Jean-Jacques Lebel – Soulèvements
L’itinéraire « psychique et global » cheminant l’exposition, est avant tout porté par l’esprit de tumulte, se réfèrant ici, aux derniers événements historiques ayant modulé la société : de la Commune à la libération de Paris en passant par Mai 68. Evénements que Lebel approuve en tant qu’acte d’innovation dans l’apport d’une création tapageuse. Soulèvements, c’est bien évidemment aussi un retentissement à la mémoire de Dada. Pour un art décomplexé et sans retenues, dans des associations improbables (tel le collage « mon cœur ne bat que pour Picabia ») qui transpercent les artifices sociaux pour révéler des sens cachés, en résonance à la vérité du monde.
Les objets et œuvres que l’on rencontre ici, ont des abords sensibles et énigmatiques questionnant l’identité originelle de l’homme. Son état de nature réapparaissant dans l’acte créatif, guidé par une pensée sauvage dépouillée de toute idéologie et posant la question de ce qui fait « Rhizome » ? Terme philosophique emprunté à Deleuze, dont l’artiste ne manque pas de faire récolte à travers ses « visagéités » qu’il déniche sous l’écorce picturale d’Arcimboldo.
Ou encore à travers les gravures des douilles de la guerre sculptées par les poilus. Au biais des différentes installations, on reconnaît également des sujets chers à l’artiste comme la folie, notamment avec une œuvre rendant hommage à Antonin Artaud, reconstituant sa chambre en hôpital psychiatrique. Mais aussi des sujets plus érotiques avec les assemblages photographiques autour du nu, révélant l’amour et l’obsession pour la femme.
A travers de nombreux documents, photographies et vidéos, soulèvements présente également le témoignage de l’art collectif, fondé sur des expériences de collaborations entre penseurs. Lebel ayant toujours partagé ses pratiques autour de manifestations activistes. La dernière étant Polyphonix, en novembre dernier au Cenquatre, festival nomade et protéiforme faisant intervenir des artistes internationaux, autour de créations sonores, vidéos et performances. Déjà dans les années 60 il avait été l’initiateur en Europe du Happening, réunissant autour de lui les grands noms de l’époque comme Nam June Paik ou Yoko Ono.
C’est ici une manifestation incontournable et vivement recommandée à tous les investigateurs indécis sur la raison de l’art, que Jean Jacques Lebel a le don d’investir en tant que domaine socioculturel fondateur, uni à la philosophie, la politique, la poésie et l’ethnologie.
Justine Vandendriessche
Jean-Jacques Lebel – Soulèvements
Du 25 Octobre 2009 au 27 Janvier 2010
Du mercredi au dimanche, de 11h à 19h
Nocturne le Jeudi jusqu’à 21h
Tarifs : 7 euros // tarif réduit : 5 euros
Gratuité pour les moins de 13 ans, les demandeurs d’emploi, les accompagnateurs de personnes invalides, les membres de l’ICOM, les amis de la maison rouge
La Maison Rouge
10, bvd de la Bastille
75012 Paris
M° Bastille (ligne 1, 5 et 8)
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