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Louis Comfort Tiffany – Couleurs et Lumière au musée du Luxembourg

5 novembre 2009
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tiffany

 

 

Tiffany & Co

 

Louis Comfort Tiffany grandit à New York où son père, Charles Lewis Tiffany, a fondé quelques années auparavant un «petit magasin de nouveautés» qui devient rapidement la célèbre enseigne de joaillerie Tiffany & Co. C’est dans ce contexte propice à l’éveil artistique que Louis découvre les pierreries, l’argenterie et autres métaux précieux. Il admire dans les ateliers le verre d’Italie, les thèmes japonais déclinés sur les vases… De cette expérience, l’artiste gardera toute sa vie un goût prononcé pour les arts décoratifs.

 

Du verre, pour habiller de lumière

 

L.C.Tiffany se destine au départ à la peinture, mais se tourne finalement vers la décoration d’intérieur : « Je crois que la décoration offre plus de possibilités que la peinture ». C’est à travers le verre que ses créations vont se révéler dans toute leur splendeur. Il utilise le verre coloré sur les meubles sous formes de ronds colorés, ou bien pour les abat-jour de lampes.

 

vitrail-TiffanyLe vitrail est sans nul doute la discipline qui lui permet de dévoiler sa créativité de manière personnelle et qui le consacre définitivement comme maître incontesté du verre. Dans les années 1900, ses vitraux sont appréciés par la haute bourgeoisie new-yorkaise, et les commandes affluent. Tiffany en fournit pour les bâtiments publics, les demeures privées et les églises. Le verre est travaillé selon différentes techniques afin de rendre le plus précisément possible les effets de matière. Ainsi, pour les drapés, la technique dite du «verre drapé» est utilisée : des stries en relief rendent le mouvement des étoffes. Le verre « confetti » (sortes de miettes de verre incorporées dans le verre en fusion ) est utilisé afin de rendre les feuillages. Tiffany expérimente sans cesse de nouvelles techniques dans l’atelier de verre qu’il crée, et s’émerveille des pouvoirs de cette matière qui joue avec la lumière, naturelle ou artificielle. La lumière sur les vitraux à thématique religieuse (Le Bon Pasteur, 1897) ajoute une dimension mystique à la scène. Quant aux sujets profanes, elle leur apporte un éclat et une vivacité incomparables, se fondant dans les creux du verre ou glissant sur les reliefs.

 

La nature, thème central de l’art nouveau

 

lampemieuLouis Comfort Tiffany fait plusieurs voyages en Europe, et rencontre en France Siegfried Bing, marchand d’art et collectionneur, dont la galerie s’appelle « art nouveau ». Cette galerie a donné son nom au mouvement de la fin du XIXème siècle, caractérisé notamment par une forte inspiration de la nature dans les créations. En cela, L.C Tiffany s’inscrit totalement dans cette tendance : il réalise des vases en forme de tiges, qui s’épanouissent en un bouton de fleur d’un grand raffinement. La transparence du verre allié aux couleurs vert pastel, blanc et rouge confèrent à ces objets une élégance indéniable. Le verre, matière légère, fraîche et pure, se prête parfaitement aux déclinaisons de feuillages, pétales, plumes de paon, ailes de papillon, toiles d’araignée… Les lampes et lampadaires aux thèmes floraux ou animaliers sont étonnants : ainsi, la lampe cobweb (toile d’araignée), de 1902 présente sur l’abat-jour de fines stries noires, alors que le pied est envahi de fleurs et feuillages grimpants. La lampe wisteria (glycine), simule les branches de fleurs tombant en cascade et formant l’abat-jour. Toutes ces créations végétales, animales ou minérales confèrent aux objets un caractère à la fois original et authentique, magnifié par la transparence et la pureté du verre.

 

L.C. Tiffany, génie incontesté du verre et des jeux de lumière, est moins connu en France que son illustre père. Pourtant, la rétrospective du musée du Luxembourg permet de mettre au jour son talent à travers des oeuvres, meubles, vitraux et objets d’un grand raffinement, qui n’ont rien à envier aux bijoux de Lalique ou aux décors de Gaudi.

 

Audrey Laroque

 

 

Louis Comfort Tiffany – Couleurs et Lumière

Jusqu’au 17 Janvier 2010

 

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard

75006 Paris

Métro : Odéon

01 42 34 25 95

 

http://www.museeduluxembourg.fr/

 

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