Vanité à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent
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« Mort, que me veux-tu ? » Etonnante question personnifiant le repos éternel et posée depuis des siècles par de nombreux artistes tourmentés par leur destinée. Ce genre que l’on nomme vanité est très courant au XVIIe siècle et demeure un thème récurent chez les artistes contemporains. Le « memento mori » ou « souviens-toi que tu vas mourir » poussait les chrétiens à réfléchir sur la vanité de leurs activités et les invitaient à se concentrer sur la vie après la mort. Il implique de la part des artistes, une réflexion et une méditation qu’ils retranscrivent sur la toile par la présence distincte d’objets ou de figures allégoriques matérialisant les futilités de la vie sur terre et le temps qui passe. Les objets comme les crânes, sabliers, instruments de musique et partitions réfèrent aux écoles du Nord dépendantes à cette période de la Réforme.
Une déambulation macabre
Le lieu de l’exposition s’y prête : les pièces sont sombres, une couleur pourpre habille les murs, des crânes omniprésents, en ivoire, en bois fruitier et même très surprenant, en biscuit !
L’exposition s’ouvre sur une vanité de Philippe de Champaigne reflétant parfaitement le genre : un crâne au centre du tableau entouré de part et d’autre d’un sablier et d’une fleur. S’en suivent des artistes comme Simon Renard de Saint André, Simon Luttichuys ou encore David Witting qui s’associent aux côtés d’œuvres plus modernes comme Alberto Giacometti, Man Ray, Henri de Toulouse-Lautrec ou encore l’extraordinaire crâne de Philippe Pasqua dégoulinant de peinture et orné de papillons. La visite se poursuit avec la Contre-Réforme qui voit le jour également au XVIIe siècle en Italie, en Flandres et en Espagne et laisse place aux figures représentant les Saints comme Marie-Madeleine, Jérôme ou encore François. Ils symbolisent un certain idéal de la relativité du temps et des biens.
Impérissable vanité
Le thème de la mort continue encore aujourd’hui à inspirer les artistes, attirés inlassablement par ce thème obscur. Les photographies de Duane Michals par exemple, mettent en scène des vieilles personnes, incarnant l’emblème d’une vie passée ou encore la photographie de Marina Abramovic qui clôt l’exposition, artiste phare en matière de dépassement des limites corporelles.
Glaçant pour une exposition estivale.
Elise Besnier
Vanité. Mort, que me veux-tu ?
Du 23 juin au 19 septembre 2010
Du mardi au dimanche sauf jours fériés de 11h à 18h
Informations : 01 44 31 64 31
Tarifs : 5 euros, réduit : 3 euros ; moins de 10 ans et chômeurs : gratuit
Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent
3, rue Léonce Reynaud
75116 Paris
Métro Alma-Marceau (Ligne 9)
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