Gnoméo et Juliette
Gnoméo est un nain de jardin à bonnet bleu. Juliette est une naine de jardin (charmante) à bonnet rouge. Bien entendu, leurs familles et les propriétaires des jardins respectifs se détestent cordialement. Mais grâce à la magie de l’amuuuur et la musique d’Elton John, secondée par Lady Gaga sur le titre “Hello, hello”, ces deux-là triompheront de tous les obstacles.
Ce n’est pas tant que ce scénario a déjà été vu et revu des milliers de fois, après tout, y a-t-il un meilleur lit de scénario que l’amour et ses contrariétés ? Non, ce qu’on reproche à l’équipe d’animation dirigée par Kelly Asbury, c’est son manque d’envergure, aussi bien au niveau du déroulé narratif que de la technique. Pas de trouvailles géniales ou d’intuitions fulgurantes comme chez l’oncle Pixar ou, dans une moindre mesure, le cousin Dreamworks. Ici on reste désespérément dans le premier degré.
La trahison Shakespeare
C’est bien le manque d’enjeu qui fait cruellement défaut : certes le cahier des charges est respecté, Gnoméo et Juliette se rencontrent et s’aiment déguisés, puis jouent une simili-scène de balcon, le personnage de la nourrice est repris avec succès et drôlerie par la grenouille Nanette… Mais que dire du méchant Tybald, qui manque cruellement de charisme, et surtout, surtout, pourquoi dans une tragédie shakespearienne, pourquoi personne ne meurt-il ? On finit par se dire que l’idée séduisante d’utiliser le terreau fertile des nains de jardins pour réécrire l’histoire des amants maudits n’est pas si pertinente que ça. Surtout quand Le Maître lui-même est remis en place (tout du moins en la personne de sa statue dans un parc) par Gnoméo. Le public peut alors avoir le plus grand mal à regarder un nain de jardin donner une leçon de morale à Shakespeare, et lui expliquer qu’il travaille du chapeau.
En résumé, un film facile à comprendre et à oublier. Les petits adoreront certainement, mais les grands, moins. Inutile de dire que la valeur ajoutée de la 3D est nulle.
Mathilde de Beaune
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Gnoméo et Juliette
De Kelly Asbury
Avec les voix de James McAvoy, Emily Blunt, Ashley Jensen…
Sortie le 16 février 2011
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