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    Mathieu Pernot et Philippe Artières – L’Asile des photographies – Maison Rouge

    22 janvier 2014
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    Maison Rouge

    Mathieu Pernot et Philippe Artières – L’Asile des photographies

    Du 13 février au 11 mai 2014
    Du mercredi au dimanche de 11h à 19h 
    Nocturne le jeudi jusqu’à 21h 
    Fermeture le 1er mai

    Vernissage mercredi 12 février 2014 de 18h à 21h

    Plein tarif : 8 €
    Tarif réduit : 5,50 € (13-18 ans, étudiants, maison des artistes, carte senior)
    Accès gratuit : pour les moins de 13 ans, les chômeurs, les accompagnateurs de personnes invalides,
    les membres de l’ICOM et les Amis de la maison rouge

    Maison Rouge
    10, boulevard de la Bastille
    75012 paris
    M° Quai de la Rapée ou Bastille

    www.lamaisonrouge.org

    Du 13 février au 11 mai 2014

    « En 2010, nous avons été invités à travailler par Le Point du Jour et la Fondation Bon-Sauveur sur les archives de l’hôpital psychiatrique de Picauville, dans la Manche, à une quarantaine de kilomètres de Cherbourg.

    Cette invitation faisait suite à une demande adressée par la Fondation au Point du Jour : les vieux bâtiments de l’hôpital seraient bientôt détruits ; il fallait, d’une manière différente, conserver la mémoire du lieu. Première originalité du projet, c’est une institution médicale qui avait sollicité une institution culturelle installée sur le même territoire. Nous ne savions pas précisément ce que nous trouverions mais on nous avait indiqué qu’un service audiovisuel animé par un infirmier passionné, Léon Faligot, disposait de films et de photographies nciennes ; parallèlement, nous aurions libre accès aux archives écrites de l’hôpital, et notamment aux dossiers médicaux datant parfois d’avant la Seconde Guerre mondiale. En découvrant les centaines d’images, des années 1930 à nos jours, conservées dans ces nombreux cartons, pochettes, classeurs, nous avons eu immédiatement le sentiment d’être tombés sur un trésor oublié.

    La plupart des images n’étaient pas légendées, on n’en connaissait ni les auteurs, ni les personnes représentées, mais le corpus était formidablement divers et témoignait, outre de la vie d’une institution, de tous les usages du médium : portrait d’identité, photographie d’architecture, imageriemédicale, photographie de vacances, reportage de presse, instantanés domestiques, cartes postales ou images officielles. Très vite, s’est imposée à nous l’idée que ce corpus constituait moins l’histoire en images d’une institution, emblématique de l’évolution de la psychiatrie, qu’une histoire de la photographie vue depuis l’hôpital, lieu de vie à la fois spécifique et banal – une histoire non marginale mais à la marge, une sorte d’asile des photographies. Ainsi, s’établissait une correspondance entre la nature et le sujet de ces images : ici, pas de grands noms, ni le plus souvent d’événements remarquables mais le quotidien d’anonymes ; pas de chefs d’œuvre bien composés mais l’éclat du réel que la photographie enregistre. Si quelques images pouvaient évoquer le San Clemente de Raymond Depardon, les hystériques de Charcot ou encore les « monstres » de Diane Arbus, les instantanés de Picauville – repas, kermesses, vacances – renvoyaient à une forme de normalité, celle de l’iconographie familiale. Ils formaient un contrepoint inédit à la vision dramatisée
    de la « folie », dominante depuis le XIXe siècle. Plutôt que de nous servir de ce corpus pour faire, chacun de notre côté, notre travail habituel d’historien ou d’artiste, nous avons voulu en faire la matière même d’une élaboration commune au cours des trois ans qu’a duré ce projet. L’exposition et le livre qui en résultent sont des montages où notre vision voisine avec celles des bonnes sœurs, des médecins, des patients et de leurs familles qui, comme nous, ont connu Picauville. L’Asile des photographies ne prétend donc pas à l’exactitude, quoiqu’il s’agisse de documents, ni a fortiori à
    l’exhaustivité, bien que fidèle à leur diversité. Il traduit avant tout une expérience, la nôtre, inscrite dans une histoire collective, et comme telle multiple. Nous remercions chaleureusement la Fondation Bon-Sauveur ainsi que les « gens de Picauville », de nous avoir offert cette liberté. »

    Mathieu Pernot et Philippe Artières

    Aux mêmes dates à la Maison Rouge 
    – Berlinde de Bruyckere & Philippe Vandenberg, « Il me faut tout oublier »

    A découvrir sur Artistik Rezo :
    Mathieu Pernot, « La Traversée » au Jeu de Paume
    les expositions les plus attendues en 2014 à Paris
     

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