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    Prix Icart Artistik Rezo : nouvelle censure de Facebook

    Eléanore Boutrois 27 janvier 2018
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    Le Prix Icart Artistik Rezo expose ses candidats à Éléphant Paname jusqu’au 28 janvier 2018. De nouveau, un très bon cru pour cette 10e édition, avec dix jeunes artistes, aux techniques et médium divers. Mais après quatre mois de travail, les organisateurs se sont vus injustement privés d’un canal de promotion, et non des moindres : leur page Facebook. Le jour du vernissage de l’exposition, évidemment !

    Quelle affreuse ignominie ont commis les étudiants de l’Icart qui organisent le Prix ? Ils ont osé poster les photos d’œuvres de Mathieu Andrieux. Ce diplômé de l’École de Condé de Paris fait partie des dix artistes retenus pour l’exposition collective du Prix, lors de laquelle les Prix ont été attribués.  D’emblée, le travail de Mathieu Andrieux touche car il cherche à troubler notre perception. Ses photographies traduisent une réflexion autour de l’inadaptation de l’être humain à lui-même et de sa difficulté à s’inscrire dans le monde (Insaisissable), la beauté de l’imparfait rendu par ce corps décomposé (Corpus-imperfectis).

    mathieu-andrieux-photographie-insaisissable

    Le nu dans l’art

    Seulement, le travail de Mathieu Andrieux implique l’un des plus anciens motifs connus de l’histoire de l’art : le nu. Oui, du nu, vous avez bien lu, à défaut d’avoir vu ! Le nu en question est un nu que l’on pourrait décrire comme « simple ». Il nous est exposé ici. Pas imposé. La modèle se tient devant nous, son corps est divisé en plusieurs parties et c’est à notre regard de le recomposer.

    Le nu, motif d’étude fascinant, est surtout le plus ancien des motifs. En effet, les premières peintures rupestres, ou sculptures païennes qui rendaient hommage à la féminité, avaient pour motifs des corps dans le plus simple appareil.

    Mais le nu est plus qu’un motif ou une simple inspiration : c’est une caractéristique humaine, une partie de nous. On peut le considérer de différentes manières, le voir comme une simple enveloppe, comme l’expression de notre fragilité ou comme un retour à nos origines. Facebook, lui, le voit comme un interdit.

    facebook-censure-frandroid

    Censures

    Sept ans après l’affaire de l’Origine du monde, Facebook s’offusque encore de voir apparaître des travaux artistiques avec du nu. En 2018, sur un réseau social, un réseau de partage où les enfants de moins de 13 ans ne sont (heureusement) pas admis. Aujourd’hui, à l’heure de la pornographie, de l’accès illimité au sexe, partout sur internet, c’est encore une œuvre d’art qui trinque…

    En effet, si Mark Zuckerberg reconnaît que des erreurs de ce type ont lieu sur Facebook et qu’il faudrait que cela change, ce n’est absolument pas la première fois. Après Courbet ou Helmut Newton, combien d’autres œuvres seront évincées d’un réseau où circulent pourtant sans problèmes des images de violences, de haine et de bêtise ?

    Ne laissons pas Facebook, et les personnes qui s’offusquent encore de voir un nu, gâcher la liberté d’expression ! Enfin, si vous souhaitez en savoir plus, ou tout simplement rendre hommage à ces étudiants qui promeuvent, diffusent et valorisent l’art contemporain, je vous invite à aimer la page Facebook du Prix Icart Artistik Rezo.

    Kevin-Bideau-Prix-du-Public-2018-Eléphant-Paname

    © Stellart Photography

    Exposition collective jusqu’au 28 janvier

     Je vous invite également à vous rendre ce dimanche à Éléphant Paname pour voir, de vos yeux, le travail de Mathieu Andrieux, mais aussi des neuf autres artistes qui méritent le détour (entrée libre).

    La sélection de cette année est un espoir, un espoir pour l’art, car les jeunes artistes que vous y découvrirez sont bourrés de talents : interagissez avec le travail de la stratège Camille Sauer, des jeux d’échec aux allures de conflits mondiaux ; prenez un peu de couleur en vous rendant au premier étage, où sont exposées les œuvres de Kevin Bideaux (Prix du Public) dans le superbe écrin qu’est Éléphant Paname ; laissez vous transporter dans l’univers de Katarzyna Wiesiolek, qui livre des dessins plus vrais que nature. Son fusain contient « un je ne sais quoi » de notre vie et c’est très beau.

     

    Étienne-Pottier-Prix-du-Jury-2018-Éléphant-Paname © Pauline Fiquet

    © Pauline Fiquet

    Et bien sûr, découvrez Étienne Pottier le lauréat du Prix du Jury de cette 10édition. Un futur Damien Hirst ?

    Eléanore Boutrois

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