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    Exposition Je t’Âme © – Raphaëlle Ricol – Galerie Patricia Dorfmann

    15 novembre 2016
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    Capture décran 2016-11-15 à 12.10.53 copie

    Je t’Âme ©

    Œuvres de Raphaëlle Ricol

    Du 26 novembre 2016 au 7 janvier 2017

    Vernissage le 26 novembre 2016 à partir de 14H.

    Galerie Patricia Dorfmann
    61, rue de la Verrerie
    75004 Paris
    M° Hôtel de Ville

    www.patriciadorfmann.com

    Capture décran 2016-11-15 à 12.10.53Du 26 novembre 2016 au 7 janvier 2017

    L’œuvre de Raphaëlle Ricol me semble fonctionner comme un “exorcisme par ruse”, ainsi qu’Henri Michaux qualifiait ses poèmes. Le grotesque et l’ob-scène, ce qui se trouve derrière la scène, font saillie au cœur de tableaux aux sujets déroutants : une gueule de serpent jaillit d’un buste humain, un homme est expulsé par une “tête pubienne”, une femme en maillot astique énergiquement le pas de sa porte, en un geste que l’on devine destructeur, pour “faire le vide”, probablement. En d’autres tableaux, des personnages mutants nous tournent le dos, dont les membres assemblés, de provenances multiples, décrivent une identité incertaine, morcelée…

    Ailleurs, leur personnalité se dévoile par touches, au moyen d’attributs ou codes vestimentaires socialement associés à des communautés, des modes de vie, des cultures alternatives (cols blancs, rasta, geek, gay, hip-hop, rap, skateboard et sports de glisse).De façon plus souterraine, Raphaëlle Ricol me semble rejoindre une tradition picturale où l’acte de voir est à la fois le moment d’un drame et d’une reconnaissance de son désir. La tonalité trash, sexuelle ou sanglante de ses tableaux exprime le caractère conflictuel d’échanges relationnels complexes, parfois dévoyés par une peur de l’autre. Deux figures traversent chez elle, de façon récurrente, l’histoire de ce rapport à l’autre : celle du voyeur-témoin, qu’il prenne la forme d’un appareil photo, de paires d’yeux exorbités ou désorbités, d’un secret ou d’un moment d’intimité dévoilée. La seconde figure, comme un pendant à la première, est celle du monstre, ou celui que l’on désigne du doigt. Le témoin, parce qu’il a vu et qu’il sait, peut être considéré comme un monstre intimé de se taire, ou de faire entendre sa voix à travers les ruses multiples de l’expression1.

    Lorsque j’évoque avec Ricol la place qu’elle accorde au regardeur de ses œuvres, elle me dit être particulièrement attirée par les tableaux la tenant à distance. Elle prend pour exemple Le tricheur à l’as de carreau, de Georges de La Tour, où le jeu des regards complices entre les différents protagonistes attablés n’intègre pas celui du spectateur. Elle évoque également La Vierge corrigeant l’Enfant Jésus devant trois témoins : André Breton, Paul Eluard et le peintre. Dans ce célèbre tableau réalisé en 1926 par Max Ernst, les trois artistes forment un conciliabule derrière Marie fessant vigoureusement son enfant, manière à la fois cocasse, familière et sensuelle d’évoquer pour l’artiste une religion punitive.
    Voir de ses yeux

    L’œuvre de Raphaëlle Ricol peut aussi s’inscrire dans une tradition moraliste qui convoquerait, entre autres figures tutélaires, celle de Dante, dont elle dit apprécier en particulier La Divine Comédie, et de Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra). Ses tableaux construisent des amorces d’intrigues. Ils livrent des indices, suggèrent des rapports de force et d’influence entre des figures archétypales (celui qui sait, celui qui croit savoir, celui qui agit, celui qui observe, celui qui travaille, celui qui est travaillé, bourreau, victime…). Ses compositions décrivent des négociations et manœuvres entre personnes dont on ne connaît pas la nature des enjeux (tableaux Des vers roses, Témoin, Sans titre – personnage tenant un sac lumineux…). Quelque chose se trame dont la forme, aussi surréaliste puisse-t-elle paraître dans les tableaux, réveille une mémoire commune. C’est là toute la force de la peinture de Ricol : convoquer, sans jamais les nommer ou les illustrer, les ressorts d’inquiétudes et de peurs collectives ; notamment à l’endroit de ce qui se fabrique dans les coulisses du pouvoir (Merchant of Death, Asshole ! ,Le Marteau, Le Moustache Parlant…). Les tableaux de Raphaëlle Ricol sont des révélateurs, des déclencheurs d’émotions autour d’une évidence partagée.

     

    1 Citons pour exemple les écrivains Mikhaïl Boulgakov, (Le Maître et Marguerite), et Jean Genet, (Notre-Dame-des-Fleurs).

     

    Raphaëlle Ricol et Patricia Dorfmann dédient cette exposition à Jean-Michel Marchais.

    Retrouvez tous les vernissages du mois de novembre 2016 à Paris
    – Vernissages – Paris – Novembre 2016

    [Source texte: © communiqué de presse / Visuel: © Affiche officielle]

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