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    “Récits de forêts” : une exposition de Lélia Demoisy à découvrir cet été au Domaine de Chamarande

    4 juin 2026
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    Véritable écrin du Département de l’Essonne, le Domaine de Chamarande réunit un patrimoine historique, architectural et paysager singulier, inscrit dans un environnement naturel préservé. C’est dans ce cadre que prend place, jusqu’au 30 août, l’exposition “Récits de forêts” de Lélia Demoisy. À la croisée de la sculpture et de l’installation, son travail explore les relations invisibles qui structurent la forêt. En investissant l’orangerie et le pavillon du Belvédère, elle compose un parcours sensible, attentif aux matières, aux rythmes et aux équilibres du vivant. 

    “Pour prendre la voie de la régénération, peut-être suffit-il simplement de se mettre à l’écoute de la nature et de l’observer avec humilité et émerveillement” – Lélia Demoisy

    L’exposition intitulée Récits de forêts propose une expérience qui se joue autant dans la matière que dans la perception : des formes en mutation, des fragments, des volumes qui déplacent nos repères et invitent à regarder la forêt autrement — comme un espace où se trament des interactions souvent invisibles, entre concurrence et entraide, codépendance et transmission.

    Trois idées structurent le parcours d’exposition :

    • une expérience du vivant, qui met en tension matière, corps et mémoire du paysage ;
    • une forêt simplifiée et vulnérable, en contrepoint à la forêt vivante et multiple pour faire émerger la question de la régénération ;
    • un dialogue étroit avec Chamarande, où les œuvres ne « s’ajoutent » pas au site : elles en prolongent les logiques et transforment la visite en marche attentive.

    Sculpter la “zone trouble”

    Lélia Demoisy travaille à partir de matériaux bruts — bois, fibres, peaux, fragments organiques — qu’elle assemble en volumes aux identités multiples. Sa sculpture se situe dans un entre-deux volontairement instable : des formes en mutation, ni objets ni corps, dans ce que l’artiste nomme “la zone trouble entre ce qui vit et ce qui persiste”. Cette zone trouble n’est pas un effet : c’est le cœur de sa démarche. Elle permet de rendre perceptible une idée simple et puissante : la forêt n’est pas un décor mais un organisme, un lieu de passage et de bascule.

    Chez Lélia Demoisy, le bois peut devenir chair, une cicatrice d’arbre peut rappeler une peau meurtrie ; chaque forme porte la trace d’une relation — et donc d’une histoire. Le vivant apparaît non comme une image, mais comme une matière traversée par le temps, l’altération, la réparation.

    La pratique de l’artiste resserre ainsi les liens entre l’homme et la nature, sans discours écologique moralisateur. Elle choisit la voie de la sensation et de la métaphore concrète : faire éprouver, par la sculpture, ce que le langage peine parfois à dire — la continuité entre les règnes, les correspondances entre blessures, peaux, écorces, et la mémoire inscrite dans la matière.

    Brûler / renaître

    À côté de la forêt vivante, Lélia Demoisy convoque une forêt exploitée, pensée comme une monoculture vulnérable : un alignement sans diversité, exposé à la sécheresse, aux ravageurs, au feu. Ce contrepoint n’est pas un “thème” ajouté : il crée une tension structurante, qui ouvre la voie à un ensemble d’œuvres nouvelles.

    À partir de cette fragilité, l’artiste développe des amoncellements de bois calciné : la matière brûlée devient le point de départ d’un possible renouveau, comme si elle portait encore une capacité de rebond. La destruction n’est pas un terme définitif, mais un état du cycle — une bascule qui oblige à regarder ce qui subsiste, ce qui se transforme, ce qui peut repartir.

    “Les œuvres donnent à rêver une forêt qui se relèverait de ses cendres si on lui en laisse la possibilité”, résume l’artiste. Le rêve ici, n’est pas une échappatoire : c’est une proposition, une condition, une responsabilité. Il suffit parfois d’un geste — laisser la possibilité.

    L’exposition Récits de forêts conclut la saison culturelle 2025/2026 du Domaine départemental de
    Chamarande intitulée De l’Ordinaire à l’Inconnu. Passer de l’ordinaire à l’inconnu, c’est redécouvrir ce qui nous semble acquis, se laisser surprendre par ce que l’on croyait connaître. C’est aussi une quête d’authenticité pour renouer avec ce qui relève de l’essentiel, derrière le voile de l’habitude.

    Une exposition proposée en partenariat avec la galerie By Lara Sedbon

    À propos de Lélia Demoisy

    Née en 1991, Lélia Demoisy vit et travaille dans les Yvelines. Elle est diplômée des Arts Décoratifs de Paris en 2015 et reçoit la bourse “Jeune talent” de la Fondation Mécène & Loire en 2016.

    Dès sa formation, ses recherches se portent sur l’idée de fusion avec la nature et elle va jusqu’à s’immerger dans une forêt canadienne en plein hiver pendant plusieurs jours pour se mettre au cœur de l’expérimentation. Ces recherches influencent sa pratique, et le recours à la sculpture et à l’installation pour transmettre une expérience du vivant s’impose alors comme une évidence. Née d’une famille ayant vécu en Afrique sur trois générations (Sénégal, Kenya, Gabon…) et grande voyageuse, elle conçoit son travail comme un fil conducteur reliant les continents et les mémoires.

    En 2019, elle est accueillie en résidence dans la tribu de Trueno en Patagonie (Argentine) et démarre sa collaboration avec la galerie By Lara Sedbon avec qui elle participe à AKAA (2021, 2022), Art Genève (2022, 2023) et Art Paris (2023).

    En 2021, elle reçoit la bourse du National Museum of Women in the Arts et crée plusieurs installations monumentales comme l’œuvre pérenne La belle mort dans le Parc national des forêts qu’elle réalise lors de sa résidence à La Simone ou l’œuvre Intimité qu’elle présente au Parc de la Villette à Paris, au Potager du Roi à Versailles et au Château de La Motte Tilly pour la Nuit européenne des musées. Elle travaille en partenariat avec les paysagistes Adèle Hopquin et Par ailleurs paysages qui partagent son désir de réensauvagement de l’espace public pour créer les installations Terreau incognito à Lausanne (2019) puis Le Thiou en rêve à Annecy Paysages (2021).

    En 2023, elle est finaliste du prix Don papa art program et la galerie By Lara Sedbon présente son travail à Art Paris ainsi qu’à l’exposition personnelle Dent creuse et peau neuve. L’année suivant, elle expose au centre d’art The Elemental à Palm Springs, Californie avec la Fondation LAccolade, est lauréate du Prix franco-italien Carta Bianca ainsi que du Prix Art & Eco-conception de Art of Change 21, et est nommée au Prix Coal 2024.

    En 2024, elle démarre une collaboration avec la maison de Champagne Ruinart pour réaliser l’œuvre Entre-nous autour de deux érables dans leurs jardins au 4 rue des Crayères à Reims.

    En 2025, elle signe Conversation with nature avec la Maison Ruinart qui sera exposée à Arco Madrid, Art Paris et Art Brussels. La galerie By Lara Sedbon continue de la présenter dans des salons internationaux (Art Brussels, Art Paris) et organise des solo-shows à son adresse parisienne.

    [Source : communiqué de presse]

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