0 Shares 1121 Views

    “L’homme à la fenêtre” de Sylvain Dubrunfaut, une exposition baignée de lumière

    Anaïs Pedro 28 octobre 2025
    1121 Vues
    Sylvain Dubrunfaut, "Luka fumant" © Galerie Hoang Beli

    Sylvain Dubrunfaut, "Luka fumant" © Galerie Hoang Beli

    La galerie Hoang Beli présente “L’homme à la fenêtre”, une exposition à la fois douce et intense, traversée par la lumière. Sylvain Dubrunfaut y convie le visiteur à un voyage serein, hors du temps, où se frôlent le dévoilement et l’indicible.

    Les lueurs de l’instant

    Sylvain Dubrunfaut, né en 1979 à Lille, développe une pratique picturale centrée sur la présence. La lumière y joue un rôle essentiel, devenant un véritable acteur de son œuvre. L’artiste ne se contente pas de représenter : la couleur et le traitement de la lumière expriment l’aura de ses modèles. Chaque portrait ouvre une fenêtre sur des mondes intérieurs façonnés par l’éclat qui les anime. Cette clarté se déploie sur les visages comme une caresse et enveloppe notre regard. La peinture de Sylvain Dubrunfaut ne raconte rien : elle fait vibrer nos sensibilités dans l’instant.

    Sylvain Dubrunfaut, Norma sur le rebord de la fenêtre © Galerie Hoang Beli

    Le spectre à la fenêtre

    L’homme à la fenêtre émerge à l’été 2025, lors de sa résidence au Cube du Ferret à l’orée du bassin d’Arcachon. Imprégné de lumière naturelle, l’artiste la transforme en matière picturale à part entière. Elle dessine une vérité sensible qui nous échappe. Le titre de l’exposition évoque une expérience vécue lors de sa résidence : chaque jour, Sylvain ressent le poids d’un regard qui l’épie.

    Les habitants d’une maison voisine l’observaient. L’artiste devint alors une apparition spectrale.
    Ce jeu de transparence entre les deux fenêtres instaure un échange silencieux entre plusieurs intériorités.
    On y perçoit des signes, des affects, sans jamais en saisir pleinement la substance. Le regardeur appréhende l’autre à travers un voile — à la fois proche et inaccessible.

    Sylvain Dubrunfaut, Garçon en contre jour © Galerie Hoang Beli

    Entre présence et distance

    Le visiteur est au seuil de ces paysages intimes : les figures nous apparaissent comme à travers une vitre. L’artiste choisit de laisser affleurer l’essence de ses personnages, sans jamais la saisir tout à fait. Les figures flottent d’un visiteur à l’autre. Ses œuvres nous immergent dans des scènes en latence, où le temps est suspendu. Ainsi, chaque modèle se trouve en apesanteur hors des bruits du monde. Contempler ses toiles, c’est réapprendre à rencontrer l’autre dans tout ce qu’il a de familier et de différent. Nos subjectivités convergent vers un seul axe, où le “je” se fond dans le “nous”.

    Sylvain Dubrunfaut, Smith © Galerie Hoang Beli

    Souvenirs et fragrances de lumière

    Ces peintures nous entraînent dans un voyage introspectif : chacun y reconnaît un détail, un moment. Sylvain nous tend une madeleine de Proust qui éveille des sensations et réminiscences fragiles. Sous cette lumière irradiante et ces teintes pastel, nous sommes bercés dans la moiteur de l’été où l’agitation se ralentit. On se laisse happer par ses bulles de bonheur, douces et paisibles.

    Ces figures offertes à notre regard demeurent pourtant épurées, presque en retrait. Elles nous accueillent dans un havre de quiétude, nous invitant à prendre soin de nous et à nourrir nos liens avec les autres.

    Sylvain Dubrunfaut, Mercedes © Galerie Hoang Beli

    Anaïs Pedro

    En ce moment

    Articles liés

    “Le Petit Chaperon qui voyait rouge” d’Aurélia Decker à La Nouvelle Seine
    Agenda
    96 vues

    “Le Petit Chaperon qui voyait rouge” d’Aurélia Decker à La Nouvelle Seine

    Ce matin-là, Zoé devait simplement aller rendre visite à sa grand-mère. Mais un loup s’échappe du zoo… et tout dérape. Les infos s’emballent, la ville panique, les rumeurs tournent en boucle. Et si tout le monde se trompait ?...

    Aurélia Decker dans “Femme toi- même !” à La Nouvelle Seine
    Agenda
    88 vues

    Aurélia Decker dans “Femme toi- même !” à La Nouvelle Seine

    Quarante ans, l’âge de la maturité… Ah bon ?! « À ma fille de quatre ans qui me posait la question : « Maman, c’est quoi être une femme ? » J’aurais dû répondre : « Je ne sais pas ! ». Ça aurait...

    La 6e édition du festival Tunis sur Seine est de retour au Point Fort d’Aubervilliers
    Agenda
    85 vues

    La 6e édition du festival Tunis sur Seine est de retour au Point Fort d’Aubervilliers

    Pour sa 6e édition, Tunis sur Seine s’inscrit dans le cadre de la Saison Méditerranée et fait souffler un vent chaud et pluriel venu des rives du Sud, de l’Est et de leurs diasporas. Une mer commune comme horizon, des cultures en mouvement...