Nicolas Chardon présente Abstract – galerie Jean Brolly
« Abstract » est une oeuvre constituée de 8 toiles, toutes de format différent, sur lesquelles viennent s!inscrire chacune des lettres du titre, seules ou répétées, à l’instar d!un exercice d!écriture. La répétition et la déformation des lettres évoquent une certaine familiarité avec la poésie sonore dadaïste.
Une grande « Cible », en 4 parties, est présentée d’une manière non conventionnelle puisque que son centre est renvoyé aux quatre coins extérieurs. En vis-à-vis, un tableau intitulé « Cible losange », repose sur la pointe. L’oeuvre la plus surprenante est une peinture polyptyque constituée de carrés de 80 x 80 cm, intitulée « Mosaïque ». Elle se déploie librement sur un mur comme une peinture sans fin. Pour cette oeuvre, Nicolas Chardon a opté pour une intervention minimale répondant à une interrogation invariable dans son travail. En effet, la question du « fond » peint, par rapport à la forme, est ici évacuée puisque l’artiste prend le parti de peindre en bordure de chacune des toiles, une répétition de 4 formes noires, en laissant en réserve le tissu quadrillé de la toile (petit vichy noir), mettant ainsi clairement en évidence le procédé de son travail.
Depuis toujours, Nicolas Chardon applique une méthode qui consiste à tendre et à agrafer un tissu à carreaux (vichy, madras, écossais, damier) sur un châssis puis à peindre des figures géométriques en suivant les lignes de l’imprimé du tissu, qui perd son orthogonalité du fait de la tension. Seul, le champ de la toile sera gardé vierge, comme un indice, invitant ainsi notre regard à quitter la frontalité du tableau et à nous interroger sur le processus mis en place.
Ce qui intéresse l’artiste dans les étapes de conception et de fabrication du tableau, c’est une certaine neutralité et une mise à distance du résultat. Si son travail s’appuie sur l’observation du réel, c’est surtout une démarche conceptuelle animée par des paradoxes qu’il convient de retenir. Ainsi, il se plaît à dire par exemple que « tendre », assouplit, bousculant ainsi certaines valeurs modernistes aux codes plus rigides.
Pour l’artiste, le moment de peindre intervient comme un après-coup, comme si la toile tendue sur le châssis avec ses couleurs et son motif suffisait à être un bon tableau moderne, achevé, mais qu!il fallait « re-faire ». Cette réflexion s’exprime tout particulièrement dans son dernier travail intitulé « Mosaïque » précédemment évoqué.
Nicolas Chardon présentera également une oeuvre à « la vitrine » avec une intervention lumineuse de Michel Verjux intitulée « Cercle et carré ».
Nicolas Chardon – « Abstract »
Du 9 janvier au 20 février 2010
Galerie Jean Brolly
16, rue de Montmorency
75003 Paris
[Visuel : © Cible losange, 2009. Acrylique sur toile. 170 x 170 cm. Courtesy Galerie Jean Brolly]
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