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Waldmuller, 1793-1865

23 mars 2009
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waldmuller

 

Pendant presque trois mois, le musée du Louvre met à l’honneur un artiste étranger méconnu : le peintre autrichien Ferdinand Georg Waldmüller. C’est la première fois qu’une exposition lui est entièrement consacrée, plus de 140 ans après sa mort: il était temps! Quoique restreinte, puisqu’elle n’occupe qu’une seule salle, l’exposition n’en possède pas moins un réel intérêt.

 

L’exposition est organisée par genres ; en effet, l’artiste a réalisé non seulement des paysages, mais également des portraits, des scènes de genre et des natures mortes. Mais ce qui frappe le plus, c’est la capacité du peintre à mêler ces différents genres dans certains de ses tableaux : le paysage s’allie à la scène de genre et le portrait côtoie le paysage et la nature morte. D’un réalisme à la fois méticuleux, quasi photographique, et idéalisé, les paysages de Waldmüller, inspirés des peintures hollandaises du XVIIème siècle et surtout de la nature elle-même, sont typiques du style Biedermeier, terme qui désigne l’art et la culture bourgeoises de l’époque du peintre. Chaque élément est rendu avec une extraordinaire minutie, dans des paysages baignés d’une luminosité qui poétise et harmonise l’ensemble de la composition.

 

En ce qui concerne les portraits, qu’ils soient intimes ou officiels, Waldmüller dote ses modèles, vêtus d’étoffes moirées, d’une grande expressivité et d’une émouvante humanité, ce qui les rend attachants : les regards sont mélancoliques, tourmentés, timides, voire pudiques, ou énergiques et déterminés, les familles sont unies par une tendresse et une gaieté ostentatoires, au milieu de paysages à la fois grandioses et paisibles.

 

Mais de nos jours, Waldmüller est davantage connu pour ses scènes de genre que pour ses paysages ou ses portraits. Représentations poétisées de la vie quotidienne, elles reflètent le goût de l’observation de l’artiste, son souci de réalisme et ses talents de coloriste. Mêlant anecdotes et représentations quasi photographiques de la nature, ces scènes très détaillées exaltent la piété des paysans, au sein d’une Autriche très catholique. Les paysans sont les garants des valeurs traditionnelles : une vie simple en accord avec la nature et rythmée par les rites religieux et un sens aigu de la compassion et de la fraternité. Les enfants animent et égaient par leur joie de vivre et leur charmante insouciance ces scènes populaires.

 

Dans les trois natures mortes présentées à l’exposition, on retrouve le goût du détail et la grande méticulosité du peintre influencé par les oeuvres de Jan Davidsz, de Heem, Willem Kalf et Jan van Huysum. Ces natures mortes raffinées, qui déploient leurs couleurs chatoyantes au milieu de tables surchargées, sont la parfaite conclusion d’une exposition qui nous fait redécouvrir un artiste autrichien majeur du XIXème siècle dont les oeuvres gagneraient à être davantage connues.

 

Maureen Charlet

 

Commissaires de l’exposition: Elisabeth Foucart-Walter, conservatrice en chef du département des peintures du Louvre, et Sabine Grabner, conservatrice de la collection de peintures du XIXème siècle du Belvédère de Vienne.

 

Du 26 février au 18 mai 2009.

 

Exposition présentée au Belvédère de Vienne du 9 juin au 11 octobre 2009.

L’exposition est ouverte tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 18h.

Exposition accessible avec le billet d’entrée aux collections permanentes du musée: 9 euros; 6 euros après 18h les mercredi et vendredi; gratuit le premier dimanche de chaque mois et pour les moins de 26 ans le vendredi à partir de 18h.

 

Musée du Louvre,

aile Sully, premier étage

salle de la Chapelle

Métro Palais-Royal / Musée du Louvre (l. 1 ou 7).

 

 

 

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