Exposition “Ce(ux) qui nous lie(nt)” : Solenn Giorgianni, quand la restauration du passé crée le lien présent
Solenn Giorgianni sur le chantier de l'Opéra Royal de Versailles. Crédit : Solenn Giorgianni.
Ce(ux) qui nous lie(nt) ne se voient pas toujours, mais façonnent nos manières d’être ensemble, de créer et de regarder. Peintre décoratrice, Solenn Giorgianni pérennise les œuvres du passé pour mieux unir les êtres humains autour de ce patrimoine commun. Rencontre à la maison de la Conversation, Paris 18e, du 23 au 25 janvier 2026.
Née à Versailles, Solenn Giorgianni est issue d’une famille méditerranéenne. Son amour pour le patrimoine est né au fil de nombreuses visites en France, au Liban et en Italie. Sa mère lui a transmis très tôt le goût du détail et du beau, éveillant en elle le désir de donner du sens à la vie en se mettant, à son tour, au service de ces valeurs.
C’est ainsi qu’après l’obtention de son baccalauréat, Solenn Giorgianni a souhaité se spécialiser dans la peinture décorative. Elle a intégré l’école Blot de Reims, où elle a eu son premier contact avec la peinture et le dessin, ainsi qu’une première approche des techniques de la peinture à l’huile. Elle a ensuite eu la chance d’apprendre aux côtés de Jean Sablé, Meilleur Ouvrier de France, qui transmet un savoir-faire d’exception et une sensibilité unique au sein de son école à Versailles. Forte de l’ensemble de ses expériences, elle s’est lancée en tant qu’auto-entrepreneure. Aujourd’hui, Solenn Giorgianni exerce à son compte et propose ses services à des ateliers de prestige tels que l’atelier Gilles Dupuis à Versailles ainsi que l’atelier Tissier à Paris.
La restauration, un savoir-faire particulier.
L’œil du peintre décorateur s’affine au gré des projets, adaptant ses techniques de restauration à chaque support. Solenn Giorgianni intervient ainsi sur des créations contemporaines comme sur des édifices historiques. Ce savoir-faire exige une précision extrême : « La beauté en restauration naît de l’exigence : exigence dans le choix des matériaux, la maîtrise technique et le dialogue constant avec l’héritage transmis. »

Les outils nécessaires à la restauration de l’Opéra. Crédit : Solenn Giorgianni.
“Ce(ux) qui nous lie(nt)” : les confidences de Solenn Giorgianni.
L’illusion sublimée : quand le faux rend hommage au vrai.
C’est lors d’un échange téléphonique que Solenn Giorgianni a livré les secrets de son savoir-faire. Spécialiste du faux marbre et du faux bois, elle a partagé ce qui constitue, selon elle, l’essence même de ces matériaux. Pour elle, ces matières vivent d’une « ambiguïté assumée, à la frontière entre illusion et vérité ». Elle précise que leur force est de « tromper l’œil tout en révélant l’intelligence de la main ». Plus qu’une copie, le geste de l’artisan insuffle une âme à la matière : « [Il] ne cherche pas uniquement à reproduire une apparence : il restitue une profondeur, une vibration, une émotion. »

Chantier de création de faux marbre sur des plinthes. Crédit : Solenn Giorgianni.
Être peintre décoratrice, un véritable métier de transmission.
Solenn Giorgianni a participé à la restauration de l’Opéra Royal de Versailles et du Petit Trianon, sous la direction de l’architecte Frédéric Didier. Intégrée à l’atelier Gilles Dupuis par Catherine Leboucher, elle s’inscrit dans une lignée d’excellence : soixante-dix ans avant elle, le père de Gilles Dupuis travaillait sur ces mêmes dorures. Plus qu’une technique, cette expérience est une transmission : « Il y a une émotion particulière à se tenir là où un artisan a posé sa dernière touche. On ressent une grande humilité et une responsabilité profonde. »

Catherine Leboucher, collaboratrice de Gilles Dupuis, à l’Opéra Royal de Versailles. Crédit : Solenn Giorgianni.
Un savoir-faire (et un message) à partager.
Lors de sa rencontre avec le public au festival, Solenn Giorgianni lèvera le voile sur son métier atypique, sans lequel nos bâtiments historiques ne seraient pas entretenus. L’artiste peintre versaillaise l’affirme : « Restaurer ne consiste pas à effacer le temps, mais à le comprendre et à l’accompagner avec justesse. »

Le faux marbre avant intervention. Crédit : Dorothée Marciak.
Un temps d’échange à la maison de la Conversation.
Le temps d’échange “L’art de l’illusion et du soin : transmettre la singularité des décors peints” aura lieu dans le café, le samedi 24 janvier de 12h à 13h30. Pour un échange plus complet et instructif, le nombre de participants est limité à 30. Solenn Giorgianni aura le plaisir de vous raconter son parcours et la singularité de son métier, les techniques de la restauration, ses récits de chantiers ainsi que l’importance de la transmission du savoir-faire. Vous aurez également la chance de voir des planches de faux bois et de faux marbre, quelques ébauches ainsi que des photos exclusives de ses nombreuses restaurations (dont celles au château de Versailles !). Pour vous inscrire et avoir plus d’informations, n’hésitez pas à nous suivre ici ! Nous serons très heureux de partager ce moment d’exception avec vous !
Parce que ce(ux) qui nous lie(nt), c’est ce qui fait sens, sans jamais se figer.
Où ? À la maison de la Conversation, 12 Rue Maurice Grimaud, 75018 Paris. Quand ? Du vendredi 23 janvier jusqu’au dimanche 25 janvier 2026.
Mila Colinet
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