Contrebande – Galerie David Bloch
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Mise en scène : |
« Le graffiti est vu comme une pollution urbaine. Alors le trio s’est confronté au prestige des ornementations marocaines, trésor de l’histoire du pays et cliché touristique. Fonctionnant comme un recadrage zoomé à grande échelle, les peintures de Lek, Sowat et Liard conservent les combinaisons géométriques infinies et colorées de ces ornements, pour élaborer un focus sur le processus même de construction, sur les grilles géométriques qui servent de pattern et sur la matière brute de la toile de lin. Les lignes peintes se nouent, se percutent, s’interrompent comme des fragments de réseaux inachevés, fracturés et parfois cimentés. En pleine Biennale de Marrakech, les artistes ont proposé un dispositif autour de l’idée du faux et de la copie originale d’une oeuvre d’art. Une manière de questionner, sans jamais tomber dans le commentaire, le statut de l’oeuvre et la valeur marchande des signatures. Pas étonnant venant d’artistes qui ont fait leurs armes dans une culture clandestine qui se transmet entre groupes, entre “kings” (les maallem) et débutants (les matalleems), dans l’ombre de la rue, où la répétition (du tag, du geste) et l’absence de conservation des oeuvres sont au coeur de la pratique. Un art de contrebande. » Lek Travaillant le plus souvent dans des zones industrielles désaffectées, les compositions rigides de Lek s’adaptent aux contraintes du lieux. Ses fragments de lettres agissent comme des dynamiques qui lacèrent l’espace, le révèle, l’annule, ouvrant de nouvelles perspectives dans ces zones chaotiques. Lek est le co-auteur de l’ouvrage Nothing but lettres (Wasted Talent édition, 2009) avec Yko. Leurs expérimentations picturales ont fait école (comme par exemple l’usage de la bombe crevée comme outil de peinture). Sowat Au cours de cette résidence artistique sauvage, Sowat affirme son gout pour l’image et la mise en scène, signant la réalisation du film Mausolée, oeuvre vidéo en Time Lapse faisant défiler de façon boulimique graffitis, éléments d’architectures en ruine et traces de vie des anciens squatteurs du lieu, sur une musique de Philippe Glass. Au palais de Tokyo, le duo a réalisé secrètement Tracés Directs, film sur le surgissement et la destruction dans le graffiti, invitant une vingtaine d’artistes à venir dessiner secrètement sur un tableau noir de l’institution. Depuis, ils ont a participé à une table ronde avec Jacques Villeglé au centre Pompidou, au projet des Bains Douches, à la Tour Paris 13, mais aussi à l’exposition d’Agnès B à la Galerie du Jour en 2013 pour une oeuvre collective avec Jonone. Arnaud Liard (Honda) |
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