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    Les artistes Blade, Thami et Lutes à découvrir dans l’exposition “Point of view” à la Maison Delambre

    7 novembre 2024
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    La galerie Maison Delambre accueille, du 12 décembre au 5 janvier 2025, les artistes Blade, Thami et Lutes dans le cadre de l’exposition “Point of view”.

    “Point of view” réunit trois artistes issus du graffiti et qui, pour le premier, depuis des décennies et pour les seconds, Tahmi et Lutes, depuis des années, produisent en atelier. Par-delà le graffiti et son continuum, c’est aussi et surtout, la poursuite et le prolongement d’une activité et d’un travail qui n’est pas académique, qui ne s’apprend pas, mais se cultive par la pratique avec e souci de conserver l’ingénuité du regard mais aussi l’ingénuité quant à appréhender la peinture qu’elle soit in situ ou plus réflexive dans le cadre de l’atelier.

    Blade et Thami ont en commun de cultiver un univers où l’inconscient, la naïveté et l’imaginaire ont repris leurs droits. D’un côté dans une ode à l’enfance presque acidulée et de l’autre, dans le tumulte trublion de l’adolescence.

    Lutes, lui observe et par le prisme de la rue, peint ce qui s’y passe. Il raconte l’l’histoire des anonymes, de ceux que l’on ne voit plus.  De ceux que l’on n’entend peu ou plus. Par son regard, Lutes leur prête une voix.

    BLADE

    Blade débute en 1972 sur les métros. A cette époque, le graffiti sur métro est balbutiant mais déjà bien vivace avec la présence de tags intérieurs puis extérieurs avant qu’ils ne deviennent de gros tags bâtons en guise de premiers graffitis.  Phase 2, dés 1973, pose les jalons du graffiti contemporain avec les grafffs bâtons, le ‘mechanical style’ et les flops.
    Blade poursuit sa lente ascension avec la production régulière de pièces qui s’étoffent à mesure que le graffiti new-yorkais sur métro se propage sur les diverses lignes de la ville. Son style est déjà reconnaissable avec ses lettres «bubbles» aux formes arrondis qui ne cessent de s’étendre aux grés des années. Du simple micro panel au panel, au “end to end” puis aux “wholes cars” recouvrant toute la surface d’un wagon. Alors que les styles évoluent au profit du style mécanique, Blade reste fidèle, tout comme Lee, à des lettrages lisibles, reconnaissable d’entre tous.
    Il invente sa propre grammaire dans le graffiti en puisant et créant son univers, ses personnages à partir de ses songes et de son inconscient. Là ou d’autres iront puiser dans les dessins animés télévisuels, Blade crée le Joint Man et bien d’autres en livrant son imaginaire et son inconscient.
    Ses lettres Bubble, ses trois dimensions, sa peinture naïve mêlent l’ingénuité à la liberté et  l’insouciance adolescente avec brio. Le graffiti est alors une culture libre et totalement affranchie de toutes conventions et de codes qui finiront bientôt par s’institutionnaliser, s’auto parodier et  scléroser le genre. Proclamé King of graffiti pour sa longévité, la qualité de ses productions et leurs nombres, Blade est l’un des rares pionniers à avoir peint sur plus d’une décennie.

    Aujourd’hui sa peinture naïve est une influence majeure auprès de plusieurs générations de “writers” et d’artistes  d’artistes comme Kaws, Os Gemeos pour n’en citer que quelques uns et de collectionneurs qui redécouvrent la portée de son travail.

    © BLADE

    LUTES

    Lutes, à prononcer Lutèce, est un artiste issu du graffiti, Lutes a beaucoup peint dans la rue et notamment les stores de l’arrondissement sur lesquels il a réalisé de nombreuses fresques thématiques, clin d’œil à ses nombreuses références où s’y télescopent bande-dessinée avec Hergé, Franquin, Sempé, l’école Métal Hurlant (Tardi, Moebius, Bilal, etc.), le cinéma et des clins d’œil aux icônes de son enfance. Il a poursuivi ces peintures sur les métros de la capitale.
    Parallèlement, peintre en atelier, il a créé une passerelle entre sa pratique interlope du graffiti dans la rue et sur métro et une pratique plus académique. Du sens profond de l’observation dans la rue, à peindre in situ, à saisir et croquer rapidement ce qu’il souhaite léguer au passant, Lutes a conservé la spontanéité, l’innocence du regard, une énergie salvatrice et un engagement à saisir la vie du dehors.
    Le graffiti a été pour Lutes une manière profane d’inviter la création dans l’espace publique. De la soumettre au regard de tous, de ramener une forme de poésie dans le décorum urbain.
    De ce cheminement est né cette envie de peindre des scènes du quotidien, portraits d’anonymes, de peindre la ville et la rue.
    Peindre ce qui devient à nos yeux invisible, en révéler le sens perdu. C’est suspendre le temps, immortaliser ce qui n’est déjà plus.
    La ville est un sujet d’exploration intarissable parce qu’elle n’a de cesse de changer, d’évoluer, de se transformer.

    A la culture du graffiti s’adjoint la peinture de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Une partie de la figuration narrative, le vérisme, l’impressionnisme, le fauvisme et le néo-réalisme. Lutes se rapproche du néo-réalisme et du vérisme en ce sens où sa peinture capte l’essence de son époque, du contexte social avec l’obsession de saisir le moment fugace et éphémère. De l’impressionnisme et du fauvisme, il aime cette subversivité et cet engagement de la peinture, contrariée mais aussi stimulée par l’arrivée du cinéma et de la photographie, à emprunter des chemins plus libres et anticonformistes. Un pont et lien qui, pour Lutes, relie le graffiti à ses courants de peinture, totalement engagés à sortir la peinture académique de sa “sacralité”.

    © LUTES

    THAMI

    Thami est un artiste pluridisciplinaire qui convie aussi bien le dessin, et le dessin animé, l’illustration, la sérigraphie ou le riso… Le dessin est moins un sacerdoce qu’il n’est ici jubilatoire et libératoire. Il est salvateur et cathartique. Plutôt que de figer les choses, Thami capte dans son trait le bruit du monde, son tumulte, son explosivité et surtout son chaos dans une myriade de couleurs et de mouvements.

    Rien n’est ici figé. Tout bouge,  et se transforme en lignes de fuite ou machines, animaux, humains mutent et transmutent au gré d’une partition que Thami envoie sans semonce, ni demi-mesure.

    © THAMI

    Vernissage le jeudi 12 décembre 2024 de 18h à 22h30

    [Source : communiqué de presse]

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