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    Liliane Caumont : “La rencontre de la matière et la passion d’une vie”

    Aurélie Celdran 30 mai 2023
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    Vernissage de l’exposition "Dans le monde du réalisme magique" au musée du cuivre de Legnica en Pologne, 2023

    Arrivée à Madrid en 1970, Liliane Caumont découvre le modelage en 1972 auprès du peintre-sculpteur Julio Antonio Ortiz ; c’est le début d’une passion qui ne l’a jamais quittée depuis lors. Cette année, elle fait partie des invités d’honneur du 40e salon de l’Académie Européenne des Arts France (AEAF). Le vernissage est organisé à la Galerie Nesle de Paris. Nous découvrons une partie de son travail artistique grâce à cet entretien.

    Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

    Depuis 50 ans, je suis sculptrice et passionnée par le travail de la terre et les arts du feu. J’ai commencé par m’initier en Espagne, et en 2000 je suis revenue en France. Ces changements m’ont permis d’enrichir mes travaux artistiques. En effet, je m’inspire de mon expérience, de mon vécu et de mes relations pour la création de mes sculptures.

    Le Retour d’Ulysse : “Mieux vaut se battre et tomber que vivre sans espoir” © Liliane Caumont

    Quelles sont les techniques et matériaux utilisés pour la réalisation de vos sculptures ?

    J’ai commencé par travailler le modelage lorsque je suis arrivée à Madrid. Je possédais deux ateliers. J’ai ouvert le premier atelier en 1976 dans lequel j’ai voulu transmettre l’importance de la création avec mes élèves. Le deuxième a été ouvert en 1987, où j’alternais une production commerciale avec la création des pièces uniques que j’exposais en galerie.

    Je travaille sur les techniques d’émaillage et la connaissance des terres, les cuissons de basse et haute température. J’ai commencé à cette même période à intégrer le fer et la céramique, ce qui me permettait de créer des mises en scène théâtrales. Telles que La Tour de Babel, Le Quartier, Le Mur de communication réalisés en 1991. Avec le temps, afin de pouvoir réaliser d’autres projets, j’ai introduit d’autres matériaux tels que la résine et le bronze. Pour la création de pièces telles que : Roméo et Juliette, 20 ans après et Le retour d’Ulysse.

    Quels sont les pays et les lieux où vous exposez ?

    De nombreuses sculptures ont été exposées dans des expositions et salons à l’échelle nationale et internationale : Art Capital avec les artistes français au Grand Palais de Paris, à Rouen, Bordeaux, Strasbourg ainsi que de nombreuses expositions en Espagne, en Allemagne, en Belgique, en Suisse et à Taïwan. J’ai également exposé dans des musées certaines de mes sculptures : le Musée municipal de Madrid, le musée de la céramique de Valence et le musée de l’art contemporain “Trento y Rovereto” en Italie. Récemment aux Musée de la Cours d’Or à Metz ainsi que le Musée National du cuivre de Legnica en Pologne.

    La mythologie grecque est une source d’inspiration pour vous, pourquoi ?

    Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été fascinée par la mythologie grecque tant par son théâtre que par ses arts. Notre civilisation occidentale a été inspirée de la littérature et de la création de la Grèce Antique. J’ai réinterprété ces mythes par la vision de la femme d’aujourd’hui avec un regard souvent ironique.

    Le Mur de la communication, 1991 © Liliane Caumont

    Le Mur de la communication, réalisé en 1991 évoque le manque d’échange entre les êtres humains, pouvez-vous nous en dire plus sur ce thème ?

    La communication est le leitmotiv de ma vie, apprendre à communiquer c’est apprendre à se connaître, c’est un travail de toute une vie. À l’âge de mes 76 ans, je commence seulement à m’accepter et accepter l’autre tel qu’il est. Le plus grand challenge est peut être la communication entre l’homme et la femme : deux mondes différents qui cherchent cependant à se rencontrer.

    Sculpture de Liliane Caumont

    Que retenez-vous de vos expériences ?

    À l’origine, on hérite des hommes des cavernes, le cycle de l’existence de l’Homme évolue et la vie continue. Je remercie mes prédécesseurs pour ce schéma évolutif de vie. J’éprouve de la gratitude envers ces expériences humaines. D’ailleurs, comme dit Édith Piaf : “Je ne regrette rien”.

    Aujourd’hui, ce qui me semble merveilleux c’est le relationnel que j’entretiens avec les jeunes générations : cela me donne de l’espoir pour l’avenir !

    Plus d’informations sur le compte Instagram et sur le site Internet de Liliane Caumont

    Propos recueillis par Aurélie Celdran

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