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    Vestige – Gavin Turk – Fondation Francès

    11 décembre 2013
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    Fondation_Frances

    À travers la peinture ou la sculpture, Gavin Turk recycle le travail de ses prédécesseurs, icônes de l’art moderne tels que Jackson Pollock, Andy Warhol ou encore Jasper Johns. Il joue avec l’histoire de l’art, revisite ses codes, questionne le mythe de l’artiste et, plus largement, les modes de vie dans notre société.

    Gavin Turk met l’objet au cœur de sa recherche, qu’il s’agisse d’une œuvre de Pop Art ou d’un sac poubelle. En réalisant des gobelets ou des sacs de couchage en bronze peint, il bouscule les notions de valeur et rend au déchet son rôle de témoin d’une culture, d’une époque, une trace laissée par l’homme.

    L’exposition nous interroge sur la place que nous laissons à ces résidus de l’humanité, qu’ils soient matériels ou humains. Des résidus issus de l’Histoire de l’art ou de nos vies contemporaines, qui se retrouvent recyclés, transformés et réinventés par les artistes contemporains.

    Cette exposition fait aussi référence au documentaire réalisé par l’artiste brésilien Vik Muniz, Waste Land (2011), dont l’action se déroule dans la plus vaste décharge du monde « Jardim Gramacho », en banlieue de Rio de Janeiro. L’artiste fait des « catadores » (trieurs de déchets) les héros de toiles célèbres comme La Mort de Marat de Jacques Louis David (1794), dans des mises en scènes composées à partir d’objets et de matériaux issus de la décharge.

    Le recyclage de ces vestiges de l’humanité apporte de la valeur à ce qui n’en a plus, met en avant des hommes et des objets que l’on ignore et redonne du sens à ce qui est exclu. Ces œuvres contemporaines traitent de l’abandon, celui d’un homme ou d’un objet, de l’abandon de soi.

    Comme à son habitude, un dialogue est proposé avec des œuvres de la collection, tels que : Roger Ballen, Guillaume Bresson, Jake et Dinos Chapman, Subodh Gupta, Sophie Kuijken, Jean Revillard et Florian Süssmayr.

    Gavin Turk

    Enfant terrible de l’art, Gavin Turk a toujours questionné le mythe de l’artiste et sa mégalomanie exacerbée. En 1991, il présente pour la fin de son cursus au Royal College of Art, une pièce intitulée Cave, espace blanc, vide, ne contenant qu’une simple plaque commémorative traditionnelle où il est noté « Gavin Turk worded here 1989-91 » (Gavin Turk a travaillé ici de 1989 à 91). La validation de son diplôme est refusée par le jury. Repéré par le galeriste Charles Saatchi, il a depuis exposé dans d’importants musées et galeries à travers le monde.

    Dans la lignée du ready-made et d’artistes tels que Marcel Duchamp, il va tromper le spectateur et bousculer les codes artistiques en employant le bronze peint, la cire ou des objets du quotidien sur lesquels il vient simplement apposer sa signature pour leur conférer le statut d’œuvre d’art.

    Son travail est parsemé de références à l’histoire de l’art et représente souvent la variante d’une œuvre célèbre. Gavin Turk fait du recyclage un art et met sur un même plan ce qu’ont laissé les grandes icones de l’art et l’ensemble des déchets que l’on abandonne quotidiennement.

    Vestige

    Du 7 février au 17 mai 2014
    Du mercredi au samedi de 11h à 19h (interruption entre 13h et 14h) sauf jours fériés

    Entrée libre

    Fondation Francès 
    27, rue Saint Pierre
    60300 Senlis

    www.fondationfrances.com

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