du concours Pébéo dans une exposition inédite du 24 juin au 20 août sur Fluctuart.

En ce moment

Articles liés

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel
Agenda
360 vues

“Carnets du Sous-sol” : L’adaptation captivante de l’œuvre de Dostoïevski à la Comédie Saint-Michel

Une adaptation des Carnets du Sous-sol, un seul-en-scène sans filtre, du pur Dostoïevski, démesuré et jouissif. C’est un homme d’une quarantaine d’années, pétri d’amour-propre et de ressentiment, vivant depuis trop longtemps seul dans son “sous-sol, qui sort exceptionnellement de...

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !
Agenda
324 vues

Alix Logiaco vous fait découvrir son dernier album au Studio de l’Ermitage le 18 février !

Le Studio de l’Ermitage accueille Alix Logiaco, son trio et ses invités à l’occasion de la sortie de son dernier album “From Sand To Land”  À propos de l’album From Sand To Land Alix Logiaco Trio a sorti, le...

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule
Agenda
948 vues

“Le Bal des voleurs”, une comédie familiale à ne pas manquer au Funambule

Trois voleurs maladroits se déguisent pour piéger une riche lady… Mais le destin va en décider autrement. Une comédie familiale et déjantée pleine de péripéties rocambolesques, de danses effrénées et de transformations de personnages ! Trois voleurs peu dégourdis,...