“Coller l’oreille aux colimaçons” : la nouvelle exposition à découvrir aux Réserves à Romainville
Fruit d’un processus collaboratif, “Coller l’oreille aux colimaçons”, présentée aux Réserves à Romainville du 7 septembre au 3 novembre 2024, est une exposition qui se veut multi-temporelle.
Différents regards de onze curatrices sur les œuvres de la collection du Frac Île-de-France et sur celles d’artistes tout juste diplômés des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs de Paris sont nourris par le concept philosophique d’ “origine tourbillon” *, qui envisage le temps de manière non-linéaire, sans racine unique et non hiérarchique. Contrairement à l’idée d’un point de départ fixe et unique, l’origine est ici appréhendée comme un flux tumultueux, permettant une nouvelle conception de l’Histoire où le passé, le présent et le futur s’entremêlent.
En confrontant les œuvres issues de la collection du Frac Île-de-France à celles de jeunes artistes diplômés, avec lesquels la collective phèmes a travaillé en étroite collaboration cette année, on observe parfois, malgré les écarts générationnels, une convergence des sujets abordés. Inspirée des images tentaculaires que fait naître la notion d’”origine tourbillon”, la scénographie de l’exposition se veut également tourbillonnante. Les œuvres deviennent les fragments d’un tout en mouvement, Coller l’oreille aux colimaçons offre une immersion dans un espace où le temps se déconstruit et se reconstruit, nous invitant à réexaminer notre relation complexe avec l’Histoire, la mémoire et les expériences à venir.

Gabriel Levie, Mule, 2023, bois, résine, tissu © Anna Lucrèce Martel
Les œuvres présentées dans l’exposition se répondent en proposant des thèmes ou des formes communes. Si Nicole remanie des images qu’elle collecte dans ses performances, Dara Birnbaum, utilise, elle, des extraits de la série américaine Wonder Woman, les reproduisant en boucle pour en épuiser la dimension iconique. Josefa Caruz Clement et Pierre Paulin explorent la notion d’empreinte comme une trace révélée dans la matière ou à sa surface. Laura Liventaal et Maya de Vulpillières s’inscrivent dans cette même démarche et la prolongent en abordant la mémoire familiale, faisant ainsi écho à l’œuvre d’Isabelle Cornaro. L’exposition propose également d’aborder de manière sensible une réflexion autour de la nostalgie dans les œuvres d’Anna Giner ou de Jade Boudet.
* concept développé par le philosophe et historien d’art Walter Benjamin (1892-1940)

Oscar Santillán, The Enemy, 2015.
Photographie, impression jet d’encre, 101,4 x 151,1 x 1,5 cm.
Collection Frac Île-de-France © Oscar Santillán
La collective phèmes, fondée en septembre 2023 par onze étudiantes curatrices, se consacre à la promotion de la jeune création artistique à travers des expositions, événements, publications et manifestations culturelles. Le nom phèmes (du grec ϕάναι qui signifie «parler», «rapporter»), se réfère à la divinité grecque et romaine de la voix publique. La déesse Phème permet aux différentes voix de se faire entendre par une circulation de la parole et par du bouche à oreille. C’est de cette démarche que la collective souhaite s’emparer à travers sa première exposition Coller l’oreille aux colimaçons : transmettre les voix de toutes et tous et porter les pratiques des artistes aux yeux d’un large public.
Collective phèmes : Louise Adoue, Esin Ayber, Joana Badia, Loriane Bonnet, Rebecca Colardelle, Kate Gérard, Asta Keiller, Ilona Person, Julia Petit, Juliette Philippe et Zoé Touzanne. Cette exposition s’inscrit dans le cadre d’un projet de partenariat entre le Frac Île-de-France, Sorbonne Université, l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs et l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Tom Brabant, Monkey reflecting (in Búrfellsgjá), 2022
Impression UV sur aluminium brossé (2mm), 30 x 44 cm © Devin Blair
Avec les œuvres d’artistes diplômés des écoles des Beaux-Arts de Paris et des Arts Décoratifs : Ilaria Andreotti, Jade Boudet, Tom Brabant, Sıla Candansayar, Josefa Caruz Clement, Anna Giner, Hélène Janicot, Gabriel Levie, Laura Liventaal, Nicole, Liselor Perez, Fedor Pliskin, Betty Pomerleau, Apolline Regent et Maya de Vulpillières
& les œuvres de Dove Allouche, Elefthérios Amilitos, Dara Birnbaum, Isabelle Cornaro, Mimosa Echard, Pierre Paulin, Margaret Salmon, Oscar Santillán, SUPERFLEX, Michael Van den Abeele (collection du Frac Île-de-France)
[Source : communiqué de presse]
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