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    Jim Dine avec Göttingen Songs, à la Galerie Daniel Templon

    21 avril 2009
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    gttingen_-_grinstein

     

    Jim Dine est ici chez lui. L’artiste américain expose ses travaux depuis neuf ans à la galerie Daniel Templon. Précurseur du Pop Art, dans la même veine qu’Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou encore Tom Wesselman, Jim Dine présente ses travaux à New York dès 1958.

    Sondeur de l’intime, ses réflexions s’expriment à travers des séries de crânes, d’outils, de robes de chambres ou de cœurs. Cette dernière expression reste la vitrine principale de son œuvre.

     

    Ainsi, Göttingen Songs, cinq cœurs sur autant de toiles (166 x 150 centimètres), incarne cette fois l’enfance et la musique. Les tableaux évoquent notamment l’atelier de peinture de Jim Dine, à Göttingen, cité universitaire allemande où il a suivi ses études. L’artiste exhale alors autant la palette du peintre (Göttingen) que la partition (Songs), en cinq tons, de la mélodie des souvenirs.

     

    Insouciance

    La théorie de ces quelques accords résonne soudain comme un vibrant hymne à la joie. Dès l’entrée de la salle réservée à Göttingen Songs, l’évidence saute aux yeux : Jim Dine, en chef d’orchestre virtuose, pinceau à la main, a composé une totale rêverie teintée de gaieté, d’allégresse, et griffée d’un fond de mélancolie. Le cœur, ciselé légèrement dans chaque tableau, s’inscrit dans un rutilement de couleurs mouchetées et entremêlées. Les fards de ces abstractions composées, figures d’un autoportrait de l’enfance, en dessinent les aspirations et les douceurs plurielles. Elles prennent corps grâce aux reliefs obtenus par une technique mixte alliant l’huile, l’acrylique et le sable.

    Göttingen Songs rivalise d’innocence et d’emphase. Le regard, insatiable, vole d’un éclat de couleur à un autre. L’insouciance surtout, triomphe de ces cœurs, formes élémentaires reproduites allègrement par les enfants. Incitant à la tentation de ne retenir du plus jeune âge que les sentiments les plus agréables. Accompagnés par l’oiseau-lyre de Prévert, au chant duquel « les murs de la classe s’écroulent tranquillement, les vitres redeviennent sable, l’encre redevient eau, les pupitres redeviennent arbres, la craie redevient falaise, le porte-plume redevient oiseau ».

     

    Cyril Masurel

     

    Jusqu’au 13 juin 2009.
    Du lundi au samedi de 10 h à 19 h.
    Fermé le dimanche, jours fériés et mois d’août.
    Information – réservation : 01 42 72 14 10

    Galerie Daniel Templon – 30 rue Beaubourg (au fond de la cours), Paris 3e.
    Salle Göttingen Songs en face, impasse Beaubourg
    Métro Rambuteau (ligne 11).

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