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    Xavier Veilhan – Orchestra – Galerie Emmanuel Perrotin

    5 août 2011
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    Galerie Emmanuel Perrotin

    Le Mobile n°4 ou les « Stabiles » se placent par exemple dans le champ ouvert par Calder et exploité de manière contemporaine à plusieurs reprises par Xavier Veilhan. Il revient aussi à la peinture, en nous présentant des images désuètes – arbres, oiseaux – de fabrication traditionnelle, qui tranchent à première vue avec la technicité de certaines œuvres comme Turbine et contredisent même l’autonomie de production des « Pendule Dripping ». Xavier Veilhan évoque de ce fait son intérêt pour la technique et son évolution au regard de l’histoire de l’art.

    « Orchestra » est toutefois une synthèse paradoxale, car si les oeuvres se placent dans une continuité conceptuelle ou thématique, elle marque également un tournant visuel et formel dans la démarche de l’artiste. Marine, par exemple, n’est pas facettée comme l’étaient les « Architectes ». Cette sculpture plus vraisemblable, explicite le statut d’empreinte du réel qu’entretient la statuaire dans la démarche de Xavier Veilhan. Les dispositifs de monstration englobent l’espace et instaurent une confrontation directe entre le spectateur et les figures représentées. Le Monument, véritable espace architecturé suprématiste – autre évolution de l’oeuvre de Xavier Veilhan – est ainsi praticable par les visiteurs.

    « Orchestra » est par conséquent une œuvre en soi invitant à la déambulation et à la contemplation. Le public devient acteur de l’exposition en traversant par exemple « Les Rayons », une oeuvre pénétrable inspirée de Fred Sandback et Jesús-Rafael Soto. « Orchestra » dépeint un nouvel espace entre réalité et fiction qui voit émerger un monument, rayonner une installation ou se mouvoir une turbine… autant d’éléments qui perturbent le réel. Cette composition s’achève magistralement avec le regard hypnotique d’un gorille. Choix dont l’artiste se justifie en exprimant « qu’il y a une propension naturelle à projeter des caractères humains sur des animaux, ce qui est une aberration par ailleurs, mais une belle aberration ». Ce regard transperçant invite à la contemplation et à la réflexion sur cette symphonie d’objets inédits, et sonne la fin d’ « Orchestra » d’un titre musical « Gorilla Gorilla Gorilla ».

    Thomas Fort

    Xavier Veilhan – Orchestra

    Du 10 septembre au 12 novembre 2011
    Du mardi au samedi, de 11 à 19h

    Vernissage le 10 septembre 2011

    Galerie Emmanuel Perrotin
    76, rue de Turenne
    75003 Paris

    www.perrotin.com

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