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    Trois soeurs – Théâtre de l’Opprimé

    8 mars 2010
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    A 27 ans, j’ai joué Verchinine sous la direction d’Yves Kerboul à l’Atelier Ecole Charles Dullin et je n’ai rien compris. Yves nous a quitté en juin, j’ai fait retravailler ce texte en stage cet été au cours des 9ème rencontres théâtrales de Corse et le choc profond que cela a provoqué en moi me guide vers cette partition, une fois encore de manière inéductable. Sait-on pourquoi on fait du théâtre ? Je l’ignore mais ce que je sais, c’est que le compagnonnage d’Anton Tchekhov est une réponse en soi.

    Ecrite en 1900, Trois soeurs ont traversé le siècle et nous questionnent plus que jamais sur le pourquoi de l’existence . « Si on pouvait savoir ! Si on pouvait savoir ! »

    C’est un opéra. Rien ne manque, tout est en place, la partition parfaite.
    Et comme à l’opéra, on doit entendre avant tout la musique. Pas de parti pris novateur, une juste volonté de faire entendre le texte, les silences, le vide.
    La musique de Tchekhov n’est pas mièvre. Elle est violente, rugueuse, drôle, subtile et âpre. La musique de Tchekhov, c’est la vie qui s’écoule, les rêves qui s’étiolent, les rires qui se figent, le temps qui dévore, la mort qu’on attend. Et pareillement à Platonov, cela doit être drôle, risible et triste à en crever.

    Il y a la vie qu’on rêve, il y a celle que l’on vit. Trois soeurs, Olga, Irina, et Macha, moscovites exilées en province, attendent le jour prochain de leur retour en ville. Depuis la mort de leur père, elles vivent là, en suspens, échouées au milieu de l’immense steppe russe, combattant l’ennui, la médiocrité et la petitesse de la vie provinciale grâce à cet unique rêve : revenir à Moscou – retrouver le bonheur de l’enfance. Mais que faire contre le travail d’érosion des tracas quotidiens ? Que peut-on opposer aux petites mesquineries sûres d’elles-mêmes, aux détresses de l’âme, à l’usure du temps qui passe ? Comment vivre en dépit des espoirs qui un à un s’effritent ? Comment, lorsque tout s’écroule après des années d’une résignation qui n’ose même pas dire son nom, ne pas se mettre à hurler comme Olga : « Pourquoi nous souffrons ? »

    L’heure qui passe et le temps qui se dégrade, voilà ce qui caractérise l’action des Trois Soeurs où le banal et l’inessentiel déterminent les paroles, les faits et les gestes des personnages, dont chacun, à des degrés divers, est placé face à face avec la petitesse sordide de la vie de tous les jours. Trois Soeurs tracent non seulement le portrait de la société russe du XIXe siècle, mais aussi celui de l’humanité éternelle, contrainte à la recherche éperdue du sens de la vie.

    Tchekhov nous donne à entendre et à voir le miroir à peine déformé de nos existences.
    Le tragique perce sous le quotidien.
    Du rire aux larmes, de la fête au drame et pour finir l’oubli.
    La pièce se déroule sur cinq ans. Le temps du rêve, des illusions, du bonheur fugace et de l’enlisement.


    Trois soeurs

    Anton Tchekhov

    Mise en scène : Serge Lipszyc
    Texte : Valérie durin et Serge Lipszyc
    Scénographie : Sandrine Lamblin
    Lumières : Jean-Louis Martineau

    Distribution
    ANDREÏ Sergueïevitch Prozorov : Stéphane Gallet
    Natalia Ivanovna (NATACHA) : Juliane Corre
    sa fiancée puis sa femme

    OLGA: Catherine Ferri
    MACHA : Valérie Durin
    IRINA : Elsa Rosenknop,
    Ses soeurs,

    Fiodor Ilitch KOULYGUINE : Gérard Chabanier
    professeur au lycée et époux de Macha
    Aleksandr Ignatievitch VERCHININE : Serge Lipszyc
    lieutenant-colonel, nouveau commandant de batterie
    Baron Nikolaï Lvovitch TOUZENBACH : Julien Leonelli
    lieutenant
    Vassili Vassilievitch SOLIONY : Sylvain Méallet
    capitaine d’état-major
    Ivan Romanovitch TCHEBOUTYKINE : Patrick Palmero
    médecin militaire
    Alekseï Petrovitch FEDOTIK : Pierre Ficheux
    lieutenant
    FERAPONTE : Marc Ségala
    employé du conseil municipal
    ANFISSA : Michèle Gaulupeau
    nourrice

    Du 10 au 21 mars 2010
    Du mercredi au samedi à 20h30, dimanche à 17 H , relâche lundi et mardi
    Intégrale : tous les samedis à 16 H
    16 H Un Platonov – 18 H 30 Intermède croustillant – 20 H Trois soeurs
    Informations : 01 43 40 44 44
    Tarif plein 16 euros, tarif réduit 12 euros, groupe 10 euros

    Théâtre de l’opprimé
    78 rue du charolais
    75012 Paris

    www.theatredelopprime.fr

     

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