5e édition de “La photographie à tout prix. Une année de prix photographiques à la BnF”
Du 16 décembre 2025 au 29 mars 2026 et pour la cinquième année consécutive, la BnF présente une sélection des tirages des lauréats de ces prix partenaires, dans une exposition qui s’inscrit comme un rendez-vous annuel des amateurs de photographie, offrant ainsi l’occasion de s’immerger dans l’effervescence de la création photographique contemporaine.
La BnF propose une promenade à travers la création photographique contemporaine en exposant une sélection d’œuvres des lauréats des prix photographiques qu’elle soutient. Depuis 1955, la Bibliothèque est partenaire de deux prix initiés par l’association Gens d’images, le prix Niépce, qui distingue un photographe de 50 ans ou moins qui travaille en France, et le prix Nadar, qui récompense chaque année un livre photographique français remarquable. Elle est également associée depuis 2006 à la Bourse du talent dont les lauréats français ou internationaux œuvrant dans le champ des nouvelles écritures documentaires sont exposés, et depuis 2023 au prix Camera Clara qui honore les artistes travaillant à la chambre photographique.
Les prix
Le Prix Niépce
Créé en 1955, le Prix Niépce Gens d’images est le premier prix de photographie professionnelle lancé en France. Il distingue chaque année le travail d’un photographe confirmé, âgé de moins de 50 ans, français ou résidant en France depuis plus de trois ans. Depuis 2016, il bénéficie du mécénat de Picto Fondation et du soutien de l’ADAGP. Le lauréat du prix bénéficie par ailleurs d’une présentation de son travail lors d’un “Atelier Gens d’images”, d’une exposition à la galerie Dityvon de l’université d’Angers et d’une exposition au Jeu de Paume-Château de Tours.
Ce prix historique a été soutenu dès sa création par la BnF qui acquiert régulièrement des œuvres des lauréats.
Ed Alcock, lauréat du Prix Niépce 2025
Franco-britannique, né au Royaume-Uni en 1974, Ed Alcock a été lauréat de la grande commande photojournalisme avec un travail sur les centrales nucléaires, Zones à risque. Après un doctorat en mathématiques, il devient correspondant, à Paris, pour The Guardian et The New York Times. Il collabore aujourd’hui, entre autres, avec Le Monde, L’Obs, Elle, Télérama, Madame Figaro, The Observer Review. Ses sujets de prédilection sont l’intime, l’identité et le territoire et il a notamment travaillé sur la relation fusionnelle mère-fils, les ravages des secrets de famille, le Brexit, le confinement. Son travail est régulièrement exposé en Europe et il est membre de l’agence Myop.

Ed Alcock, Mère et fils (II) Grèce, 2009. Série Hobbledehoy © Ed Alcock / MYOP
Le Prix Nadar
Le Prix Nadar Gens d’images récompense depuis 1955 un livre remarquable consacré à la photographie ancienne ou contemporaine édité en France au cours de l’année. Il est attribué en partenariat avec la BnF et le musée Nicéphore Niépce, avec le parrainage du ministère de la Culture. Les ouvrages intègrent les collections de la BnF grâce au dépôt légal.
Le lauréat de cette année 2025 est Aux Ombres de Simon Vansteenwinckel, publié aux éditions lamaindonne.
Cet ouvrage rassemble des photographies de la chevauchée annuelle, dans le Dakota du Nord et du Sud, des membres des tribus Lakotas (Sioux). Ils se rassemblent pour une expédition à cheval de 450 km, pendant 15 jours en décembre, sous des températures pouvant descendre jusqu’à -20°C. Ils suivent ainsi les traces de la tribu du chef Big Foot, dont les 300 membres, principalement des femmes et des enfants, furent massacrés à Wounded Knee le 29 décembre 1890.

Simon Vansteenwinckel, photographie extraite du livre Aux Ombres © Simon Vansteenwinckel
La Bourse du Talent
La Bourse du Talent, créée en 1998, a révélé de nombreux photographes qui portent un regard singulier sur notre société et nous invitent à la regarder autrement.
À l’origine de l’émergence de talents, sans distinction d’âge, de nationalité ou de parcours, cette bourse a été initiée au sein de Photographie.com par Didier de Faÿs, avec le soutien de Picto Foundation, qui réalise les tirages des lauréats. Grâce à la générosité des photographes et du laboratoire Picto, un ensemble de leurs tirages rejoint les collections de la BnF. Plusieurs centaines de photographies ont ainsi fait leur entrée dans le patrimoine national, attestant de la vivacité de la scène photographique contemporaine.
Depuis 2023, la Bourse du Talent s’intéresse aux nouvelles écritures documentaires utilisées pour raconter notre monde et récompense trois photographes.
Les lauréats de la Bourse du talent 2025 sont Sasha Mongin, Santanu Dey et Aria Shahrokhshahi.
Sasha Mongin – Le mourant qui ne mourait pas
Née aux États-Unis en 1989 et diplômée de l’École des Gobelins en 2017, Sasha Mongin vit et travaille à Paris. Dans une série profondément personnelle, Le mourant qui ne mourait pas, la photographe nous plonge dans l’intimité de son histoire familiale, étroitement liée à l’affaire du sang contaminé. Les images expriment la vision d’une enfant qui a vécu pendant des années dans la certitude que son père allait bientôt mourir. Sasha Mongin illustre ici ses souvenirs les plus marquants au travers de ses images. Si le sujet est traité alternativement de manière métaphorique ou très explicite, les images sont toutes imprégnées de l’univers onirique et fantastique de l’artiste.

Sasha Mongin, de la série “Le mourant qui ne mourait pas” © Sasha Mongin
Santanu Dey – Brackish Tears
Santanu Dey est un photographe émergent indépendant basé à Kolkata, en Inde, dont la pratique se situe à l’intersection de l’art, des récits culturels et de l’expérience personnelle, avec une attention particulière portée aux enjeux sociaux contemporains. Avec Brackish Tears, il présente un projet de recherche au long cours mêlant documentaire et fiction, qui explore les conséquences profondes de la Partition de l’Inde en 1947 sur la région du Bengale. Le projet examine comment le colonialisme britannique a exacerbé les divisions religieuses, fracturant le sous-continent et laissant des cicatrices durables sur l’unité régionale. À travers des récits personnels de déplacement, ce chapitre met en lumière l’impact persistant sur les réfugiés issus des classes populaires, leur oppression hiérarchique et leur mémoire précieuse, révélant l’héritage complexe du colonialisme, du nationalisme et du communautarisme à travers les générations.

Santanu Dey, Brackish Tears 9 © Santanu Dey
Aria Shahrokhshahi – Wet Ground
Aria Shahrokhshahi est un photographe et cinéaste britanno-iranien dont la pratique documentaire se concentre sur des individus et des communautés confrontés à des réalités personnelles, sociales et politiques complexes. Avec Wet Ground, il explore la transformation de l’Ukraine dans le contexte de la guerre en cours, en interrogeant les tensions entre violence et quotidien, destruction et résilience. Né d’un engagement empreint d’empathie et d’un profond désir de justice sociale, le projet cherche à révéler ce qui renaît des cendres du conflit, en plaçant les communautés affectées au centre du récit.

© Aria Shahrokhshahi
Le prix Camera Clara
Créé en 2012 par Joséphine de Bodinat-Moreno, le prix Camera Clara est réservé aux artistes qui travaillent à la chambre photographique, se positionnant en hors-champ du déferlement vertigineux des images numériques et faisant l’éloge d’une démarche réfléchie et d’une certaine lenteur. Le prix récompense un travail d’auteur inédit et présenté en série ou ensemble photographique afin qu’il puisse être jugé sur sa cohérence, tant sur la forme que sur son contenu.
Depuis 2025, un tirage de la série primée fait l’objet d’une donation à la BnF de la part du lauréat et de la fondation Grésigny.
Randa Mirza, lauréate du prix Camera Clara 2025
Née au Liban, en 1978, Randa Mirza vit et travaille entre Marseille et Beirut.
Artiste plasticienne, elle pratique la photographie, la vidéo, l’installation, la performance pour mettre en évidence les contextes de production des images et rendre visibles les constructions symboliques et socio-politiques qui les façonnent. Randa Mirza a été primée pour sa série Atlal (Ruines) portant sur les villages du Sud Liban détruits par les bombardements de l’armée israélienne entre août et décembre 2024. Atlal conjugue sens du présent, sublime et portée universelle, rappelant que l’art devient ainsi un moyen collectif de faire face à la catastrophe.

Randa Mirza, édifice détruit par les bombardement israéliens au Sud Liban en 2024 Série Atlal (Ruines) © Randa Mirza
Commissariat : Héloïse Conésa, cheffe du service de la Photographie, chargée de la photographie contemporaine au département des Estampes et de la photographie, BnF
Exposition co-organisée avec Gens d’images, Picto Foundation, Fondation Grésigny
Avec le soutien de la Fondation de France, de la Fondation Louis Roederer, Fisheye, la Fnac, Lumière Ilford, Pixtrakk, le ministère de la Culture, la SAIF, copie privée, Photo Doc / Impulse / Fisheye
En partenariat avec MBP, l’ADAGP, Dupon, Escourbiac l’imprimeur, le musée Nicéphore Niépce, la Galerie Dityvon-université d’Angers
[Source : communiqué de presse]
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