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    Trésor des Médicis – Musée Maillol

    8 octobre 2010
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    Près de 150 œuvres de nature très diverse – peintures, sculptures, objets d’art, manuscrits, meubles, bijoux, céramiques, curiosités exotiques, instruments scientifiques et musicaux – dont certaines sont rarement prêtées, sont exposées sur deux étages au musée Maillol.

    Plus que leur politique et leur puissance financière, c’est le goût raffiné des Médicis qui reste présent dans les esprits : enrichie au fil des siècles, la collection de cette dynastie marchande et princière témoigne d’un intérêt exceptionnel pour la beauté, la modernité et le savoir. Grâce à la protection des Médicis, les grands artistes et savants de la Renaissance ont pu mettre leur talent au service d’une collection dont la splendeur, la richesse et le raffinement ne cessent d’émerveiller.

    Des collections éblouissantes

    Au sein d’un parcours à la fois chronologique et thématique, le visiteur déambule dans un musée transformé en palais italien pour l’occasion : la scénographie, réalisée par Bruno Moinard, met parfaitement en valeur les œuvres et crée une ambiance raffinée qui sied à l’exposition. Chaque salle bénéficie d’une atmosphère particulière : le bleu profond et mystérieux du Cabinet des Merveilles de François Ier de Médicis s’oppose au rouge cardinal de la salle des papes. L’exposition s’ouvre sur les œuvres accumulées par Cosme l’Ancien, premier grand collectionneur de la famille à partir de 1434, et Laurent le Magnifique.

    L’art antique est bien sûr à l’honneur, notamment avec de très beaux camées romains, mais également des artistes de l’époque, et non des moindres : Fra Angelico, Botticelli, Cellini et Bronzino. La porcelaine chinoise a, elle aussi, sa place au sein des collections. Vient ensuite l’extravagant Cabinet des Merveilles, studiolo de François Ier de Médicis au Palazzo Vecchio, qui renferme de magnifiques et précieux – lapis-lazuli, nacre, pierres précieuses – objets d’art d’Afrique, d’Amérique latine et d’Océanie. La bibliothèque médicéenne, qui clôt la première partie de l’exposition, dévoile de somptueux manuscrits enluminés, d’un raffinement extrême, et des lettres autographes – accompagnées de leur traduction – qui, outre leur indéniable intérêt historique, achèvent de plonger le visiteur dans l’ambiance de l’époque.

    Un déclin relatif

    L’exposition se poursuit à l’étage, où les deux reines données à la France et les deux papes Médicis sont mis à l’honneur. Catherine et Marie de Médicis, épouses respectives d’Henri II et Henri IV, trônent, triomphantes et endiamantées, dans deux imposants portraits en pied. Une grisaille de Rubens rappelle le cycle commandité par Marie de Médicis pour le palais du Luxembourg. Les deux papes, eux, occupent la pièce d’à côté : Jean de Médicis, fils de Laurent le Magnifique, qui devient Léon X en 1513 et dont on peut admirer la crosse, et Jules de Médicis, son cousin, connu pour ses différends avec Michel-Ange, qui prend le nom de Clément VII en 1523.

    L’exposition change ensuite de visage et se drape d’un voile sombre : c’est le début d’un relatif déclin avec la venue au pouvoir de ducs bigots. Néanmoins, le mécénat perdure, notamment avec les meubles d’ébène et les marqueteries de pierre dure sur marbre, les premiers opéras, le théâtre, l’atelier de pierres dures et la chapelle de Ferdinand Ier, féru de majesté antique, et Cosme II.

    La curiosité des Médicis les pousse à s’intéresser aux sciences : botanique, astronomie, astrologie, anatomie et alchimie font partie de leurs préoccupations, à tel point qu’ils assurent la protection de Galilée. Le grand-prince Ferdinand, lui, se passionne pour la musique : un violoncelle de Nicolo Amati illustre son amour pour cet instrument. Comble du raffinement, deux salles bénéficient d’une diffusion sonore : trois magnifiques morceaux d’opéra. L’exposition se clôt sur les porcelaines et les bijoux d’Anne Marie Louise, dernière des Médicis, qui conclut en 1738 un Pacte de famille stipulant que le trésor médicéen doit rester à Florence et être mis à disposition du public. Il en fut fait selon sa volonté, pour notre plus grand bonheur.

    Maureen Charlet


    Trésor des Médicis


    Du 29 septembre 2010 au 31 janvier 2011

    Tous les jours de 10h30 à 19h sauf les 1er novembre, 25 décembre et 1er janvier

    Tarifs : 11 euros, réduit : 9 euros
    Gratuit pour les moins de 11 ans

    Musée Maillol
    59-61, rue de Grenelle
    75007 Paris
    M° Rue du Bac

    www.museemaillol.com

    [Visuel : Agnolo Bronzino, Portait d’Eléonore de Tolède, 1543. Huile sur bois, 59 x 46 cm. Prague, Narodni Galerie Photo:XIR176269 / Narodni Galerie, Prague, Czech Republic/ Giraudon/ The Bridgeman Art Library Nationality / copyright status: Italian / out of copyright]

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