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Abdallah Slaiman : “Avec HIYA nous souhaitons redonner une place essentielle aux artistes”

Abdallah Slaiman, fondateur © Aude Boissaye / Studio Cui Cui

La galerie en ligne HIYA est devenue une référence dans la culture urbaine. Abdallah Slaiman, son co-fondateur, partage sa vision du marché de l’art digital et explique comment cette jeune entreprise va plus loin pour faire vivre sa communauté par l’accompagnement des artistes et en créant des événements originaux. 

Abdallah, pourrais-tu nous dire quelques mots sur toi et ton parcours ?

J’ai grandi à cheval entre la Corse, l’Arabie Saoudite et le Koweït, avant de m’installer en France pour suivre des études de droit à La Sorbonne.
Résolument cosmopolite, d’une grande sensibilité aux enjeux culturels et sociaux de notre époque, je cherche à propager une vision du monde alternative à l’accélération et la dispersion qu’impriment les technologies à notre quotidien.

Tu es cofondateur de HIYA, une galerie d’art urbain en ligne, comment est née l’idée ? 

Avec HIYA, nous souhaitons redonner une place essentielle aux artistes, leur donner la parole et créer des outils pour leur permettre de générer de nouvelles sources de revenus. C’est pour cette raison que HIYA n’est pas simplement une galerie, mais un nouveau média sur les cultures urbaines, un producteur d’événements et aussi une galerie d’art urbain contemporain en ligne.

Sur la galerie il existe une réelle opportunité en termes de marché bien entendu. Le marché de l’art représente plus de 50 milliards d’euros dans le monde avec une part en ligne qui ne cesse de croître pour représenter aujourd’hui environ 10% du marché de l’art. Grâce à des artistes comme Banksy, Kaws, JR, JonOne, André et d’autres, ainsi qu’à l’apparition d’une nouvelle génération de collectionneurs “millenials”, le street art est devenu très attractif. À la fois il est porteur de valeurs, générateurs de sens, mais tout en restant relativement accessible.

D.R.

Pourquoi l’art urbain ? 

“Les grands artistes ne sont pas les transcripteurs du monde, ils en sont les rivaux”, nous disait Malraux. Les artistes urbains encore plus. Par leurs démarches et créations, souvent ils nous interrogent sur notre monde et nous permettent de nous questionner. Aussi il suffit de se balader dans les rues pour pouvoir admirer leurs œuvres qui sont par conséquent accessibles à tous, c’est cette générosité qui est fascinante.

Combien êtes-vous dans l’équipe de HIYA ? Comment êtes-vous organisés ?

Nous sommes deux fondateurs, avec une équipe de 6 personnes. Nous développons différents projets : notre média print et digital, les événements que nous produisons et une plateforme de booking d’artistes, et enfin notre galerie en ligne. Nous sommes accompagnés également par un Comité stratégique qui nous conseille et avec lequel nous définissons la stratégie à 3-5 ans de notre entreprise avec pour ambition de devenir un groupe média intégré de référence sur les cultures urbaines.

Votre communauté artistique est grandissante. Combien d’artistes rassemble HIYA ?

Nous collaborons avec les artistes sur différents projets, aujourd’hui plus d’une centaine ont participé avec nous à nos différentes initiatives.

D.R.

Tu es en charge des relations avec les artistes. Comment sont-ils choisis ? 

Par leur talent évidemment. Les artistes historiques avec lesquels nous construisons notre projet me conseillent également dans les choix.

Vos activités vont au-delà de la vente d’œuvres d’art en ligne, quelles sont-elles ?

Nous organisons des événements pour rassembler la communauté, des expositions notamment très vivantes dans lesquelles nous pouvons admirer les œuvres d’art, mais également assister à des showcases en live ou des spectacles de danse. Aussi nous produisons le plus grand festival de cultures urbaines “RÉVOLUTION” qui ne pourra malheureusement pas avoir lieu cet été comme initialement prévu du fait de la crise sanitaire.

D.R.

Comment vous différenciez-vous d’autres galeries d’art urbain en ligne ?

Nous avons un ADN de startup, nous avons grandi au sein de l’incubateur de la région Corse Inizià et de l’accélérateur du Groupe HAVAS à Station F, et dans cet esprit nous essayons d’être à la croisée entre une galerie avec une véritable sélection, mais aussi une façon de travailler très agile pour exploiter l’énorme potentiel d’internet et permettre à de nouveaux collectionneurs de découvrir ces artistes talentueux grâce à du marketing digital.

Quel est le prix moyen des œuvres d’art achetées en ligne ?

 50% des œuvres achetées en lignes sont à 1000 euros en moyenne.

Découvrez et suivez HIYA sur leur site et leur galerie en ligne.

Propos recueillis par Eleftheria Kasoura

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