Lee Bae – Galerie RX
J’ai eu envie de renforcer, de faire ressortir la forme noire, d’accentuer sa densité pour qu’elle donne l’impression d’être encore plus suspendue dans l’espace. Pour cela, il me fallait augmenter les contrastes et donc passer de la couleur crème de la cire à un blanc plus marqué. En même temps, et ce n’est pas paradoxal, je voulais donner plus de légèreté, plus de fluidité à mes formes noires, ce que permet ce blanc, alors que la couleur crème a tendance à plus encadrer, enserrer. Le contraste entre la forme et le fond est dorénavant plus fort. Leur rencontre, leur frontière créent une vibration nouvelle et le reflet du noir sur le blanc donne encore plus de profondeur au noir. Car c’est bien cela qui m’importe dans cette idée de contraste: donner le plus possible de densité au noir, donner un corps au noir puisque mon sujet reste le noir.
« Il faut avoir vu Lee Bae travailler pour comprendre à quel point la profondeur de ses noirs suppose la superposition de plusieurs strates, de plusieurs couches de peinture sur la toile. Car même s’il est obligé, pour des questions techniques (notamment celles qu’imposent l’étalement du médium), d’intervenir rapidement, chaque oeuvre nécessite plusieurs passages, tel un rituel, ainsi qu’un temps de séchage et de métamorphose au cours duquel le noir remonte pour mieux se renforcer. […] Des tableaux de Lee Bae, on connait en effet l’extraordinaire force du noir, qui constitue le centre même de tout son travail. On sait aussi que s’il accorde autant d’importance aux matériaux, c’est certes pour leurs qualités plastiques, leurs références culturelles et leur symbolique, mais également comme des outils, pour leur capacité à favoriser cette quête du noir. On retrouve évidemment cette quête dans ses dessins, mais dans une moindre mesure puisque bien plus que la profondeur du noir, c’est avant tout une forme- tache, signe, trait, point, constellation… qu’importe- qui est ici recherchée. Cette forme initiée, générée par le papier, reprise ensuite à plus grande échelle sur toile mais qui, quels que soient la taille et le support, attire inexorablement le regard, à l’exemple du trou noir avec son attraction gravitationnelle en astrophysique, et devient un concentré de vitalité, un fabuleux réservoir d’énergie. »
Extrait d’entretien et texte : Henri-François Debailleux
Lee Bae – Oeuvres récentes
Du 2 septembre au 8 octobre 2011
Du mardi au samedi de 14h à 19h ou sur rdv
Galerie RX
6, Avenue Delcassé
75008 Paris
M° Miromesnil
[Visuel : Sans titre, 2011 – Médium acrylique et pigments de charbon de bois. 117 x 89 cm – courtesy de l’artiste et Galerie RX, Paris]
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