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    Léocadia – Jean Anouilh – Théâtre 14

    21 octobre 2010
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    leocadia

    Cet homme qu’Après-guerre on qualifiait de « hussard” » – il se situait à droite de l’échiquier politique – a gardé toute sa verve avec ses raccourcis cruels et ses bons mots qui pétillent comme ce “Pommery Brut 1923” auquel les personnages de Léocadia font à plusieurs reprises référence.

    L’œuvre qui se donne aujourd’hui au Théâtre 14 – Jean Marie Serreau date de 1939 et appartient à la catégorie des « pièces roses ». C’est une sorte de conte. Léocadia Gardi, cantatrice roumaine, fut le grand amour d’un jeune homme, le prince Troubiscoï. Cette grande passion ne fut qu’éphémère car Léocadia trouva la mort, étranglée – allusion à la mort d’Isadora Duncan dont l’écharpe s’était prise dans les roues de la voiture d’Ettore Bugatti lors d’une balade sur la Côte d’Azur. Le pauvre prince, marqué par ce décès, n’arrive pas à faire son deuil. Aussi sa tante, la duchesse, tente d’y remédier en reconstituant dans son parc et son château tout ce qui avait présidé à cet amour, lieux, objets ou personnages, tous qualifiés de « souvenirs ».

    Mais le seul, véritablement vivant, est Amanda, une  modiste qu’a dénichée Madame la duchesse. Sa ressemblance avec la défunte est censée rallumer la flamme du prince qui se morfond. Le miracle s’opère, mais pas du tout comme la duchesse l’a imaginé. Geneviève Casile caracole du début jusqu’à la fin avec une verve et un humour que n’aurait pas démentis Anouilh.

    Mais cette comédienne, puisant en elle des ressources cachées, joue en même temps sur le registre poétique et avec cette élégance qui la caractérise ; témoin cette dernière scène où Casile arbore une tenue de chasseresse – bottes noires, redingote écarlate, cravate blanche. Noémie Elbaz, en Amanda, lui répond avec toute sa fraîcheur et  une justesse de ton, si rare chez les jeunes interprètes. Davy Sardou joue sur le même registre, avec une vérité qu’il doit sans doute à sa formation américaine et son passage à l’Actor Studio.  Pierre Dumas et Jean-François Guillet, « souvenirs pétrifiés » ou témoins de ces amours furtives, accentuent la touche sarcastique qu’affectionnait Anouilh. Gérard Colas (baron Hector) procède des mêmes ficelles.

    Le décor de Patricia Rabourdin est évocateur des années 30 avec son camaïeu de gris. Belle mise en scène de Thierry Harcourt qui, en fin de partie, rassemble ses comédiens sur le leitmotiv de toute la pièce : “Les Chemins de l’Amour”, une mélodie signée Francis Poulenc.

    Pierre Bréant

    Léocadia

    Jusqu’au 30 octobre 2010
    Mardi, vendredi, samedi à 20h30
    Mercredi, jeudi à 19h
    Matinée samedi à 16h

    Réservations : 01.45.45.49.77

    Théâtre 14
    20, avenue Marc Sangnier
    75014 Paris
    M° Porte de Vanves

    theatre14.fr

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