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    De Rodin à Giacometti, la sculpture moderne

    19 février 2010
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    rodin_a_giacometti

    Jusqu’au 7 mars 2010Staatliche Kunsthalle Karlsruhe

    © Alberto Giacometti, L’objet invisible, 1934-1935, Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul. Succession Giacometti/ VG Bild-Kunst, Bonn 2009

    L’exposition de la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe propose un panorama de la sculpture de la première moitié du XXème siècle à travers plus de cent œuvres. Elle vient en quelque sorte complèter l’exposition De Houdon à Rodin qui avait eu lieu précèdement dans le même musée mais qui s’intéressait spécifiquement à la sculpture française du XIXème siècle.

    L’exposition s’ouvre avec une salle présentant les œuvres de plusieurs personnalités de la modernité sculpturale parmi lesquelles Rodin, Maillol, Lehmbruck, Boccioni, ou encore Schwitters, permettant d’illustrer la diversité des productions et des préoccupations des artistes. Cette exposition colossale souligne les questions essentielles qui ont animé la production sculpturale du début du XXème siècle ; on retrouve notamment la question du retour aux sources avec l’idée de puiser dans d’autres cultures non-européennes des sources d’inspirations esthétiques ou existentielles, la géométrisation des formes, le désir des artistes de renouer avec des matériaux utilitaires tels que le bois ou de se concentrer sur le mouvement.

     

    Tout au long de cette exposition, le visiteur déambule parmi les chefs d’œuvres des principaux sculpteurs du début du XXème siècle, une soixantaine en tout, dont on peut citer le Baiser et la Muse endormie II de Brancusi, Jeannette IV de Matisse, Tête de femme de Picasso ou encore la Roue de bicyclette de Duchamp, …

     

    Cette magnifique exposition s’achève par l’idée du dessin dans l’espace avec les œuvres de Calder. A la fin des années 1920 toute une réflexion est menée sur l’idée du dessin à travers l’utilisation de matériaux métalliques. Enfin dans la dernière salle, on trouve la dernière sculpture surréaliste de Giacometti qui clos cette exposition comme il se doit.

     

    Un éclairage intéressant

     

    Sur le parcours de l’exposition figure une salle de documentation qui présente des ouvrages, des manifestes, des catalogues d’expositions de l’époque ainsi que des photographies sur lesquelles figurent les artistes et leurs œuvres. Elle permet donc au visiteur de recontextualiser les artistes et les œuvres dans leur époque en soulignant leurs partis-pris, leurs préoccupations, les succès rencontrés ou non. Cette salle à travers ses photographies offre également l’opportunité au visiteur de se faire une idée de ce à quoi ressemblait le Salon d’Automne de 1912.

     

    Une scénographie maladroitearchipenko11

     

    Les œuvres sont réparties dans les salles selon des thématiques bien définies notamment « visages », « nostalgie des origines », « sculptures gestuelles »… qui servent de fils conducteurs à l’exposition. On reprochera cependant à cette exposition sa scénographie dictée par les contraintes spatiales que pose le bâtiment : les salles sont petites, l’acoustique très mauvaise et l’exposition s’étend sur plusieurs niveaux promenant le visiteur dans un méandre de couloirs et d’escaliers donnant ainsi l’impression d’une exposition décousue. De plus, le parti-pris de l’absence de cartel rend la visite un peu fastidieuse pour le visiteur qui doit sans cesse rechercher les notices des œuvres dans la petite brochure d’exposition mise à disposition par le musée.

     

    © Alexander Archipenko,Femme debout se coiffant, 1915-1923, Saarlandmuseum Saarbrücken

     

     

    De Rodin à Giacometti dépasse le cadre d’une exposition chronologique, donnant à voir des œuvres absolument remarquables sous des thèmes et des angles différents permettant ainsi de redécouvrir la richesse et la diversité de la sculpture du début du XXème siècle.

     

     

    Anne-Sophie Miclo

     

     

    De Rodin à Giacometti, la sculpture moderne

     

    Jusqu’au 7 mars 2010

    Du mardi au vendredi de 10h à 17h

    Samedi et dimanche de 10h à 18h

    Tarif normal 8 euros

    Tarif réduit 6 euros

     

    Staatliche Kunsthalle Karlsruhe

    Hans-Thomas-Strasse 2-6

    76133 Karlsruhe

    www.kunsthalle-karlsruhe.de

     

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