Théorème – Galerie Bertrand Grimont
L’exposition proposée à la Galerie Bertrand Grimont ne répond pas à une question clairement formulée dont elle en serait l’illustration. Fonctionnant sur un mode d’affinités électives, le choix des œuvres constitue moins le scénario d’une exposition qu’il évoque une structure moléculaire, à partir de laquelle le réel est mis à l’épreuve du regard, dans une suite d’oeuvres souvent contextualisées dont chaque élément éclaire le suivant. S’il faut trouver un point nodale autour duquel se déploie cette constellation de pratiques singulières, c’est sans doute dans l’intérêt commun des artistes pour la matière (physique ou picturale) et la manière dont ils parviennent à en développer un nouvel usage en élaborant des modalités qui leur sont propres. Détournements, combinaisons inhabituelles, reconstitutions, simulacres sont autant d’approches qui permettent à des matériaux en apparence familiers, d’être reconsidérés dans une forme temporairement cristallisée.
À ce titre, une pièce centrale d’Aurélien Mole, La structure du cristal, pourrait servir de point d’entrée dans l’exposition. En reproduisant sur calque une photographie représentant les vestiges du Crystal Palace construit pour l’exposition universelle de Londres en 1851, l’artiste se joue de l’appropriation des prémisses d’une modernité architecturale fondée sur la transparence, en accrochant, en vis-à-vis, l’image et son revers, comme dans un effet miroir opposant l’image à sa représentation. De la même manière, les Verticales de John Cornu déposées contre le mur de la galerie, évoquent les vestiges de tasseaux carbonisés sans en être réellement, l’artiste ayant pris soin d’en reproduire les effets de manière artisanale, en taillant le bois à l’aide des outils propres à la sculpture. La suite d’éléments, à la fois conçue selon un même principe d’érosion et cependant à chaque fois différente, échappe ainsi à tout phénomène de normalisation. Dans cette reconstitution artificielle du processus naturel de la combustion, se joue une sorte de mise en scène dont on peut en retrouver d’autres formes dans les œuvres de Guillaume Constantin. Avec Everyday Ghost, l’artiste s’attache à révéler le potentiel poétique des éléments du quotidien – en l’occurrence ici, d’une simple rallonge électrique. L’énoncé, reproduit par la torsion du fil électrique, évoque une pratique récurrente de l’art contemporain qui a fait de la réappropriation du néon (principal constituant de la communication commerciale) une catégorie à part entière.
Théorème
Guillaume Constantin, John Cornu, Vincent Dulom,Vincent Mauger, Aurélien Mole,Jean-François Leroy,Paul Raguenes
Du 10 juin au 30 juillet 2010
Informations : 01 42 71 30 87 ou info@bertrandgrimont.com
Galerie Bertrand Grimont
47 rue de Montmorency
75003 Paris
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