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    Samuel, de la série animée au roman graphique : l’enfance dépeinte avec humour et tendresse

    Sirine Khemiri 20 juin 2025
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    "Samuel" © Émilie Tronche / Arte

    “Je m’appelle Samuel, j’ai 10 ans et j’ai un problème. Mais bon, j’ai pas trop envie d’en parler. En fait, mon problème, c’est que Basile a dit à la grande Julie que je l’aimais…” 

    Samuel est une série animée en noir et blanc de 21 épisodes de 5 minutes, diffusée sur Arte. Elle raconte le quotidien et les états d’âme d’un petit garçon de 10 ans, entre le CM2 et la 6e, à travers son journal intime. On y retrouve les thèmes de l’enfance comme : l’amitié, les premiers amours, les premières fêtes… Avec la spontanéité propre aux enfants, Samuel dit les choses comme elles lui viennent — parfois drôles sans le vouloir :

    “J’aime pas les dimanches”,
    “J’ai pas envie d’aller en 6e”,
    “La mamie de Corentin elle me fait peur”.

    Ce qui fait la force de Samuel, c’est cette façon dont chaque événement prend des proportions démesurées. Dans ses yeux, tout devient une tragédie ou une épopée : un anniversaire, une récitation de poésie, et un match d’épervier. Tout est plus intense, plus grave, plus drôle qu’il ne le faudrait — comme souvent quand on a dix ans.

    Au-delà de la spontanéité et de l’humour enfantin, Samuel incarne aussi ce moment fragile où l’enfance bascule doucement vers l’adolescence, avec ses premières interrogations sur soi et le monde :

    “J’aime pas grandir parce que depuis que je suis né je me trouve génial, mais maintenant je sais pas si c’est vrai.”

    Il essaie aussi de devenir “cool”, en élaborant une liste pour y parvenir : porter un collier avec une dent de requin, écrire des choses intelligentes, et avoir des cernes.

    Samuel © Émilie Tronche / Arte

    L’enfance de Samuel est pleinement ancrée dans les années 2000, et ça se ressent dans les moindres détails du quotidien : Samuel maîtrise la tecktonik, Corentin le moonwalk, Julie envoie des messages sur MSN, et Bérénice échange ses feuilles Diddl à la récré et est fan de Tokio Hotel.

    Samuel © Émilie Tronche / Arte

    Samuel © Émilie Tronche / Arte

    Cette ambiance des années 2000 passe aussi par la musique, ou on retrouve dans la bande son : The Winner Takes it All, Un Homme Heureux ou Everybody’s Got to Learn Sometime. Ces choix musicaux ne sont jamais anecdotiques : ils résonnent avec les expériences du personnage, sa manière de percevoir le monde, et les décalages entre ce qu’il vit et ce qu’il ressent. Ces morceaux accompagnent des moments de danse ou de silence. Ils donnent à la série une dimension plus douce et poétique.

    Chaque détail du son est pensé : peu de dialogues superflus, beaucoup de silences, de petits bruits du quotidien. L’ensemble crée une ambiance intime, fidèle à l’univers d’un enfant qui observe et ressent plus qu’il ne parle.

    Samuel, c’est une série intergénérationnelle, qui parle aux enfants d’aujourd’hui comme aux ados d’hier. Elle peut rappeler Les Cahiers d’Esther, Lou !, Max et Lili, Le Journal d’un Dégonflé ou même Georgia Nicholson.

    Le succès de la série (plus de 45 millions de vues sur Arte) a donné naissance au roman graphique Le Journal de Samuel, un livre publié chez Casterman et ARTE Éditions. Il offre une nouvelle manière de découvrir l’univers de ces enfants, avec des illustrations inédites et des passages supplémentaires adaptés pour la BD. 

    La série, quant à elle, est toujours disponible sur arte.tv.

    Les enfants s’y retrouvent. Les adultes s’en souviennent. Et tout le monde retrouve un petit morceau de soi dans Samuel, Julie, Corentin ou Bérénice.

    Le Journal de Samuel © Émilie Tronche / Casterman

    Sirine Khemiri

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