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    “Cochons d’Inde” : un spectacle renversant

    2 février 2026
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    ©Cyril Bruneau

    Un agent immobilier riche et sûr de lui enfermé dans une agence bancaire, deux employés bornés, obéissant au doigt et à l’œil à un mystérieux directeur indien dans un monde où tout tangue dangereusement, tels sont les ingrédients de la pièce de Sébastien Thiéry que le metteur en scène Julien Boisselier a eu l’excellente idée de présenter avec des comédiens épatants, Arnaud Ducret qui fait ses débuts au théâtre, Maxime D’Aboville et Emmanuelle Bougerol. Quand le divertissement dissimule une réalité peu reluisante, il vaut mieux en rire !

    Une situation absurde ?

    ©Cyril Bruneau

    Créée en 2008 dans une mise en scène d’Anne Bourgeois, la pièce de Sébastien Thierry, qui avait récolté le Molière du meilleur spectacle comique avec Patrick Chesnais, est aujourd’hui présentée dans une nouvelle mise en scène de Julien Boisselier qui est parvenu, comme à sa création, à réunir des comédiens capables de plonger directement dans l’absurde, en conservant les qualités de sincérité et d’humanité qui font le sel d’une bonne comédie. L’histoire est celle d’un agent immobilier qui pénètre dans son agence bancaire pour y retirer de l’argent. Or son compte est bloqué, sans qu’il n’en connaisse les véritables raisons, et sans que les deux employés, qui se refusent catégoriquement à toute excuse, ne daignent lui donner un semblant d’explication. Tout juste apprend-on que la banque française a été rachetée par un investisseur de New-Delhi, véritable « oeil de Moscou » et que la direction indienne a donné ordre de bloquer son client. De là à l’enfermer jour et nuit dans l’agence …. Nous n’en révélerons pas la suite, mais la qualité d’écriture de Sébastien Thiery se nourrit de l’absurdité de notre présent, des rouages parfois insensés de l’administration, surtout quand elle est teintée d’hindouisme.

    Des comédiens épatants

    ©Cyril Bruneau

    Dans le rôle de Monsieur Kraft, personnage principal qui se retrouve coincé dans un mauvais film en forme de guet-apens, Arnaud Ducret, qu’on a surtout vu à la télévision dans la série Parents mode d’emploi, se glisse dans ce personnage de manière impériale. Stature de rugby man et assurance d’un garçon qui connaît le monde entier, le comédien, vêtu d’un impeccable costume trois pièces d’un blanc délicatement cassé, une pochette bleue assortie à la chemise de coton idoine, se glisse dans le personnage avec une aisance formidable. Face à Maxime d’Aboville qui campe un employé de banque bardé de principes et de mauvaise foi, totalement magnifique de médiocrité, Arnaud Ducret engage toute son énergie dans sa rage contre l’injustice et se transforme en véritable tornade qui écume. Mais rien ni fait, ni Emmanuelle Bougerol, parfaite chipie dans le rôle de l’assistante de direction, perchée sur des talons aiguilles et le regard sur l’écran des comptes, ni le directeur en personne, turban sur la tête et qui apparaît sur grand écran de New Delhi. Dans un décor efficace de Jean Haas, la mise en scène de Julien Boisselier fait mouche comme dans un jeu de quille, en direction de l’effondrement final. Un régal.

    Hélène Kuttner 

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