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“Budapest” de Xavier Gens : ces réalisateurs qui tentent la comédie

Lucile Bellan 20 juin 2018
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Après avoir réalisé des films de genre, dont certains très violents, le réalisateur français Xavier Gens s’essaie à la comédie avec Budapest, dans lequel il réunit un trio composé de Manu Payet, Monsieur Poulpe et Jonathan Cohen. Retour sur les fortunes diverses de ceux qui, avant lui, ont délaissé temporairement le grave et le sordide pour voir s’ils parvenaient à faire rire le public.

Cela ressemble à un Pattaya hongrois, dans lequel trois types (dont deux cadres supérieurs et un zozo) finissent par monter une agence de voyage un peu particulière. Une grosse machine qui bénéficie de l’abattage de deux des meilleurs acteurs comiques français, Jonathan Cohen et Manu Payet. À leurs côtés, Monsieur Poulpe.

Réalisateur de Frontière(s), l’un des films de genre français les plus impressionnants de ce début de siècle, Xavier Gens est ensuite parti travailler aux États-Unis, où il a notamment réalisé l’adaptation du jeu vidéo Hitman, le huis clos haletant The Divide, puis deux films pas encore sortis chez nous mais datant de 2017, Crucifixion et Cold skin. Autant dire qu’avec Gens, ça ne rigole pas. Mais, en déficit de notoriété auprès du public français, le réalisateur a décidé de s’octroyer une parenthèse comique qui pourrait bien rencontrer le succès. Et en cas de réussite au box-office, la parenthèse pourrait bien s’élargir.

D’autres réalisateurs français de la même génération ont tenté le même genre de pari, avec des réussites diverses. C’est ainsi que Pension complète, remake de La Cuisine au beurre avec Franck Dubosc et Gérard Lanvin, a sans doute mis un terme à la carrière de réalisateur comique de Florent Emilio Siri, incapable de tirer quoi que ce soit d’un scénario extrêmement poussif. Le réalisateur de Nid de guêpes et Cloclo a sans doute mieux à faire du côté de l’action et du drame.

Jean-François Richet a lui aussi tenté de se frotter au genre, même si son remake (encore !) d’Un Moment d’égarement de Claude Berri se voulait moins ouvertement comique que Pension complète ou Budapest. Le résultat est un peu triste à voir : on y voit Vincent Cassel céder aux charmes de la fille de François Cluzet, victimisé par le scénario coécrit avec Lisa Azuelos. Ni drôle ni recommandable… Le réalisateur des Mesrine et du remake d’Assaut de John Carpenter a clairement plus de talent lorsqu’il s’agit de faire dans le drame ou le polar.

Même constat pour Fred Cavayé, dont la participation au glaçant Infidèles (film à sketch mené par Jean Dujardin et Gilles Lellouche) ne laissait rien présager de bon sur ce terrain. Le réalisateur de Pour elle, À bout portant et Mea culpa a pourtant récidivé avec Radin !, avec Dany Boon dans le rôle principal. Un peu triste, platement filmé, ce n’est ni le meilleur film de l’acteur des Hauts-de-France, ni la meilleure réalisation de son metteur en scène. Loin de là.

Des expériences souvent malheureuses, au pire un peu mornes, qui confirment si besoin que la comédie est un genre éminemment respectable dans lequel il n’est pas aisé de réussir et de s’épanouir. Si cela pouvait servir de leçon aux prochains réalisateurs et producteurs qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure sans trop y réfléchir…

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