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    Maïa Barouh, entre culture française et japonaise

    Noémie Lefebvre 12 décembre 2022
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    Le mois dernier, Maïa Barouh sort son dernier album “Aida” (signifiant “au milieu” en japonais) où elle traite de sa double culture et des discriminations qu’elle subit à cause de cela.

    Maïa Barouh est une chanteuse, flûtiste, auteure, compositrice, arrangeuse et productrice franco-japonaise. Elle a grandi au Japon et y a commencé sa carrière là-bas, se produisant dans l’univers underground de Tokyo et rejoint même la fanfare de rue traditionnelle “Kabocha Shokai” en tant que saxophoniste. Ce n’est qu’en 2014 qu’elle s’installe en France pour travailler sur son premier album solo Kodoma (“échos” en japonais). Dans celui-ci, elle reprend et se réapproprie des chants marins, paysans et populaires japonais qu’elle intègre à ses morceaux comme des échos. C’est pour elle une façon de se rapprocher de ses origines et se reconstruire après la catastrophe de Fukushima, qui l’a beaucoup affectée.

    Sa façon de chanter, très gutturale, vient d’une technique de chant de l’île Iwaitsuké, île du sud du Japon. Pour continuer à mettre cette île en avant elle reprend Amami, musique traditionnelle originaire de là-bas.

    En 2021, Maïa Barouh reprend Tokyo Ondo, musique traditionnelle de danse, généralement jouée lors de festivités (une version traditionnelle). Elle le sort sous forme de single.

    Son nouvel album est plus agressif que le premier. Sur le titre Kodoma, elle reprend et intègre des chants japonais à ses propres morceaux et chante en japonais et français. Elle reprend notamment un chant de marin, intitulé Tairyo sur son album (voilà une version traditionnelle de ce chant). En écoutant cette version traditionnelle, on reconnaît des similitudes au niveau de l’air (à partir de 0:50 dans la version traditionnelle) mais on discerne bien le travail de réappropriation effectué. On peut le remarquer par le couplet chanté en français par Maïa Barouh mais aussi par son utilisation des instruments comme support vocal. Au contraire, dans la version traditionnelle, ce sont les voix de chœur qui donnent d’abord du rythme puis les instruments arrivent un à un (instruments à cordes, flûtes et percussions) mais sont beaucoup moins important.

    Pour conclure, Maïa Barouh est une artiste influencée par la musique traditionnelle japonaise, même si elle ne se limite pas à cela. C’est en partie grâce à cela qu’elle s’est faite remarquer, se démarquant sur la scène musicale française.

    Noémie Lefebvre

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