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    “Les Ravages de la tranq” : une exposition de Gaël Turine, lauréat du Prix RSF de la Photo Lucas Dolega – SAIF 2024

    23 février 2025
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    Un toxicomane s'est écroulé sur le pas de porte d'une maison privée après s'être injecté une dose de Tranq © Gaël Turine

    Du 20 février au 12 avril, la galerie FAIT & CAUSE présente “Les Ravages de la tranq”, une exposition du photographe Gaël Turine, lauréat du Prix RSF de la Photo Lucas Dolega – SAIF 2024.

    Tout a commencé en 1996 avec la promesse d’une entreprise pharmaceutique : guérir la douleur. Trois décennies et plus de 650 000 morts plus tard, la crise des opioïdes aux États-Unis est loin d’être terminée. Pire, elle s’est aggravée avec la propagation du fentanyl, un produit cinquante fois plus puissant que l’héroïne et cent fois plus fort que la morphine. Utilisé avec parcimonie dans le milieu médical, c’est sous sa forme illégale que le fentanyl inonde les rues du pays, des grandes villes de la côte Est aux provinces plus reculées de Virginie-Occidentale. C’est une drogue de synthèse, c’est-à-dire que les trafiquants n’ont pas besoin de cultiver du pavot ou des feuilles de coca comme pour l’opium ou la cocaïne, et peuvent la fabriquer directement grâce à des produits chimiques relativement faciles à obtenir en grande quantité.

    Célèbre pour avoir vu naître la démocratie américaine et le mythique Rocky Balboa, Philadelphie est également devenu le triste symbole de la crise des opioïdes aux États-Unis. Plus particulièrement le quartier de Kensington, baptisé ainsi d’après cette longue avenue éponyme écrasée par le métro aérien, où les toxicomanes et les sans-abris viennent chercher leurs doses quotidiennes.

    Face à l’accoutumance grandissante des consommateurs à cette drogue, les dealers ont trouvé une parade : mélanger le fentanyl avec de la xylazine, un anesthésiant utilisé par les vétérinaires lors des opérations sur de gros animaux. Ce mélange, plus connu sous le nom de “tranq” ou “drogue du zombie”, permet de décupler et prolonger les effets de l’opioïde. Mais il est réalisé à l’insu des clients qui se retrouvent rapidement accros à ce fentanyl “adultéré”. Et comme la xylazine n’est pas un produit fait pour l’homme, en prendre sous quelque forme que ce soit provoque rapidement des plaies putrides spectaculaires ; une typologie de blessures que les chercheurs du National Institute on Drug Abuse qualifient d’inédite.

    Ces plaies sont une nouvelle complication dans la prise en charge clinique des consommateurs d’opioïdes. Entre 2019 et 2023, le taux de décès impliquant de la “tranq” a augmenté de 276 %. Des chiffres en dessous de la réalité, selon le Center for Disease Control (Centre de contrôle des maladies), mais qui témoignent de l’urgence face à cette crise sanitaire sans précédent dans l’histoire des États-Unis.

    Vincent Jolly
    Grand reporter au Figaro Magazine

    [Source : communiqué de presse]

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