Henricot – galerie Etienne de Causans
Après un rapide intérêt pour les Surréalistes, « la rencontre d’une machine à coudre et d’un parapluie sur une table d’opération » ne lui ayant pas semblé le comble de la félicité, il découvre l’œuvre de Max Klinger et particulièrement la série « Le Gant », qui déclenche chez lui tout un processus de création.
De la réalité du Monde, Michel Henricot capte les forces visibles et invisibles qui la gouvernent. D’où ce jeu de tensions perceptible non seulement dans les toiles où la violence est explicitement mise en scène mais aussi dans l’exploration attentive des structures anatomiques, mais encore dans la peinture des reliefs de la Terre où les vestiges de cités disparues se confondent avec les accidents géologiques, les convulsions retombées de l’Histoire et de la Nature…
La poétique du peintre affaiblit la distinction entre l’animé et l’inanimé et, partant, entre vie et mort, rêvant qu’un principe identique traverse les états différents de la matière. D’où la proximité inattendue entre l’immobilité où est pris le vivant et la violence primitive du Chaos lisible dans l’ordre pétrifié du Cosmos.
En effet l’aspect du corps (anonyme, générique, sans regard) excède la seule force musculaire. Il évoque la dureté du bronze et de l’acier et plus encore le cuivre et ses propriétés de métal conducteur. De telle sorte que le corps irradie, immobile ou plus exactement immobilisé, inhibé par un courant de nature inconnue qui suspend tout devenir.
Henricot
Du 28 février au 8 mars 2013
Ouvert de 11h à 13h et de 14h30 à 19h sauf dimanche et lundi matin
Vernissage le 28 février 2013 de 18h à 21h
Galerie Etienne de Causans
25, rue de Seine
75006 Paris
[Visuel : La Muselière. Huile sur Toile. 92x65cm. Courtesy de l’artiste]
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