Drawing Now : Comment enseigner le dessin contemporain ?
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Drawing Now : Comment enseigner le dessin contemporain ? Le 30 mars 2014 |
Une table ronde s’est tenue à l’intérieur du carreau du temple autour de la question de l’enseignement du dessin contemporain au sein des écoles d’art. Étaient réunis la jeune artiste Claire Tabouret, diplômée de l’ENSBA et exposée à Drawing Now, Didier Rittener, artiste et enseignant à la HEAD de Genève (Hautes École d’Art et de Design) et Bernard Moninot, artiste et enseignant de dessin à l’ENSBA. Le rôle de modérateur était tenu par Fabien Simode, rédacteur en chef de L‘Oeil.
Le débat a été ouvert sur la question de la rumeur actuelle, qui voudrait que l’enseignement de dessin dans les écoles d’art ait disparu, de ce fait, les étudiants ne sauraient plus dessiner. Fausse rumeur selon tous les participants. Selon eux, la pratique du dessin a tout simplement évolué.
Cette évolution s’est faite sentir vers 1968. À cette époque, l’intitulé même du cours change. De « cours d’anatomie », on passe à « cours de morphologie » pour les cours de modèles vivants. Le dessin, alors obligatoire, l’est aujourd’hui seulement pendant deux ans. Il ne se veut plus forcément académique, les professeurs n’apprennent plus à dessiner comme Ingres, mais à faire preuve de créativité et celle-ci est basée sur des prises de risques. Il faut aller vers l’inconnu et non pas copier les Maîtres. Claire Tabouret nous confie qu’elle « ratait souvent les mains et les pieds » de ses sujets, mais ce n’est pas important selon elle dans le sens où elle créait son propre langage. Il ne faut en aucun cas, selon Bernard Moninot, parler de rupture, mais plutôt d’avancée ou d’évolution. Aujourd’hui, beaucoup d’étudiants exploitent ce médium à travers la vidéo ou des installations et le rôle des enseignants est de les accompagner à cela. Le dessin peut donc prendre bien des formes, comme on l’observe dans ce salon. Il est alors difficile de nos jours de définir ce qu’il est vraiment. La question de savoir si on « apprenait » réellement à dessiner s’est ensuite posée. Pour Didier Rittener il y a des personnes douées de facilités, mais l’apprentissage se fait par entraînement. Pour ce dernier, il « n’est pas une affaire de savoir, mais de désir », cela demande de la persévérance. Lorsqu’elle était étudiante, l’artiste Claire Tabouret effectuait un autoportrait par jour, c’était une façon de garder un lien fort avec le médium. Les participants ont ensuite amené l’idée que le dessin était présent partout, même si il ne faisait pas « œuvre » par lui-même. « Chaque pensée qui se cherche fait appel au dessin » a déclaré Bernard Moninot. C’est-à-dire qu’il est présent dans les études préparatoires de peinture, dans la chorégraphie de ballets, mais aussi dans l’écriture, qui est une extension du dessin. L’enseignant des Beaux-Arts de Paris prend l’exemple de Picasso et de ses carnets de recherches. Un premier croquis d’une femme nue, par association d’idées va l’amener vers celui d’un taureau, puis vers celui d’un compotier… C’est cette pensée qui se déplace traduite par le biais des croquis qui vont créer une toile. Le dessein du dessin est d’évoluer encore et encore, et n’a pour Didier Rittener pas fini sa course, il faut seulement que chaque époque invente ses formes. Art Media Agency |
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