Drawing Lab présente l’exposition “Le temps profond des rivières” de Suzanne Husky
Suzanne Husky, co-pensé avec Baptiste Morizot, L’effet castor, 2023, aquarelle sur papier © Courtoisie de la Galerie Alain Gutharc
Jusqu’au 7 avril, Drawing Lab accueille l’exposition “Le temps profond des rivières” de Suzanne Husky, lauréate 2023 du Prix Drawing Now. Entre art et politique, Suzanne transmets des messages liés au vivant, à l’éco-féminisme, et l’enchantement mythique de la nature.
Depuis sa création le Prix Drawing Now, remis à l’occasion de chaque édition de la foire au Carreau du Temple, a pour but de mettre en lumière le travail d’un artiste en milieu de carrière ayant une pratique du dessin singulière et affirmée. Cette distinction souligne également le travail de la galerie qui accompagne l’artiste. Ici, il s’agit de la galerie Alain Gutharc, située à Paris, avec laquelle Suzanne Husky travaille depuis 2017.
À propos de l’exposition
Dans la grande tradition de l’illustration naturaliste, Suzanne Husky nous invite à reconsidérer le temps profond des rivières à travers l’Histoire géopolitique des alliances entre humains et castors. Une aventure épique, pensée avec la collaboration du philosophe chercheur Baptiste Morizot, qui fourmille de savoureuses saynètes, et nous réancre dans un monde plus vaste et plus merveilleux que celui de l’histoire des hommes : la grande histoire du vivant.
Car durant 8 millions d’années, dans toutes les rivières de l’hémisphère nord, il y avait des castors. Considéré comme le plus grand transformateur de son environnement après l’homme, c’est longtemps lui qui amena la vie. Il produisit des paysages aquatiques, des zones humides foisonnantes de biodiversité. Il fut vénéré, parfois déifié, pour cela et on retrouve la trace de sa présence dans de nombreux toponymes et hydronymes de France. Mais, progressivement, la géographie humaine prit la place de la géographie des castors, entraînant sa quasi-disparition de nos rivières, de nos cultures et de nos imaginaires, et, avec elle, l’effondrement de tout un écosystème. Aujourd’hui, la réintroduction du castor est pourtant prônée par le GIEC comme l’une des premières solutions fondées sur la nature pour réparer nos milieux à l’agonie et faire face au changement climatique.
En puisant dans le grand univers des images, des innovations graphiques et épistémologiques qui jalonnent l’histoire du dessin, des récits illustrés, aux planches naturalistes, en passant par les allégories mythologiques, ou encore le graphisme militant, Suzanne Husky reconsidère les composantes complexes du cycle de l’eau. Elle perpétue l’histoire de la mise en scène esthétique du savoir scientifique en restaurant le castor à sa juste place pour faire renaître le visage oublié des rivières en bonne santé, des mille et une espèces en déclin qui peuplent d’ordinaire son écosystème, et raviver notre lien originel à la zone humide. Ses dessins sont un hommage à l’animal providentiel comme à ses défenseurs. Ils prônent une nouvelle alliance avec le vivant et donnent espoir et envie de se liguer pour rendre le monde à sa beauté.
Lauranne Germond – Commissaire de l’exposition

Suzanne Husky, Quels géo-ingénieurs voulons-nous ?, 2022, aquarelle © Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Alain Gutharc
À propos de Suzanne Husky
Née en 1975, vit et travaille à San Francisco
Diplômée de l’école des Beaux-Arts de Bordeaux, Suzanne Husky a régulièrement exposé aux Etats-Unis : à l’aéroport international de San Francisco (2017), au De Young Museum (2010), à la Triennale Bay Area Now 5 au YBCA de San Francisco (2008), au World Financial Center de New York ou en- core à Art Basel Los Angeles ainsi qu’au Headland Center for the Arts de Californie. Elle a également exposé à la Villa Médicis, au Domaine de Chamarande (2023), à l’IAC Villeurbanne/Rhône-Alpes, au Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA à Bordeaux (2020), au Museum of Modern Art à Varsovie (2020).
Lauréate du Prix Drawing Now ! (2023) et du premier Prix de la Fondation Choi pour l’art contemporain (2021), elle a participé à la Biennale de Lyon (2022), a reçu une commande de la part de la Maison Ruinart dans le cadre de Frieze LA 2022 exposée pendant la foire, la 16e biennale d’Istanbul (2019), celles de Timișoara et de Bordeaux Evento et a été invitée en résidence par Pollen à Monflanquin ou encore au centre d’art et de design La cuisine à Nègrepelisse.
[Source : communiqué de presse]
Articles liés

« Maldoror » : Julien Gosselin investit la Cour d’Honneur avec une création magistrale
En ouverture du 80° Festival d’Avignon, le metteur en scène et directeur du Théâtre de l’Odéon Julien Gosselin présente dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes une création de plus de cinq heures, brassant le geste poétique audacieux...

Portrait(s), Rendez-vous photographique de Vichy 2026 est à découvrir jusqu’au 4 octobre
Du 19 juin au 4 octobre 2026, Portrait(s) présente et célèbre quatre décennies de création de David LaChapelle avec une exposition monographique rassemblant œuvres emblématiques et inédites à découvrir au Grand Établissement thermal de Vichy. Sur l’esplanade du lac...

“Le Souffle” de Lydie Arickx : une installation monumentale dans la nef de l’église Saint-Eustache à Paris
Le 9 juillet à 20 heures, Lydie Arickx dévoile “Le Souffle”, un corail monumental suspendu à 7 mètres de haut dans la nef de l’église SaintEustache à Paris. Découpée dans l’aluminium avec la finesse d’une dentelle, cette forme arborescente...






