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    Filomena Borecká – Centre culturel thèque

    12 avril 2011
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    Filomena Borecka
    Présentation par  Martin J. Bonhard, directeur du Centre tchèque

    « En exposant Filomena Borecká, le Centre tchèque poursuit donc sa volonté de montrer une image neuve de la République tchèque postcommuniste, loin des stéréotypes de l’ancienne vision des blocs Est-Ouest : celle d’une république jeune, dynamique et moderne. Filomena en est un bon représentant, non seulement par son âge et son horizon international, mais également par le caractère pluridisciplinaire de son œuvre. Elle décrit celle-ci dans les termes suivants : Je viens d’un pays postcommuniste qui souhaitait contrôler les signes, c’est peut-être pour cela aussi que je veux m’éloigner de cette sollicitation déchaînée que nous suggère l’époque actuelle et c’est pourquoi je recherche une expérience de l’intériorité qui peut paradoxalement se partager dans une économie restreinte, celle du dessin exercé avec un crayon qui me permet un trait vibrant comme une chair mentale. »

    Présentation par Francesca Spanò, commissaire d’exposition

    « Toute la recherche artistique de Filomena Borecká est bâtie sur l’importance de ladiversité culturelle et sociale, basée sur l’écoute, le ressenti, l’émotionnel. Son travail se développe et s’enrichit tant dans la forme que dans le contenu, sa création est caractérisée par plusieurs médias souvent reliés entre eux. Dessin, sculpture, installation sonore, performance, sont des moyens d’expression qui se complètent mutuellement. Mais le fil rouge qui connecte son élan créateur est sûrement la présence de la ligne et du dessin. Dans ses dessins on trouve une plasticité monumentale, dans ses sculptures on trouve la légèreté sinueuse de la ligne suspendue dans l’espace, dans ses installations sonores on est complètement transporté par le mouvement le plus simple et le plus fragile de l’Être : le souffle, cette ondulation, cette constance rassurante et stable, qu’est la respiration, la vie.

    Filomena Borecka

    A travers ces contrastes, l’artiste bâtit l’oxymoron de sa propre création, perpétuelle oscillation entre une forme et son contraire. L’oxymoron lui permet d’exprimer ses idées d’une façon inattendue, suscitant ainsi la surprise. A travers ce jeu, l’artiste crée une toute nouvelle réalité poétique en exprimant ce qui est inconcevable. “Oxymoron” nous permet de nous rendre compte de l’absurde. L’union des contraires dans la pièce tridimensionnelle “Mysterium Conjunctionis” tente de saisir et d’arrêter une fois pour toutes le temps, dans un instant éternel. C’est la jonction des principes opposés, du yin et du yang.
    Ses dessins multicolores sont réalisés avec différentes couleurs mais aussi avec un crayon “magique” comme l’appelle l’artiste. Il s’agit d’un crayon qui a plusieurs nuances de couleurs différentes unies dans une seule mine, nommé Koh-i-Noor, du nom de l’usine tchèque qui le fabrique. Filomena se sert de ce crayon et de ces couleurs presque comme d’un drapeau d’identité, un fil d’Ariane, comme si elle voulait toujours garder un contact vif, rassurant bien que symbolique, avec ses origines. Discret et envahissant en même temps, cet instrument magique nous enveloppe et nous accompagne dans un univers unique. Les lignes se détachent de la feuille blanche, se poursuivent sur le mur comme pour y chercher un nouvel espace, une nouvelle dimension. Il s’agit d’une évasion, d’une extension naturelle, qui trouve son équilibre dans la troisième dimension. Comme un fleuve qui, arrivé dans la plaine, sort de son lit régulier et déborde au-delà des limites. Comme un arc-en-ciel tourbillonnant, ses lignes se déplacent dans l’espace jusqu’à prendre forme dans un objet hybride flottant. La ligne suit son parcours, se balade dans le rectangle blanc, se déplace et poursuit son chemin sur la surface rugueuse et rude du mur, puis se détache de toute restriction et flotte dans l’espace comme une ellipse autour d’une planète. Nous sommes fascinés par le mystère que ces lignes colorées nous suggèrent. Elles sont là, avancent doucement, disparaissant et réapparaissant magiquement. Que ses lignes soient dépliées sur une feuille, un mur, ou concentrées dans une forme plastique, elles dégagent une force, une puissance intérieure. L’artiste intervient dans l’espace du Centre tchèque comme un astronaute débarquant sur la lune : suspendue dans un univers intérieur mystérieux et inattendu. »

    Oxymorons

    Du 4 mars au 16 avril 2011

    Du lundi au vendredi de 10h à 12h et du mardi au samedi de 13h à 18h
    Nocturne le mercredi jusqu’à 20h 

    Centre culturel tchèque
    18, rue Bonaparte
    75006 Paris

    paris.czechcentres.cz

    [Visuels : Mysterium Conjunctionis. Dessin au crayon de couleur sur sculpture motorisée, polystyrène enduit et stratifié de papier de soie (70x70x40 cm) (60x40x30 cm). Paris, 2010 // Abri, dessin au crayon de couleur (60 x 50 cm) Prague, 2009]

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