Easy Money
JW est un étudiant d’école de commerce brillant qui compense sa pauvreté par une vivacité d’esprit et quelques petits trafics pour arrondir ses fins de mois. Mais à trop vouloir fricoter avec la jeunesse dorée de Stockholm, le jeune homme tombe de plus en plus dans les bas fonds. De rencontres dangereuses en fâcheux hasards, JW finit par faire son trou dans le grand banditisme, jouant sur plusieurs tableaux à la fois pour multiplier ses gains.
Ce scénario est porté par plusieurs éléments techniques irréprochables. La photographie et la mise en scène servent un réalisme crasse et l’immersion immédiate du spectateur. Les performances des acteurs même nous emmènent loin dans ce climat de tension, d’angoisse et de violence. Pourtant c’est à l’écriture pure du scénario que le bât blesse. À vouloir humaniser à l’extrême ses personnages, créer une empathie avec eux et justifier mollement leur attitude criminelle, le film est entrecoupé de scènes gratuites et incompréhensibles, de séances de témoignages d’enfance dont on se fiche, de scènes familiales et de tensions supplémentaires inutiles et même lourdes. Si la problématique est essentiellement masculine dans ce milieu de drogue, la place de la femme est encore plus piétinée en devenant un enjeu et une raison au trafic. Pour l’amour de la belle héritière, l’affection d’une fille ou le bonheur d’une sœur enceinte, ces pauvres hommes se déchirent jusqu’à une issue que l’on devine tragique.
Déjà vu, vite oublié, cet Easy Money n’apporte rien au genre du film de trafic de drogue. Et sa seule originalité, sa nationalité et l’ouverture de l’action dans toute l’Europe, est bien peu exploitée. Un divertissement finalement honnête mais de qualité bien moyenne. Amusant qu’un scénario aussi faible ait été racheté par nos amis américains dans le but d’en faire un remake avec dans le rôle principal, l’idole des écolières… Zac Efron.
Lucile Bellan
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Easy Money
Un film de Daniel Espinosa
Avec Joel Kinnaman, Matias Padin et Dragomir Mrsic
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