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    “Double” : Xie Lei expose au musée Denys-Puech de Rodez

    Anna Remuzon 2 juillet 2026
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    Xie Lei, "Corrosion", 2025 - Huile sur toile / Oil on canvas - 205 × 160 cm © A. Mole / Courtesy Semiose, Paris

    Lauréat du Prix Marcel Duchamp en 2025, Xie Lei présente “Double” au musée Denys-Puech de Rodez.

    On y retrouve ces silhouettes évanescentes et ces évaporations radieuses qui se glissent entre les colonnes pour mieux se retrouver en face-à-face. La tentation est forte d’y voir la continuité de la “Mort heureuse” présentée l’an dernier à la galerie Semiose à Paris. Là encore, la sobriété d’un titre court et sans article laisse un espace blanc dans lequel le lecteur-spectateur peut s’engouffrer. Car le vocabulaire se retient d’influencer le regard pour laisser la peinture s’exprimer sans parole. Loin de la figure du Doppelgänger romantique, le Double apparaît chez Xie Lei comme une présence beaucoup plus vaporeuse et onirique que menaçante. Il fait entrer le spectateur dans une danse à deux, où l’ambiguïté s’efface derrière une empathie fusionnelle… jusqu’à ne faire qu’un.

    Xie Lei, “Double I”, 2026 –  Huile sur toile 205 × 270 cm © Pauline Assathiany Courtesy Semiose, Paris

    Les figures se devinent en négatif, comme s’il s’agissait de l’instant précis où l’âme devait prendre le dessus sur le corps, sans qu’il soit besoin de plus de détails ou de décors. Une simple posture, un simple geste suffisent à évoquer la présence du corps et à raconter les sensations de cet entre-deux mondes si mystérieux. Le spectateur se situe presque au pas de ce corps qui s’ouvre comme une porte derrière laquelle il ne sait pas encore ce qu’il va trouver. S’ouvre-t-elle sur l’intérieur ou sur l’extérieur ? Il ne le sait pas et tout n’est qu’hypothèse. Au bout du tunnel comme au bout des lèvres, la lumière surgit pleine de promesses… attirant le regard comme un phare au milieu de la nuit. Le spectateur cherche à regarder, passer au travers, comme s’il pouvait lire l’avenir, savoir ce qui l’attend après… au-delà de l’espace et du temps. Pourtant, dans la représentation de cette frontière infranchissable réside tout le sens de la vie. Le spectateur se tient du côté des vivants, dans le reflet du miroir où tout est encore imaginable… le pire comme le meilleur.

    Gisant ou bien debout, l’attitude bipolaire d’une existence toujours en équilibre entre la vie et la mort. Souvent, il y a ces étreintes qui reviennent comme des flash-backs sortis du corps comme une projection de cinéma… la lucidité terminale. Le double est clairement cet autre autant que ce Moi-même… extirpé du fond des entrailles pour venir habiter ensemble nos solitudes. Du bout des doigts, toucher à la matérialité de ce corps comme pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un hologramme virtuel mais d’une réalité mutuelle qui n’est pas encore redevenue poussière. En chair et en os, l’ami imaginaire ou l’ami de toujours, nous permet de combler la place laissée vide en chacun de nous. Il est notre marge d’interprétation. Même sans visage, on sent sa présence rassurante et chaleureuse à nos côtés, que ce soit dans la peine ou dans l’amour… au moment du premier baiser et jusqu’au dernier souffle.

    Xie Lei, “Fábula”, 2025 –  Lithographie. Edition de 40 exemplaires. Imprimeur : Idem, Paris – 28×39 cm © Pauline Assathiany / Courtesy Semiose, Paris

    Plus d’infos :

    https://www.instagram.com/xieleiparis/

    https://www.instagram.com/museedenyspuech/

    https://semiose.com/actualite/xie-lei-double-2024-06-05/

    https://www.instagram.com/semiosegalerie/

    Anna Remuzon

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