0 Shares 819 Views

Edward Hopper, peintre actuel ?

Zoé Lunven 29 avril 2020
819 Vues

Nighthawks © The Art Insitute of Chicago

Distanciation sociale, solitude, villes désertes : Hopper n’aurait-il pas voulu illustrer le confinement avant l’heure ? 

Peintre du XXe siècle, Edward Hopper vogue entre les États-Unis et l’Europe, où il découvre les mouvements picturaux avant-gardistes qui ne l’influenceront pourtant pas dans son œuvre. D’abord dessinateur publicitaire puis illustrateur, il ne peint qu’occasionnellement. Ses premières peintures sont marquées par le réalisme et les éléments géométriques et architecturaux, favorisant lignes et aplats de couleur.

Été © Delaware Art Museum

C’est la crise de 1929 qui laissera des traces dans sa peinture. En effet, à partir des années 30, son œuvre s’assombrit ; solitude et couleurs froides définissent dès lors son style. Il s’applique ainsi à restituer le contexte politique et social de son époque. Atteint de surdité, Hopper peint le silence que l’on peut ressentir à travers la solitude dans ses tableaux.

Manhattan Bridge Loop © The Metropolitan

Ses œuvres, identifiables à des plans cinématographiques ont inspiré plusieurs réalisateurs. Hitchcock reprend ses tableaux dans ses films afin d’exprimer l’angoisse qu’il peint si bien. Le réalisateur Wim Wenders lui aussi s’inspire de l’œuvre de Hopper et donne vie à plusieurs de ses travaux dans un court métrage.

Maison près de la voie ferrée (ayant inspiré Hitchcock pour Psychose) © MoMA

Aujourd’hui, les tableaux d’Edward Hopper sont de plus en plus nombreux à être exposés sur les réseaux sociaux.

Paysages déserts et personnes isolées en sont les principaux sujets. En effet, Hopper s’est beaucoup intéressé à la représentation de la solitude dans son œuvre. Le sentiment de solitude et d’isolement est omniprésent dans ses tableaux vides. En effet, il en dégage l’impression que le temps s’est arrêté dans un climat de fatalité.

Pendant cette période de confinement que nous vivons, nous en serions donc aujourd’hui les personnages. Hopper illustre parfaitement cette impression d’attente, d’espérance que le monde redevienne lui-même. Ses personnages paraissent immobiles et silencieux, coincés et impuissant contre leur solitude ; se battant pour détruire cette séparation avec le monde réel, hors champ.

Nighthawks © The Art Insitute of Chicago

Zoé Lunven

Articles liés

Coco : “J’aime laisser le public dans la recherche et dans l’interrogation”
Agenda
227 vues

Coco : “J’aime laisser le public dans la recherche et dans l’interrogation”

Auparavant cadre dans un milieu éloigné de l’art, Karima Guemar, alias Coco, s’est tournée vers l’art abstrait suite à une remise en question professionnelle. Pouvez-vous vous présenter et exposer votre parcours ? Je suis Karima Guemar, alias Coco, et...

Alice Leloup : “La danse classique est une lutte contre la gravité.”
Spectacle
141 vues

Alice Leloup : “La danse classique est une lutte contre la gravité.”

Entretien avec une danseuse de l’Opéra de Bordeaux. Elle nous partage sa découverte de la danse contemporaine, sa vision de danseuse classique, ainsi que le quotidien confiné d’un danseur. Comment as-tu découvert la danse ? Ça a commencé très tôt,...

Le MaMA Festival & Convention 2020 : l’annonce des premiers artistes !
Agenda
128 vues

Le MaMA Festival & Convention 2020 : l’annonce des premiers artistes !

Comment imaginer, projeter, programmer, construire un festival dans un monde à l’arrêt ? Sacré challenge en ces temps bouleversés… Et pourtant, il n’a jamais été autant question du besoin de se retrouver, de partager, d’échanger sur nos métiers, leurs...