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Mathieu Chanteperdrix : “On apprend perpétuellement, à mesure des projets”

22 janvier 2021
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Mathieu Chanteperdrix, 31 ans, est un maquilleur spécialisé dans les effets spéciaux. Également artist performer, il fabrique des prothèses aux mécanismes époustouflants. Ce procédé consiste a lier l’acting et le make-up, c’est-à-dire interpréter des personnages tout en étant costumé. Des visages blessés, des membres brûlés, des créatures parfois terrifiantes, Mathieu arpente les techniques de ce métier. Rencontre avec le make-up artist.

Quel a été votre parcours pour devenir maquilleur FX ?

J’ai commencé par faire des études littéraires. Ensuite, j’ai fait une licence en lettres modernes et un master en recherche sur l’imaginaire. Depuis mon enfance, j’aime me déguiser, jouer des rôles, et j’avais beaucoup d’imagination. Puis par hasard, une publicité de l’école Métamorphoses (Strasbourg) dans le magazine Mad Movies, m’a interpellé. C’est à ce moment-là que je me suis mis dans le maquillage FX, en suivant une formation spécialisée dans les effets spéciaux pendant neuf mois. Aujourd’hui, je suis maquilleur FX mais aussi, character performer. Cela consiste à interpréter des monstres, des aliens et autres créatures en portant des prothèses et des accessoires parfois très contraignant ! Je possède ma propre entreprise, Perdrix FX. En parallèle, je suis professeur dans des écoles de cinéma et de maquillage à Lyon, j’interviens pour transmettre aux nouvelles générations les savoirs de mon métier.

Quels matériaux utilisez-vous pour vos créations ?

Pour la sculpture, j’utilise de l’argile ou bien de la Plastiline. J’ai recours au latex, à la gélatine, au silicone ou encore à la mousse de latex pour fabriquer les prothèses.

Projet “Interview with…” d’Antony Gomes, modèle : Amandine Koni

Quel est votre processus de création ?

Tout d’abord, un travail d’échange s’effectue avec le réalisateur et les autres maquilleurs qui participent au projet. On discute, on aborde les premières idées, le schéma de couleurs, le budget… De mon côté, je fais des croquis, des dessins. La fabrication d’une maquette permet avant la réalisation en taille réelle, d’avoir l’idée en 3D. Ensuite, je travaille le moulage sur le modèle.

Projet “Nazi Ordinaire, Bourreau Singulier (NOBS)” d’Yves Tugdual-Congard, © Efficius/Nathalie Richard, modèle : Camille Charrière

Quelles sont vos inspirations ?

La nature m’inspire beaucoup. Pour les blessures ou les faux organes par exemple, je recherche dans des livres de médecine, je me réfère à des images. Il y a aussi les livres artwork qui présentent des créatures toujours plus innovantes les unes que les autres ! J’aime les réalisateurs comme Steven Spielberg, George Lucas, Ridley Scott… J’ai une grande admiration et je suis un très grand fan de John Carpenter ! Dans le maquillage FX, j’aime le travail de Rick Baker, Stan Winston, Rob Bottin… En actor/performer, j’adore Doug Jones ou encore Tom Woodruff Junior.

Quels sont les projets qui vont ont le plus marqué ?

Il y en a plusieurs ! On apprend perpétuellement, et c’est toujours un plaisir de collaborer avec des artistes et des réalisateurs. L’un des tournages qui m’a le plus marqué, je dirais que c’est celui pour le clip The running Herd réalisé par Arthur Fanget pour le groupe Bottle Next. Le clip représente la bataille entre les Allemands et les Français durant la Première Guerre mondiale. J’ai participé à la reconstitution des tranchées et à la création d’effets (patine, ajout de boue…). C’était une expérience exceptionnelle avec une équipe assez importante, des explosions qui surgissent de partout, des cascades…

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour devenir maquilleur FX ?

Avoir l’envie et la volonté ! Se mettre régulièrement à jour, que ce soit dans les nouveaux matériaux comme dans les nouvelles techniques. Il faut être très polyvalent sur les tournages car on peut nous proposer plusieurs services, comme donner un coup de main pour la fabrication du décor, des accessoires. Il faut donc avoir plusieurs cordes à son arc et bien évidemment, avoir une certaine sensibilité artistique.

Projet “The Running Herd”, réalisé par Arthur Fanget pour le groupe Bottle Next

Quels sont vos futurs projets ?

Des idées de make-up pour des courts métrages et des clips de musique.

 

Plus d’informations sur le site Internet ou le compte Instagram de Mathieu Chanteperdrix.

Propos recueillis par Chloé Desvaux

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