Exhibitions, L’invention du Sauvage – Musée du Quai Branly
Du sordide au mercantile, jusqu’au sommet de l’indécence, les zoos humains ont ouvert la voie à des imaginaires que cette exposition restitue magistralement.
« Il semble difficile aujourd’hui de comprendre comment on a pu percevoir, réduire et montrer des êtres humains à l’état d’objets et comment ce phénomène a pu susciter une telle fascination à travers les siècles. Du sordide au mercantile, jusqu’au sommet de l’indécence, les zoos humains, foires, cirques, ethnic ou freak-shows et autres spectacles mettant en scène l’exploitation, la dépossession de l’homme par l’homme, ont ouvert la voie à des imaginaires que cette exposition restitue magistralement. Depuis la Renaissance, les civilisations extra-occidentales ont en effet suscité avec la même intensité curiosité et attraction, dégoût et répulsion. Les nombreuses oeuvres présentées dans “Exhibitions, L’invention du sauvage” permettent cette traversée des apparences et une appréhension plus subtile de l’arbitraire des regards. Émaillée de passionnants dispositifs multimédias, cette exposition ne présente pas moins de cinq cents pièces et documents. Tous les supports sont réunis pour donner une juste idée de la représentation de l’ “Autre”, dans sa complexité et sa diversité.
Comme le dit très bien Pascal Blanchard, l’un des commissaires de l’exposition : “Toute la période des zoos humains correspond à l’absence de référents de l’Occident face aux altérités”, or il s’agit bien, en filigrane, de “marquer la différence, fixer une frontière invisible entre le normal et l’anormal”, de réfléchir sur les frontières entre “nous” et ceux que l’on considérait comme des individus exotiques ou sauvages. Cette sauvagerie légitime par ailleurs l’érotisation du corps vu comme une transposition fantasmée ou un miroir déformant et dérangeant. Le monstre n’est pas nécessairement celui que l’on croit, et l’imagerie qui s’y rattache en est une évidente démonstration.
Cette exposition est née d’une rencontre entre Pascal Blanchard, spécialiste de l’histoire coloniale et de ses “fractures”, et Lilian Thuram, qui a prêté son nom, son image, sa conviction, pour mettre en lumière cette part souvent ignorée d’un passé qui nous est pourtant proche. »
Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly
A voir également au musée du Quai Branly :
– Maori, leurs trésors ont une âme (jusqu’au 22 janvier 2012)
– Samouraï, armure du guerrier (jusqu’au 29 janvier 2012)
Exhibitions, L’invention du Sauvage
Commissaire général : Lilian Thuram
Commissaires scientifiques : Pascal Blanchard & Nanette Jacomijn Snoep
Du 29 novembre 2011 au 3 juin 2012
Mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h
Jeudi, vendredi et samedi de 11h à 21h
Ouverture exceptionnelle les lundis des vacances scolaires de 11h à 19h : lundis 19 et 26 décembre 2010, lundi 2 janvier 2012, lundis 13, 20 et 27 février 2012, lundi 5 mars 2012, lundis 9, 16, 23 et 30 avril 2012
Musée du quai Branly
Mezzanine Ouest
37, quai Branly
75007 Paris
M° Alma Marceau
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