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Interview de Marcus Gon : fondateur du webmagazine Sounds So Beautiful

Pauline Ruban 8 décembre 2022
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Marcus Gon, fondateur et rédacteur en chef de Sound So Beautiful (SSB) © Juliette Valero

Rencontre avec Marcus Gon, fondateur et rédacteur en chef du premier média en ligne sur la culture Neo Soul : Sounds So Beautiful (SSB). Son média met en lumière des artistes émergents, propose des critiques d’albums ou encore des podcasts sur la vie d’artiste. Selon Marcus, le plus important dans la musique est le message véhiculé au travers des textes et l’histoire que veut nous raconter l’artiste.

Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours en quelques mots ?

Je suis Marcus, rédacteur en chef du magazine en ligne Sounds So Beautiful. Cela fera bientôt 9 ans. J’ai commencé quand j’étais étudiant en école de commerce. Je voulais lancer un blog pour faire découvrir au grand public des artistes émergents. J’ai trouvé mon chemin qui a débuté par la rédaction de chroniques sur des sorties d’albums, de singles Je voulais mettre en avant les histoires que les artistes racontent dans leur musique. Au fur et à mesure, mon activité s’est de plus en plus professionnalisée avec la création dun site Internet et la pratique des réseaux sociaux. Avec ces nouveaux moyens mais dans le même esprit, je continue de faire découvrir des artistes émergents en ayant recours à différents formats, que ce soient des articles écrits pour le Web ou des interviews tantôt écrites tantôt enregistrées pour des podcasts, des évènements avec du contenu talkshow, des conférences et surtout des textes rendant compte de concerts parce que, pour moi, le live c’est toujours la meilleure manière de découvrir un artiste.

© Anne Sophie Benoit

Comment s’organise la production du média Sounds So Beautiful ?

Au début, j’ai commencé tout seul pour la rédaction, pendant 6-7 ans. Je fouillais beaucoup sur le Web via les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter puis Instagram qui étaient un bon moyen pour découvrir les artistes, surtout les artistes anglophones, qui faisaient la promotion de leurs albums. Sounds So Beautiful est un média bilingue, que j’ai développé après un séjour à Londres. Il a donc un bon lectorat anglophone et je maintiens le français parce que la plupart des évènements qu’on organise sont dans la région lyonnaise. Par une veille quotidienne, des rencontres et du bouche à oreille, on a commencé à recevoir de plus en plus de communiqués de presse, noué des relations avec des attachés de presse spécialisés dans notre esthétique musicale. SSB étant un média 100% tourné vers le soul, RnB, jazz, hip hop, ces mots-clés nous servent à sélectionner les mails, les communiqués de presse, des chroniques, des interviews… Progressivement, j’ai pu constituer une équipe de rédacteurs bilingues maîtrisant l’écrit en français et en anglais. Ils doivent respecter un format et une identité : par exemple, chaque article doit commencer par une citation ou pour les plus littéraires quelques rimes pour introduire le sujet. L’identité de la rédaction est entretenue par des conférences éditoriales, des séances de brainstorming, des débats sur le choix des sujets. Elle est partagée par les rédacteurs mais aussi par les stagiaires que j’accueille régulièrement.

Comment as-tu eu l’idée de créer Sounds So Beautiful, quelles étaient alors tes intentions ?

À l’école de commerce, avec un autre étudiant lui aussi passionné de musique, on a créé un blog collaboratif (Sim&Cus) et on invitait les gens de la promo à partager leurs sons. Et puis j’ai créé une plateforme, avec un univers musical fait de soul, jazz, hip hop et un contenu écrit pour présenter les artistes, dire l’intérêt d’écouter ce genre de musique, commenter l’expérience d’écoute. Après un stage pour un magazine et la pratique du marketing musical, l’idée m’est venue de créer mon propre magazine, de faire un site Internet, de produire régulièrement du contenu, de couvrir des événements, de collaborer avec d’autres médias, de créer un vrai lectorat, un public fidèle bien sensibilisé au contenu.

Quels sont les sujets que tu privilégies ?

SSB est un média qui se veut 100% culture Neo Soul, qui veut mettre en avant la culture RnB en France, faire le pont entre les deux cultures anglophone et francophone. Quand je dis Neo Soul, je comprends les artistes comme Erykah Badu ou encore D’Angelo qui nous ont laissé un héritage dans les années 90-2000 et dans la nouvelle génération, Jorja Smith ou Cleo Sol ; dans le hip hop, Kendrick Lamar ou des artistes beaucoup plus émergents qui ont un propos tout aussi intéressant. Dans le RnB, on voit beaucoup plus de chanteuses que de chanteurs, des artistes féminines qu’il faut mettre en avant, dont les chansons parlent de la condition des femmes. Les sujets choisis chez SSB font écho à l’actualité, comme le racisme, le sexisme, la santé mentale…

Comment choisis-tu les artistes que tu souhaites mettre en avant ?

Le premier critère est que, esthétiquement, ce qu’apporte l’artiste me plaise et, bien sûr, à mon lectorat, surtout s’il y a une histoire derrière, un joli storytelling. On aime bien regarder par exemple la démarche ou la direction artistique des clips, décortiquer le sens des paroles si elles sont bien écrites. On est très sensibles à l’écriture, au contenu, à la texture et aux choses qui sont racontées. Et puis, la sensibilité fait le reste.

 D’où vient ton intérêt pour la musique Neo Soul ?

C’est venu assez naturellement, je me suis mis à jouer de la batterie quand j’étais adolescent et du rock anglais, je suis allé vers des musiques un peu plus complexes, vers le funk, le jazz et la musique groove. Plus tard, j’ai découvert des artistes hip hop comme Jay-Z qui mêlait du jazz avec quelque chose de très contemporain. J’ai commencé à vraiment beaucoup écouter ce genre d’artistes. La Neo Soul, comme c’est un mélange entre RnB et jazz et dans le jazz mélangé avec plein d’autres genres, il y a toujours de la richesse. La Neo Soul est de plus en plus diffusée grâce à des plateformes comme Colors. 

Quelle place occupe la musique dans ta vie ?

Dans mon entourage il y a beaucoup de musiciens professionnels et je sais les difficultés que peuvent rencontrer des artistes indépendants, intermittents ou non, dont le challenge est de faire entendre leur musique, la diffuser le plus possible. On se rejoint le soir pour aller dans des jam sessions, des Open Mic, pour jouer de la musique en live. Parfois on se retrouve pour écrire des textes ou créer des chansons. Donc la musique prend beaucoup de place dans ma vie. SSB est un média qui est vraiment proche de la communauté des musiciens qui y retrouvent leur propre univers.

Donc à côté de SSB, tu es musicien indépendant ?

Je suis musicien indépendant aussi. Avec les musiciens que j’ai pu rencontrer grâce à SSB, on va développer un EP, un album dont les paroles seront adaptées d’un recueil de poèmes que j’ai publié en hommage à plusieurs artistes dont le bassiste Alexandre Carruana. En vérité, je passe plus de temps à écrire qu’à jouer de la batterie. Mais cette double casquette ajoute à ma crédibilité.

Est-ce que tu pourrais nous parler plus en détail de ton recueil de poèmes ?

Pour l’anniversaire de SSB, je voulais quelque chose qui soit le plus authentique possible par rapport à l’identité du média. Alors, j’ai fait une compilation des thèmes les plus récurrents que je recevais de la part des artistes rencontrés sur SSB, comme le retour en enfance, les valeurs féminines, l’introspection, la culture noire, l’amour de l’autre et l’amour de soi. J’en ai fait plusieurs chapitres et je les ai compilés sous le titre Poetically Yours. Ce sont les poèmes qu’on va adapter avec d’autres musiciens en album et que je propose dans mes ateliers d’écriture.

En quoi consistent tes ateliers d’écriture ?

Ce sont des ateliers de deux heures en anglais ou en français destinés à des publics divers dont des artistes qui recherchent une meilleure maîtrise des textes. L’objectif est de stimuler la créativité surtout pour échapper au syndrome de la page blanche. Il est aussi d’aider à manier la langue anglaise avec plus d’aisance.

Pour aller plus loin dans la découverte du média SSB, rendez-vous sur le site Internet

Propos recueillis par Pauline Ruban

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