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Rencontre avec le Collectif Artemisiae, l’art au féminin

Maëlle Vincent 30 novembre 2022
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L’Histoire de l’art a été marquée par de nombreuses artistes mais ces dernières sont souvent méconnues du grand public. C’est sur cette constatation que Léa Hoche & Léa Bichard ont fondé le Collectif Artemisiae. Leur but ? Donner la possibilité à des femmes artistes d’être mises en avant pour écrire une nouvelle page de l’Histoire de l’art, riche des apprentissages du passé.

Léa H et Léa B ont accepté de répondre à nos questions sur le collectif, sur leurs parcours, leur première exposition et sur leurs futurs projets.Pour commencer, pouvez-vous nous en dire plus sur vous et vos parcours respectifs  ?

Léa H : Nous sommes toutes les deux étudiantes. Léa (B) est en master création et diffusion du patrimoine à Paris 4, en spécialité dadaïsme. Pour ma part, j’étudie à la Sorbonne Paris 1 en art plastiques.

Œuvre de Céane Lemonnier, artiste du Collectif Artemisiae

Comment est né le Collectif Artemisiae, et pourquoi avoir choisi ce nom ?

Léa H : Artemisiae est née d’une réflexion ayant émergée en pleine période COVID. Je n’avais plus l’opportunité d’exposer mes œuvres. Je me suis alors dis que j’allais créer l’opportunité moi-même en montant une exposition !

J’ai eu envie faire ça entre meufs… J’ai commencé à en parler à des amies autour de moi. Naturellement j’ai proposé à Léa (B), car c’est son domaine d’étude et qu’elle voudrait organiser des expositions plus tard, c’était parfait !

Léa B : Quand Léa (H) m’en a parlé, je me suis dit qu’une exposition c’était sympa… Mais pourquoi pas créer un collectif ? L’idée était de réunir des artistes avec pour finalité cette exposition. Pour le nom, on a fait un brainstorming, on disait aléatoirement des noms de femmes artistes qui nous ont inspiré. Le nom d’Artemisia Lomi Gentileschi est ressorti : c’est typiquement le genre de femme qui a été occulté dans l’Histoire de l’art. On a un peu modifié son prénom pour le mettre au pluriel : Artemisia / Artemisiae.

Œuvre de Roxy Hervé, artiste du Collectif Artemisiae

Pouvez-vous m’expliquer comment fonctionne le Collectif Artemisiae ?

Léa H : Pour le choix des artistes c’est simple : on fonctionne au coup de cœur.
Ce qui est pratique, c’est qu’on a exactement les mêmes goûts : je sais ce que Lea (B) va aimer ou ne pas aimer, et inversement ! Après, on contacte les artistes et on leur explique le projet. Une fois les artistes sélectionnées, on fonctionne avec une Charte.
C’est une sécurité pour être sûres qu’on partage toutes le même but et les mêmes valeurs : créer une vraie famille artistique et culturelle dans un esprit de sororité ; avec nous, mais aussi entre les artistes.

Léa B : Pour le financement, on prend soin de mettre tous les mois de l’argent sur le compte en banque de l’association. On avait réfléchi au fait de vendre des œuvres des artistes du collectif et de prendre une commission mais on a vite abandonné le projet : on trouvait que c’était trop tôt, puis on tient à ce que les artistes puissent vivre au maximum de leur art sans se faire taxer. La seule commission qu’on s’est autorisée à prendre, c’était sur les ventes pendant l’exposition. On l’a fixée à 10%, juste pour rentrer dans nos frais. Du coup pour monter l’exposition on a mis place une campagne de crowdfunding, qui a plutôt bien marché.

Œuvre de Gatha, artiste du Collectif Artemisia

Quel a été le plus gros challenge dans la création d’Artemisiae ?

Léa B :  Le plus compliqué pour nous, ça a clairement été la partie juridique. On est pas du tout formé à ça. Au départ c’est aussi pour ça qu’on a monté un collectif : pour profiter du statut d’absence de personnalité juridique. Puis une fois le projet un peu lancé, on a fini par s’organiser en tant qu’association type loi 1901, même si on garde le nom de “Collectif Artemisiae”. 

Chloé Martinot

Œuvre de Chloé Martinot, artiste du collectif Artemisiae

Avez-vous une équipe ? Comment-est-elle constituée ?

Léa H : L’équipe, c’est nous deux et Romane qui est bénévole. Elle nous a rejoint au moment où on organisait l’exposition et il faut dire qu’elle nous a été d’une grande aide. D’ailleurs, on ne dit pas non à l’idée d’accueillir d’autres bénévoles pour nous aider sur la prochaine exposition !

Léa B : Pour ce qui est de la répartition des tâches et des responsabilités, je gère plus le côté administratif. Il faut bien l’avouer, je suis une maniaque de l’organisation ! Toutes les décisions sont prises à deux. On se complète bien, Léa (H) apporte le processus créatif, et moi le cadre nécessaire pour tout mettre en forme.

Lauriane Cadiot

Œuvre de Lauriane Cadiot, artiste du Collectif Artemisiae

Qu’est-ce que vous préférez dans le fait d’avoir créé le Collectif Artemisiae ?

Léa B : Les nouveautés des artistes. C’est toujours un plaisir de découvrir leurs nouvelles créations. J’adore voir leur évolution, en tant qu’artiste, mais aussi en tant que personne. Les suivre c’est aussi découvrir ce qu’elles aiment, ça nous apporte beaucoup.

Léa H : Le fait que les artistes trouvent ça utile et nécessaire, et que les gens qui nous suivent trouvent que c’est un projet important.

Œuvre de Sophie Claire, artiste du Collectif Artemisiae

À ce jour, quelle a été votre plus belle réussite ?

Notre exposition “Sororité(s)” de juin dernier, sans aucun doute. C’est vraiment la matérialisation de ce dont on rêvait depuis 1 an et demi.

Léa & Léa au vernissage de leur exposition "Sororité(s)"

Léa et Léa au vernissage de leur exposition “Sororité(s)”

Pouvez-vous nous parler un peu plus de cette exposition ?

Léa H : Pour la préparation, on a eu un peu de mal à trouver un lieu. En fait on s’y est mises en avril pour fin juin… On pensait qu’on s’y prenait trop tôt, mais c’était déjà tard par rapport à la recherche de lieux. Très vite, on s’est rendu compte que la plupart étaient trop chers ou déjà réservés. Finalement, on a trouvé notre bonheur dans un local éphémère entre Bastille et la Place des Vosges. C’était plus petit que ce qu’on avait prévu, mais on a trouvé ça parfait pour une première exposition ! On a exposé 11 artistes.

Léa B : Pour ce qui est des retours, je crois qu’on a pas eu un seul retour négatif. Les gens ont adoré. On a eu de la chance de faire ça à la période de la Gay Pride dans un endroit plutôt passant, les gens venaient volontiers par curiosité. C’était vraiment un moment génial, on était sur un petit nuage. On a rencontré plein de gens géniaux et des artistes qui venaient du monde entier. Le dimanche, on a dû retarder la fermeture. Le monde continuer d’affluer, et on ne voulait pas mettre les gens dehors !

Panorama – exposition “Sororité(s)”

Quels sont les projets à venir ? Vers où s’oriente le collectif ?

Léa H : Pour ce qui est des projets, de belles choses se préparent. Déjà on va accueillir deux nouvelles artistes, on vous les présente bientôt sur nos réseaux sociaux. Ensuite on projette d’organiser une nouvelle exposition. Cette fois, on veut s’y mettre plus tôt pour ne pas avoir de mauvaise surprise. À priori elle devrait avoir lieu en juin prochain.”

Léa B : Pour ce qui est très long terme, on aimerait ouvrir une galerie.

Œuvre de Lili Stones, artiste du Collectif Artemisiae

Où est-ce qu’on peut vous retrouver, suivre vos projets ?

On est surtout actives sur Instagram et Facebook. C’est là qu’on partage les nouveaux projets du collectifs et qu’on met en avant les œuvres des artistes ! En ce sens, nous lançons bientôt une nouvelle thématique commune entre les artistes, que nous dévoilerons sur les réseaux. Et évidemment, on donne rendez-vous aux lecteurs d’Artistik Rezo lors de notre prochaine exposition !

Suivez le collectif sur Instagram

Propos recueillis par Maëlle Vincent

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