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Deadline au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

7 décembre 2009
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Depuis la publication en 1970 de Admirable tremblement du temps de Gaëtan Picon et l’exposition L’oeuvre ultime à la Fondation Maeght en 1989, la question des dernières oeuvres a rarement été abordée de manière transversale. La prise de conscience de la proximité de la mort conditionne le rapport que nous entretenons avec l’existence. À partir de la fin du XXème siècle, l’apparition notamment du sida a radicalement changé la perception de la vie.

 

DEADLINE propose un regard sur une sélection d’artistes disparus au cours des vingt dernières années. Conscients de l’approche de la mort, en raison de la vieillesse ou de la maladie, ces artistes donnent à leur production (peintures, photographies, installations, sculptures, vidéos) une intensité nouvelle qui atteint parfois une plénitude inattendue.

 

Certains artistes développent les recherches déjà élaborées auparavant : Absalon (1964-1993) prolonge ses expérimentations autour des cellules d’habitation en réalisant des vidéos dans lesquelles il se met en scène jusqu’à la révolte. Joan Mitchell (1926-1992) accentue le lyrisme de ses peintures par la limitation des moyens et l’allégement de la forme pour aboutir à des bouquets colorés. Willem De Kooning (1904-1997) peint dans la solitude, des toiles libres et épurées, renouvelant dans une économie de moyens, le vocabulaire de la période précédente. Sur les thèmes du passage, de l’éphémère et de la disparition, Felix Gonzalez-Torres (1957-1996) est représenté par des oeuvres disséminées tout au long du parcours.

 

D’autres artistes changent plus radicalement de thème, de formes ou de rythmes : Gilles Aillaud (1928-2005) qui a souvent peint des animaux en captivité choisit désormais le silence et se limite à quelques rares toiles représentant des oiseaux perdus dans l’immensité. Hans Hartung (1904-1989) se confronte à des grands formats et renouvelle sa gamme chromatique dans une véritable explosion de couleurs.

 

D’autres encore donnent à voir explicitement la réalité et l’évolution tragique de leur maladie : Jörg Immendorff (1945-2007), avec l’aide de ses assistants, puise, dans la peinture de la Renaissance, la continuation de son oeuvre. Atteint d’une maladie incurable, Chen Zhen (1955-2000), traite du corps comme paysage, invitant à scruter les organes, les cycles de vie, dans leurs rapports aux différentes médecines. Après avoir photographié et agrandi son corps nu, Hannah Villiger (1951-1997), tend à dissimuler ses formes décharnées sous des tissus-linceuls.

 

D’autres enfin rendent visible la mort dans leurs oeuvres : En référence à la sculpture et aux vanités, Robert Mapplethorpe
(1946-1989) photographie des bustes et des crânes. Martin Kippenberger (1953-1997), citant Géricault se portraiture dans les poses des survivants du Radeau de la Méduse. James Lee Byars (1932-1997) matérialise un idéal d’éternité à travers la mise en scène de sa propre mort.

 

 

Le catalogue de l’exposition comprendra un ensemble d’essais et pour chaque artiste seront rassemblés des textes inédits en français (entretien, correspondance, témoignage ou essai), une notice biographique, une bibliographie ainsi que les reproductions des oeuvres présentées dans l’exposition.

 

 

 

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11 avenue du Président Wilson – 75116 Paris
Tél. 01 53 67 40 00

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

 

Exposition Deadline:

Plein tarif: 9€ – Tarif réduit: 7€ – Demi tarif: 4.50€

 

Billet combiné pour les 2 expositions:

Apichatpong Weerasethakul et Albert Oehlen

Plein tarif: 5€ – Tarif réduit: 3,50€ – Demi tarif: 2,50€

 

Billet combiné pour les 3 expositions:

Apichatpong Weerasethakul, Albert Oehlen et Deadline

Plein tarif: 12€ – Tarif réduit: 9€ – Demi tarif: 6€

 

 

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