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    Théâtre du Rond-Point – La Mélancolie des dragons

    29 janvier 2010
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    Comment est né ce projet ?

     

    Philippe Quesne : Je commence souvent l’écriture par le titre. Au départ, à travers le thème de la mélancolie, j’avais envie de parler de la fin d’un monde merveilleux, de notre rapport aux mythes, tout cela en pensant aussi à la dimension iconographique. En Allemagne quand on a présenté D’après nature, un de nos spectacles, on a eu ce retour comme quoi il s’agissait d’un théâtre mélancolique. En réfléchissant sur le projet, j’ai pensé à l’imaginaire de la chevalerie et à la façon dont il est repris dans une certaine imagerie liée au hard-rock. Les hommes qui ont voulu sauver le monde se sont souvent laissé pousser les cheveux… Donc on a voulu jouer sur le décalage, l’impuissance à sauver le monde, mais la liberté de la création artistique. On présente un monde de garçons. Un peu naïf. Il y a une seule femme, Isabelle. Dans les répétitions, on lisait des contes de fées et tout d’un coup est apparu ce personnage féminin séparé des autres. Et puis le hasard d’une tournée en Islande a beaucoup influencé la scénographie. Il faut aussi comprendre La Mélancolie des dragons comme une suite à L’Effet de Serge, notre spectacle précédent, qui se terminait avec la scène des perruques « d’hommes invisibles » dans la lumière rouge.

    Dans ces deux spectacles, vous jouez avec les codes de la représentation. C’est très frappant avec La Mélancolie des dragons où le spectacle semble s’exposer lui-même comme machine à créer de l’illusion…

     

    Ph. Q. : Oui, ça parle aussi de ça. Dans La Mélancolie des dragons, les héros passent leur temps à montrer à Isabelle tout ce qu’ils ont en stock. Les deux spectacles se font écho. Par exemple Isabelle arrive à vélo, tout comme le personnage de L’Effet de Serge. C’est comme ça que très vite l’idée du merveilleux est apparue. On attend beaucoup par exemple d’un décor enneigé. Il y a une mise en scène de l’attente avec cette voiture en panne. Et puis on joue sur le rapport entre la vraie et la fausse nature. L’artifice produit de l’émerveillement, c’est la représentation. En même temps ces formes peuvent leur échapper, comme des mauvaises pensées.
    D’autre part, il n’y a pas vraiment de personnages dans ce spectacle. Aussi pendant les répétitions, on s’est posé pas mal de questions sur la façon dont les comédiens apparaîtraient sur scène. Puis on a joué avec ça. Ils sont d’abord enfermés dans la voiture. Puis les sept perruques suspendues dans la boîte. En fait, il s’agit de plonger les acteurs dans un petit monde, comme des insectes. Puis on joue avec les rapports de déplacements, de position dans l’espace, d’attitudes. C’est un ballet.

    Il y a aussi cette dimension attachante et légèrement dérisoire parce que parodique de l’univers de la chevalerie et qui pourtant n’empêche pas une grande tendresse…

     

    Ph. Q. : Je me suis demandé qui seraient aujourd’hui des chevaliers prêts à combattre un dragon. J’ai voulu détourner le vocabulaire des effets spéciaux tout en pensant au Théâtre de la Cruauté d’Artaud. D’où ces formes gonflables pour tenter d’évoquer la figure de ce qui échappe à l’acteur. C’était aussi une façon de questionner le bestiaire des créatures monstrueuses. En même temps, il y a ces types qui y croient tous ensemble. Ils forment un groupe, une communauté. Paumés dans l’immensité. Ils se mettent d’accord pour trouver beau et poétique des choses simples. Mais je me suis aussi souvenu d’un documentaire sur Arte où l’on voyait les membres du groupe Metallica. Il s’agissait du making of d’un de leurs albums. Mais le reportage finissait par ne plus parler que de leur dépression. On voyait ces gaillards milliardaires complètement paumés en panne d’inspiration.
    En fait, comme il n’y a pas de texte écrit au début des répétitions, le spectacle est très libre. On crée des situations de jeu ; on fait des essais ; ils inventent des dialogues. Les acteurs participent à la réalisation du décor. Au départ ils ne se connaissaient pas tous. Ce sont des amis que j’ai rassemblé un peu comme les Sept Mercenaires pour créer La Démangeaison des ailes, en 2003. Depuis ils forment un groupe et participent depuis six ans, à tous les projets de Vivarium Studio.


    La Mélancolie des dragons

    conception, scénographie et mise en scène : Philippe Quesne

    avec : Isabelle Angotti, Zinn Atmane, Rodolphe Auté et Hermès, Cyril Gomez-Mathieu, Émilien Tessier, Tristan Varlot, Gaëtan Vourc’h

    administration / production : Anaïs Rebelle

    Du 10 au 21 février 2010, 20h30
    dimanche 15h – relâche les lundis et le 14 février

    Durée : 1h15

    plein tarif salle Renaud-Barrault 33 euros
    tarifs réduits : groupe (8 personnes minimum) 20 euros / plus de 60 ans 24 euros
    demandeurs d’emploi 16 euros / moins de 30 ans 14 euros / carte imagine R 10 euros

    réservations au 01 44 95 98 21, au 0 892 701 603 et sur www.theatredurondpoint.fr

    Théâtre du Rond-Point – salle Jean Tardieu (176 places)
    2 bis  avenue Franklin D-Roosevelt
    75008 Paris
    Tél : 44 95 98 21
    Métro Franklin D. Roosevelt (ligne 1 et 9) ou Champs-Élysées Clémenceau (ligne 1 et 13)

    www.theatredurondpoint.fr

    Tournée :
    26 au 30 janvier 2010 Théâtre National de Bretagne – Rennes
    4 et 5 février 2010 TAP – Scène Nationale de Poitiers
    26 et 27 février 2010 PBA + Eden – Charleroi (Belgique)
    9 mars 2010 Kaaitheater – Bruxelles (Belgique)
    11 au 13 mars 2010 Théâtre Royal de Namur (Belgique)
    17 au 19 mars 2010 Maison de la culture de Tournai (Belgique)
    23 mars 2010 Le Vivat – Armentieres
    27 mars 2010 Dieppe Scène Nationale / Festival Visu
    23 avril 2010 Theatre des Salins – Scène Nationale de Martigues

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