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Comment notre cerveau réagit-il à l’art ?

Baran Cengiz 20 juillet 2020
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© David Matos

La neuroesthétique est un domaine d’étude scientifique encore méconnu, qui étudie les effets sur le cerveau d’une œuvre d’art ou de l’engagement dans un processus créatif. L’expérience de la beauté esthétique peut-elle être quantifiée et objectivée ?

Si la beauté ne relève pas de la science, son impact sur le cerveau est scientifiquement quantifiable. Ainsi, la question n’est pas de savoir si une œuvre d’art est belle ou non, la question est de savoir ce qu’il se passe dans le cerveau lorsqu’il est confronté à ce qu’il considère comme beau.

Comment alors notre cerveau réagit-il à l’art ? Afin de répondre à cette question, les scientifiques utilisent des IRM, des EEG et d’autres appareils afin d’analyser les effets de la création et de la contemplation de l’art. Ils peuvent surveiller et enquêter sur le plaisir esthétique des individus. Lorsque les sujets regardent ou créent de l’art, des zones cérébrales spécifiques sont activées et ces mêmes zones changent lors de la visualisation de différentes œuvres d’art. Par exemple, lors de la visualisation d’une des peintures de Van Gogh, le cortex visuel est activé en raison de son style unique qui évoque un sens du mouvement. Le lobule fusiforme, qui est lié à la reconnaissance faciale, est activé quand on observe les portraits, alors que les peintures de paysage activent le gyrus parahippocampique, qui est associé à la reconnaissance des scènes et des lieux.

© Van Gogh

Cependant, il y a une partie du cerveau qui est toujours activée lorsqu’un individu expériemente la beauté : c’est le système de récompense. C’est de là que vient le plaisir des gens lorsqu’ils regardent de beaux objets. Tout type d’expérience artistique, de visualisation ou de création, quelle que soit la forme de l’œuvre, augmente l’activité dans le circuit de récompense du cerveau.
Les scientifiques ont également découvert que le cerveau n’active pas de zone spécifique liée à l’art, il coordonne davantage différentes régions d’une manière très flexible et organisée pour comprendre les œuvres d’art. Ce travail de compréhension crée de nouvelles voies neuronales dans le cerveau qui vit cette expérience comme un puzzle : les stimuli visuels pénètrent et activent le centre du plaisir émotionnel et d’autres parties se coordonnent pour comprendre la raison de ces stimuli.

Que pouvons-nous faire avec ces informations ? Comment pouvons-nous les utiliser ? Tout d’abord, nous devons accepter le fait qu’il n’y a pas d’expérience objective de la beauté et que chaque cerveau est créatif à sa manière. Selon l’expérience personnelle, nous formons tous des voies et circuits neuronaux différents dans nos cerveaux, ce qui crée la neurodiversité. Ces recherches nous permettent d’utiliser l’art comme une forme de thérapie, ce que nous appelons l’art-thérapie. Celle-ci utilise les techniques créatives pour aider les gens à s’exprimer et ensuite à examiner les nuances émotionnelles et mentales. Elle peut être une alternative ou un complément à de nombreux troubles mentaux, par exemple pour gérer les dépendances, soulager le stress, améliorer les symptômes d’anxiété et de dépression… L’expérience artistique active en effet les zones associées à l’émotion, à la conscience de soi, à l’identité et à l’imagination. Ces zones sont les mêmes que celles qui libèrent les hormones du bonheur, telles que la sérotonine, la dopamine et l’ocytocine. Cette activation n’est pas réservée qu’aux artistes confirmés : elle se déclenche pour toutes les pratiques artistiques.

D.R.

En résumé, l’art et l’art thérapie ont de nombreux avantages :

  • Une activité cérébrale accrue signifie une augmentation du flux sanguin dans le cerveau. Tout en utilisant simultanément différentes parties du cerveau, le débit d’oxygène augmente par l’augmentation globale du débit sanguin ; cela engendre une concentration accrue, moins de maux de tête et une meilleure mémoire.
  • Les personnes qui participent à une activité artistique sont plus résistantes et ont un contrôle émotionnel plus important, car comme nous l’avons mentionné précédemment, l’activité artistique active la partie du cerveau qui est associée à l’identité et à la conscience de soi.
  • L’expérience artistique améliore l’humeur en activant le circuit de récompense et en le laissant libérer des hormones heureuses.
  • Lorsqu’un individu est engagé dans une activité artistique, il y a une diminution significative des niveaux de cortisol qui est une hormone associée au stress.
  • Étant donné que l’art active la connexion entre différentes parties du cerveau, il contribue à améliorer les principaux symptômes de l’autisme en favorisant la régulation sensorielle, en soutenant le développement des fonctions motrices et en facilitant la communication.

La prochaine fois que vous visiterez une exposition, gardez à l’esprit que vous le faites aussi pour prendre soin de vous.

Baran Cengiz

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