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    Dominique Lacloche – Nuit Blanche 2013

    19 septembre 2013
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    Créées à partir de feuilles de Gunnera Manicata qui sont au cœur de la production de l’artiste, ces sculptures délicates, élaborées à partir de résine, sont suspendues en spirale au-dessus du transept. Telles un mobile, les immenses feuilles, dépouillées de leur matière organique, se meuvent dans l’espace, oscillant lentement sous l’influence de l’air. Dominique Lacloche travaille l’intervention dans l’espace, et questionne, par là, les notions de dimension et, plus largement, de perception.

    Chacun de ses travaux, véritables expérimentations sans cesse renouvelées, bouleverse le rapport entre l’œuvre, son lieu d’exposition et le spectateur. Avec « un degré plus haut », elle interroge, une fois encore, le concept d’espace, en vue d’en transformer la perception et, par conséquent, l’expérience. Elle explore ici, de façon très aboutie, l’inter-influence de l’installation et de son environnement, et donne à voir une œuvre qui, en faisant corps avec l’architecture de la coupole de l’église Saint-Paul-Saint-Louis, tant d’un point de vue formel que conceptuel et symbolique, envahit l’espace, l’habite, le restructure.

    Dominique Lacloche s’intéresse aux échelles, aux mesures. « un degré plus haut » en témoigne, et met le spectateur à l’épreuve de la dimension. Au fur et à mesure qu’il avance dans la nef et se rapproche de l’installation, il l’appréhende sous divers angles, mesurant peu à peu son immensité, sa majesté.

    Avec cette installation, l’artiste entend créer des « zones », invitant le spectateur à une véritable expérimentation de ses modes de perception.

    Photographie, photosynthèse, ombres portées, la lumière est à l’origine même de la pratique artistique de Dominique Lacloche. Processus de révélation de l’œuvre, on la retrouve, déclinée à l’infini, dans l’ensemble de sa production, telle un leitmotiv.

    Une fois encore, elle est au cœur d’« un degré plus haut ».

    La mise en lumière des quarante-deux sculptures joue un rôle primordial dans cette installation suspendue, faite de mouvements et de superpositions.

    Par le truchement de la lumière, l’artiste transforme son installation, la sublime. Tout en faisant disparaître l’objet, le support, le matériau, la lumière révèle l’émergence de formes nouvelles. Dans « un degré plus haut », la lumière fait œuvre. Dominique Lacloche donne à voir un tout, l’œuvre et son ombre.

    L’atmosphère sombre et feutrée de l’église, favorable à l’émergence de clair-obscurs, constitue un cadre idéal à la contemplation et à la rêverie. Installation multimédia et multi-sensorielle, à la fois visuelle et sonore, « un degré plus haut » procède par immersion, et invite le spectateur à une déambulation à travers l’environnement mystérieux, onirique, créé par l’artiste. 

    Dominique Lacloche

    Née à Rome en 1960. Vit et travaille à Paris et à Londres.

    En 1983 Dominique Lacloche entre à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, et mène, en 1985, son premier projet artistique, en Afghanistan. Véritable voyage initiatique dans un pays meurtri par la guerre d’occupation mené par l’URSS, elle peint pendant plusieurs mois les combattants et les réfugiés afghans. Cette expérience – première d’une longue série qui la mènera dans plusieurs pays d’Asie et d’Afrique, à la rencontre des populations – donne lieu à sa première exposition d’envergure, à son retour à Londres.

    Depuis le début des années 2000, Dominique Lacloche travaille la photographie argentique sur des feuilles géantes de Gunnera Manicata. Elle développe ses photos sur ces végétaux, les faisant ainsi passer d’élément naturel vivant à support de l’expression artistique, les sublimant jusqu’à les élever au statut d’œuvre d’art, par un processus de détournement.

    La lumière constitue le point de rencontre entre ce végétal rare et singulier, et la technique photographique, entre la photosynthèse et la révélation argentique, se jouant des aléas du vivant organique et du vivant chimique. L’accomplissement de l’image traverse des phases anarchiques, délicates, imprévisibles, et le geste artistique se plie à l’exigence qu’imposent les « lois naturelles ». Le monumental côtoie la fragilité du vivant.

    Le plus souvent, les feuilles révèlent des paysages se reflétant dans l’eau. Le spectateur les décèle et traverse l’espace pour y être confronté. Ces paysages féériques se mêlent au support, dans une véritable mise en abyme du concept même de nature, créant, pour celui qui regarde, un effet visuel des plus troublants. Tour à tour support ou objet d’installation, les feuilles de Gunnera, donnent lieu à de multiples expérimentations sur l’image et son mode de représentation, et l’emportent, le plus souvent, sur le sujet image.

    L’opération visuelle, qui se joue, tant dans la tension technique de l’artiste que dans l’imprévisible et intransigeante technicité de la nature qui s’impose, est une opération qui tient de l’indicible recommencement des choses, chaque « image feuille » en entrainant une suivante, puis une suivante, comme le déploiement de multiples façons de montrer le monde dans son origine créatrice.

    Point de départ d’un travail de plusieurs années, les « images feuilles » marquent un tournant dans la pratique artistique de Dominique Lacloche, et offrent à son travail une nouvelle dimension. À l’origine de nombreuses expérimentations, elles donnent lieu à de multiples déclinaisons. Les sculptures de feuilles, en résine, présentées dans l’installation « un degré plus haut » en sont une illustration.

    Dans le cadre de ses installations in situ, l’artiste explore depuis quelques années de nouvelles disciplines, telles que la vidéo, ou encore le son. Passionnée par les technologies numériques qui lui offrent la possibilité de se jouer de l’espace environnant ses créations, elle n’hésite pas à y avoir recours dans ses installations, produisant ainsi de véritables zones tridimensionnelles, comme en témoigne l’installation présentée à l’église Saint-Paul-Saint-Louis.

    Dominique Lacloche – Un degré plus haut

    Le samedi 5 octobre 2013, de 20h à 4h du matin

    Entrée libre

    Église Saint-Paul-Saint-Louis
    101, rue Saint Antoine
    75004 Paris
    M° Saint Paul

    www.quefaire.paris.fr

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