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    Tout sur la mythique Cléopâtre à la Pinacothèque de Paris

    29 juin 2014
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    Portrait_de_Cleopatre_VII

    Le mythe Cléopâtre

    Jusqu’au 7 septembre 2014
    Tous les jours de 10h30 à 18h30
    Les mercredis et les vendredis jusqu’à 21h

    Plein tarif : 14€
    Tarif réduit : 12€

    1ère partie : La naissance du mythe
    Pinacothèque
    8, rue Vignon
    75009 Paris
     
    2ème partie : L’essor du mythe
    28, place de la Madeleine
    75008 Paris

    www.pinacotheque.com

    Jusqu’au 7 septembre 2014

    Adulée par son peuple, rejetée par les Romains mais consacrée par Hollywood, Cléopâtre est cette femme unique qui a nourri les fantasmes de tous depuis plus de 10 siècles. L’exposition de la Pinacothèque de Paris retrace les étapes de la construction d’une légende que la reine a incarnée, qui a été mis en scène par la littérature et la peinture classique, jusque sur les planches des théâtres ou les salles de cinéma. Autopsie d’un mythe.

    Elle a séduit des figures majeures du monde romain, César tout d’abord, puis Marc Antoine dans un second temps. L’histoire et les films de Hollywood ont véhiculé l’image d’une reine à la beauté parfaite incarnée par l’incontournable Liz Taylor, mais aucun texte ancien parvenu jusqu’à nous ne la décrit physiquement, ils parlent uniquement de son intelligence. Macédonienne, on peut l’imaginer à la peau claire et même blonde. Mais belle ? Et bien non, Cléopâtre n’était pas belle ! Les bustes et les monnaies la représentant illustrent une femme au physique assez banal, au nez busqué et au cou renflé par un goitre ! Elle fait nettement moins rêver que Liz Taylor dans le film de Cecil B. DeMille ! Ce goitre disgracieux peut s’expliquer comme une conséquence d’une maladie génétique, certainement due à la trop grande consanguinité de la famille des Ptolémées, qui se mariaient entre eux. C’était pour eux une manière de préserver la lignée divine et royale, la pureté de la descendance.
    Oublions cette image de beauté fatale, mais elle avait très certainement un charme fou et son atout de séduction était son intelligence. La pertinence de ses conversations a très certainement participé à la séduction des brillants César et Marc Antoine.

    Manipulatrice ou héroïne ?
    À cela, il faudrait ajouter l’art de la mise en scène dont elle a usé et les artifices qu’elle a déployés pour impressionner les deux généraux romains. Lorsque César débarque à Alexandrie en 48 avant J.-C., le pouvoir égyptien est en crise. Le conflit entre Cléopâtre et son frère Ptolémée XIII l’a poussée à quitter la cour quelques mois auparavant.
    César décide d’intervenir dans ce conflit afin de rétablir l’ordre car pour lui, l’enjeu du contrôle de l’Egypte est fondamental, le pays étant un véritable grenier à blé qui peut nourrir Rome. Seul pays dans le bassin méditerranéen à pouvoir rivaliser avec lui, il est donc important de le contrôler.

    Il souhaite rencontrer la reine, mais elle reste bloquée par l’armée de son frère postée à Péluse, endroit fortifié stratégique au Nord-Est du pays, empêchant l’avancée des armées ennemies venant de l’est. Impossible pour la reine de rentrer en force et de passer avec son armée qui compte peu d’hommes. Elle aussi veut à tout prix rencontrer César pour qu’il la soutienne. Alors, elle imagine un plan osé, mais digne des romans d’aventure. De nuit, elle passe le long de la côte égyptienne en bateau, à la barbe des armées de son frère. Lorsqu’ils approchent de la capitale, son homme de confiance la cache au fond de la barque et réussit à la faire pénétrer dans le palais où se trouve César, dissimulée dans un tapis. Parée telle une vestale, elle apparaît devant lui, tout étonné qu’il devait être devant l’audace, le charme et l’inventivité de cette reine.

    Quelques années plus tard, elle orchestre encore plus sa rencontre avec Marc Antoine. Plutarque décrit cet épisode : elle arrive « dans un navire dont la poupe était d’or, les voiles de pourpre, les avirons d’argent, et le mouvement des rames cadencé au son des flûtes, qui se mariait à celui des lyres et des chalumeaux. Elle-même, magnifiquement parée, et telle qu’on peint la déesse Vénus, était couchée sous un pavillon brodé en or : de jeunes enfants, habillés comme les peintres peignent les Amours, étaient à ses côtés avec des éventails pour la rafraîchir : ses femmes, toutes parfaitement belles, vêtues en Néréides et en Grâces, étaient les unes au gouvernail, les autres aux cordages. Les deux rives du fleuve étaient embaumées de l’odeur des parfums qu’on brûlait dans le vaisseau, et couvertes d’une foule immense qui accompagnait Cléopâtre; et l’on accourait de toute la ville pour jouir d’un spectacle si extraordinaire. » Le souvenir de cette fête reste dans la mémoire des historiens antiques comme la plus fastueuse et la plus brillante. Comment ne pas être transporté ?

    La chute d’un rêve
    Mais elle n’a pu accéder au cœur d’Octavien (le futur Auguste) qui détruira les rêves de Cléopâtre, construire un empire unique gouverné par les Ptolémées, le rêve d’Alexandre. Alors, c’est l’histoire du suicide de la reine mordu par un aspic – là encore, plusieurs versions de sa mort circulent, mais c’est cette version que les peintres du XVIe et XVIIe auront retenue – et la propagande des historiens romains qui, à l’image de l’ode que Horace écrit en 31 avant notre ère suite à la victoire d’Actium et la mort de Cléopâtre, la présentant comme une menace pour les Romains, comme l’incarnation de la luxure et la débauche de l’Orient. Ce que montre l’exposition au fil des siècles, c’est qu’elle a toujours fasciné – à travers la littérature, la peinture, les costumes d’opéra et de film… –, et qu’il est encore difficile de faire la part entre le mythe et la réalité archéologique.

    Stéphanie Pioda

    [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=F2hg0QAcWuI[/embedyt]

    [Photo : Portrait de Cléopâtre VII, milieu du Ier siècle av. J.-C., Égypte (?), marbre pentélique; 21,4 x 14,5 x 17,1 cm. Musée des Antiquités, Turin © Ernani Orcorte – Torino]

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