0 Shares 1625 Views

    Angelika Markul – Domaine départemental de Chamarande

    20 février 2013
    1625 Vues
    Angelika Markul - Domaine départemental de Chamarande

    Pour l’Orangerie du Domaine de Chamarande, l’artiste réalise une installation monumentale inédite, puisant sa source dans les cabinets de curiosités, les tableaux de chasse et les gisants médiévaux.  

    Forte de ses récents succès, l’artiste choisit ici de célébrer l’ensemble de son processus créatif par une démarche accumulative et commémorative, qui rappelle et célèbre le caractère précaire des existences et nos tentatives pour en garder la trace. 

    Panthéon éphémère, l’orangerie devient l’écrin des vanités de l’artiste. Elle y exhibe les trophées d’une activité incessante, faite de réussites et d’hésitations, traces tangibles d’une voracité rabelaisienne d’expérimentation. L’artiste redéploie sa grammaire des formes et ses matériaux de prédilection que sont le plastique, le néon, le béton, le feutre et la cire. Elle les expose avec ostentation, comme autant de symboles érigés en mémoire du chemin parcouru. 

    Le crépuscule de la fureur 

    L’espace est ici entièrement investi. Un imposant drapé de plastique s’érige et surgit du mur pour venir s’écraser sur le sol. Les jeux d’ombre sont accentués par la lumière franche des néons disposés ça et là. Le béton vient se faufiler entre les plis du plastique, où la lumière ne peut pénétrer, soulignant et immortalisant l’œuvre par sa lourdeur, sa pesanteur.

    Au mur, de part et d’autre, des plaques de cire et de feutre sont agencées telles une galerie de portraits. La dimension organique de ces matériaux contraste avec la stérilité de ceux qui nivellent le sol. L’œuvre se fait métaphore d’un réseau trophique où chaque élément maintient la cohérence et la stabilité de l’ensemble. Alternant entre le vertical et l’horizontal, l’ancien et le nouveau, les formes s’entremêlent pour créer un ensemble unique, sublimé par le bain de lumière ocre d’un coucher de soleil qui s’étirerait indéfiniment. Cette anticipation de la pénombre plonge le visiteur dans une intimité troublante, un cocon néanmoins bienveillant où bouillonne une fureur de vivre. 

    Une métaphore de la pratique artistique 

    Angelika Markul propose une mise en scène de son processus créatif. Les objets qu’elle investit errent entre le sommeil et l’éveil, à l’image des trésors jonchant les tombes des gisants médiévaux, gardiens éternels de leurs pouvoirs et de leurs secrets. 

    L’œuvre devient la collection éphémère de souvenirs et d’archives mises en scène. À l’instar de la tête du sanglier vaincu ou des photographies de famille accrochées au mur par affection ou par peur de l’oubli, elle scelle la mémoire des fortunes antérieures : elle devient la gardienne du culte de l’artiste. 

    La prédation, composante essentielle de la vie, interroge aussi sur la quantité de matière et de ressources détruites, transformées, perdues par l’activité humaine. Les matériaux utilisés par Angelika Markul, au cœur des problématiques environnementales liées aux ressources et à l’énergie, comme le plastique, le béton ou les néons, s’entremêlent avec des matériaux naturels transformés par la main de l’homme, le feutre et la cire, dans un dialogue sur la part destructive de la création, et sur la part morbide de toute mythification. 

    La programmation artistique du Domaine de Chamarande, réalisée en collaboration avec l’association COAL, s’attache à soulever les questions relatives aux nouveaux enjeux écologiques et au vivant. Ainsi l’Installation Monumentale d’Angelika Markul faitelle écho à l’exposition spécimens présentée au château jusqu’au 31 mars ; elle annonce également celle de printemps-été qui s’intéressera aux différents Milieux du Domaine départemental. 

    Angelika Markul (née en 1977 en Pologne,  vit et travaille en France et en Pologne)

    L’artiste est représentée par la galerie Suzanne Tarasieve (Paris, France) et la galerie Kewenig (Cologne, Allemagne).

    Diplômée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris – dans l’atelier de Christian Boltanski, elle est aujourd’hui une artiste reconnue sur la scène internationale. Elle est la lauréate du Prix SAM pour l’art contemporain 2012 avec son projet « Bambi à Tchernobyl » qui sera exposé en décembre 2013 au Palais de Tokyo. Le Musée Sztuki à Lodz (Pologne) lui consacrera également en 2013 une importante exposition personnelle.

    Le travail d’Angelika Markul a été exposé à la Labyrinth Gallery à Lublin (2012), à l’Arsenal Gallery à Białystok (2012), à l’Espace culturel Louis Vuitton aux Champs-Élysées (2011), au Mac/Val (2010), au Théâtre National de Chaillot (2009), au Centre d’Art Contemporain CSW Znaki Czasu à Toruń, Pologne (2009), à La Force de l’Art au Grand Palais (2006), à la Fondation Cartier (2005) et au musée d’Art moderne et contemporain de la Ville de Paris (2005).

    Exposition d’Angelika Markul 

    Du 17 mars au 12 mai 2013 
    Mercredi, jeudi et vendredi, de 14h à 17h
    Samedi, dimanche et jours fériés, de midi à 17h 

    Vernissage le dimanche 17 mars 2013, de 15h à 18h, en présence de l’artiste
    Navette au départ de Paris. RDV Place du Châtelet, à 14h / Navette au retour de Chamarande. RDV 
    Grille d’honneur, à 18h / Sans réservation, dans la limite des places disponibles. 

    Entrée libre

    Domaine départemental de Chamarande
    38, rue du Commandant Arnoux
    91730 Chamarande

    chamarande.essonne.fr

    En ce moment

    Articles liés

    Deux concerts uniques par deux prodiges de la chanson !
    Agenda
    240 vues

    Deux concerts uniques par deux prodiges de la chanson !

    Les artistes Cindy Pooch et Clément Visage aux Trois Baudets le 22 avril ! Cindy Pooch, dernière signée sur le label InFiné, propose une chanson expérimentale. Dans une esthétique expressionniste et minimaliste, nourrie de chants polyphoniques, l’artiste franco-camerounaise propose...

    “Pour le meilleur” : une sublime histoire d’amour tirée de faits réels !
    Agenda
    268 vues

    “Pour le meilleur” : une sublime histoire d’amour tirée de faits réels !

    Véritable signature de la réalisatrice, le récit de destin inspiré de faits réels se penche ici sur la rencontre de deux forces de la nature.  Ce film raconte l’incroyable histoire d’amour entre Philippe Croizon, un homme privé de ses...

    “Résonances” un concert pluridisciplinaire en hommage à George Sand et Frédéric Chopin à la Salle Cortot
    Agenda
    341 vues

    “Résonances” un concert pluridisciplinaire en hommage à George Sand et Frédéric Chopin à la Salle Cortot

    Avec le soutien de la Fondation Signature, mécène fondateur, l’École Normale de Musique de Paris lance Résonances, une nouvelle série de concerts pluridisciplinaires qui invite de jeunes artistes à créer des formes inédites mêlant musique, théâtre et littérature. La première édition rend...